LECTURE D’ETE A MEDITER…

Par lebop • 23 July 2006

Sylvie Brunel, Professeur de géographie à l’Université Paul Valéry de Montpellier, consacre dans son dernier livre « la Planète dysneylandisée » (chroniques d’un tour du monde), un chapitre à « Bora-Bora, paradis sous perfusion ». Après les premières pages, relativement positives, la description se corse les dernières pages.

Page 151 : « chez le chinois, tout, absolument tout est importé. ». Le coût est évidemment prohibitif, principale caractéristique de Tahiti ».

Mais c’est surtout les pages 156 et 157 qui valent leur pesant d’or. Je cite : « l’horizon lui-même est rétréci par le manque total de perspective qui semble avoir paralysé la population : le milieu polynésien s’étiole, société sans avenir soutenue à bout de bras par une métropole aussi vilipendée que convoitée. L’assistanat français dissuade tout effort productif, hormis la mise en avant d’un certain folklore destiné à entretenir le touriste dans l’illusion du paradis tahitien : perles noires, chemises à fleurs, colliers de coquillages et vahinés. Mais la vahiné se mue très vite en une vieille femme fatiguée et obèse ».

« De nombreux polynésiens en ont assez du mythe, assez d’être cantonnés à jouer les indigènes dans leur immense musée à ciel ouvert. Ils s’ennuient. Alors ils se vengent en vidant méthodiquement leur eau de ce qui pourrait retenir les touristes, tuant ainsi la poule aux œufs d’or. Dans ce milieu tropical où tout pourrait pousser, personne ne se fatigue à planter, se contentant d’épuiser les ressources du lagon par une pêche intensive. La lagon donne le sentiment d’avoir été surexploité : le corail est blanchi, cassé, les poissons peu nombreux. Presque partout, sous l’eau azuréenne, le sol est aussi nu qu’un stade de football. Evidemment, l’occupation américaine, la pêche, l’intense fréquentation touristique n’ont pas du jouer beaucoup en faveur de l’écosystème marin. Mais les cimetières de coquilles de bénitiers vides que l’on découvre en plongeant témoignent que le polynésien a bien d’autres soucis que l’avenir des ressources marines »….

« Les touristes ne savent rien de cette destruction du lagon, car les agences de voyages leur proposent une excursion, vendue à prix d’or comme il se doit, lors de laquelle dans le seul espace marin soigneusement préservé de l’île, ils peuvent nourrir à la main les raies pastenagues et les requins…. Ils quitteront Bora-Bora sans se rendre compte que le lagon est en coma dépassé depuis longtemps. Seul l’or de leur présence le maintient sous respiration artificielle »….

« Le mythe du paradis terrestre s’est disloqué. Bora Bora est toujours belle, certes, mais nos rêves la magnifiaient. Nous ferons semblant d’ignorer que l’eau du lagon est vide, les fonds stérilisés, le bruit omniprésent »…

… « La seule chose écologique, comme à chaque fois, ce sont les contraintes imposées au touriste de passage. On a beau lui glisser, à l’arrivée ou au départ, un collier de coquillages autour du cou, il s’en va avec la sensation d’avoir été pris pour un imbécile. Qui croit encore à la fameuse hospitalité polynésienne, les fleurs de tiare dans les cheveux, les chemises a fleurs fabriquées en Indonésie et les perles noires vendues au prix du billet d’avion qui a permis de venir les acheter sur place ? Bora Bora est devenue un immense Disneyland dont les autochtones se meurent d’ennui quand ils ne travaillent pas pour ces touristes qu’ils détestent, qu’il méprisent. Et qui les font vivre ». Fin de citation.

Vous me direz que cette description est, par nature, subjective. Certes, mais elle sera lue par quelques dizaines de milliers de lecteurs en raison de la diffusion importante du livre et du crédit de son auteur. Il y a, tout au moins, sujet à méditation, car de nombreuses dimensions de notre culture et de notre développement sont esquissées en quelques paragraphes.

Elle mérite, je crois aussi, vos commentaires…. Alors qu’en pensez-vous ?

Commentaires

Par paulo le 23 July 2006 at 15:11

Rien là de faux ou d’extraordinaire tout le monde sait cela d^puis longtemps et ce n’est pas l’apanage de Bora Bora de ressembler à cela, toutes les îles tropicales qui de part le monde vivent du tourisme en sont au même niveau! C’est amusant qu’un prof de géo aussi éminent débite des banalités qu’elle a l’air de découvrir ou alors elle a passé un mauvais séjour trés cher à Bora et se venge en faisantdu fric avec un livre qu’elle croie médiatique mais qui n’est qu’une goutte d’eau vite oubliée et qui ne troublera en rien l’immense océan de l’activité touristque mondiale! En gros tout le monde s’en fiche des cris indignée de quelqun qui dredécouvre l’eau chaude à l’occasion d’un voyage à Bora.
Amicalement.

