LES ORIENTATIONS ECONOMIQUES DE L’UMP POUR L’OUTRE-MER
C’est aussi la vocation de POLITITA “d’éplucher” les idées des partis politiques nationaux pour l’Outre-Mer. Nous n’hésiterons donc pas à les analyser dès qu’elles seront portées à notre connaissance. L’UMP a “ouvert le bal” : nous vous en faisons part en y apportant nos premiers commentaires.
Idée-force énoncée par Nicolas SARKOZY, le “champion” de l’UMP : “l’enjeu fondamental est de donner à nos économies d’outre-mer une forme d’AUTONOMIE”. Une démarche qui devrait “tourner le dos à un assistanat qui a touché ses limites” et à “toute considération clientéliste” et ne pas se traduire par une simple accumulation d’aides publiques.
Nous ne pouvons qu’être d’accord, puisque