Paulo.

Par Herenui le 23 July 2006 at 21:04

Si je comprend bien Paulo, on savait déjà que les prix à Tahiti étaient prohibitifs. Il y a juste monsieur jacqui DROLLET qui n’était pas au courant… Espérons maintenant qu’il l’est ( au courant… EDT prohibitif).

Bora-Bora est polluée. Ah Bon ? Pourquoi gagne-t-elle chaque année le pavillon Bleu ? Peut être que le maire n’est pas au courant ?

Que les "bora boraiens" sont "hupe hupe" ? Ah bon ? C’est peut être pour çà qu’ils font venir leurs légumes et leur poisson des autres îles… Avec eux, le fameux "plantez, plantez" d’Oscar est mal barré… Quand est-ce que le touristes vont-ils devenir indépendants des habitants de Bora-Bora, qui, eux, sont devenus tellement dépendants des touristes ? En plus en leur tirant la gueule… Où est-ce qu’on va !!!

N’y a t-il rien à faire face à cet état de choses ? Car, c’est un peut triste la Polynésie dans cet état.

Par nogo le 24 July 2006 at 3:32

Il y a quelques années nous avions loué un gros voilier chez Moorings, et pendant la visite du Maraé de TAPUTAPUATEA, un coup de vent a fait riper notre ancre, et le bateau est parti à la derive vers le large, et le recif. Mais, 2 tahitiens travaillaient sur le toit d’un batiment à côté du ponton, et nous les avions salué.. iaorana, comment ca va ? etc??
Les 2 travailleurs ont sauté dans un petit bateau, et nous ont ramenés le notre aprés bien des difficultés… sans rien attendre, sans argent, juste un sourire.
Où dans le monde y a t’il des gens plus sympas ?
J’ai bien d’autres histoires personnelles aussi extraordinaires, et aussi quelques expériences désagréables, c’est vrai. Mais, la trés grosse tendance, c’est… Plus Plus.
Pourquoi alors, ne pas parler des gros points positifs, et montrer juste le mauvais côté des choses.
Il est vrai que le discours du gouvernement, cette montée de racisme, n’est pas faite pour améliorer les choses. Ne devrait-on pas faire comme en Espagne, il y a plus de 20 ans, des messages, à la radio, à la télévision, destinés à la population, et que l’on peut résumer.. " Les touristes vont bientôt arriver, soyez sympas avec eux, nous avons tous besoins d’eux, et nous espérons qu’ils viendront chaque année plus nombreux"
C’est pas le genre de communication du gouvernement temaru, c’est sur.

Par JEAN le 24 July 2006 at 10:54

Bora a connu une croissance importante depuis dix ans. Il convient de remarquer que si le nombre de chambres d’hôtel classé a relativement stagné (+10% en 10ans, c’est à dire, moins de 1% de croissance du parc par an en moyenne), une redistribution s’est faite au profit de Bora dont le parc a plus que doublé.

Ceci a eu des impacts sur la vie au quotidien. D’une part, il y a eu un afflux de travailleurs pour oeuvrer dans les hôtels, ce qui a induit des problèmes de logements et d’infrastructures publics (routes, écoles, parcs publics, alimentation en eau,..).

Le plus spectaculaire a sans doute été la coupure d’eau généralisé, faute de ressources, qui a obligé les tourismes à se laver à l’eau en bouteille (délirant!) et la mairie et la SPEA à mettre en place en urgence en place duex unités de déssalement d’eau de mer.

S’agissant de l’assainissement, rappellons que Bora est la seule commune du Pays à posséder un réseau public complet (Sur Tahiti, seul Punnauia possède un réseau partiel qui ne concerne actuellement que les hôtels et va s’étendre progressivement aux indsutriels puis aux ménages).

Les résultats publiés par le Service de l’Hygiène et de la Salubrité confirme que Bora est la seule île du pays où il n’est pas dangereux de se baigner.

Cependant, il manque à Bora un urbaniste pour guider la frénésie immobilière liée à la croissance (et une action des autorités pour modérer les appétits spéculatifs qui font des ravages dans les familles du cru bloqué dans l’indivision).

Pourtant, il y a à faire sans délai, sans quoi la perle du Pacifique perdra son image. La décharge, les routes défoncées, les maisons sans charmes, les construction sans charme….

Bora a déjà perdu sa gentillesse et les histoires de touristes agressés, verbalement ou plus, par de humains comme par des chiens errants ternissent chaque jour un peu plus l’image de carte postale.

A quand un développement raisonné et contrôlé de Bora?

 

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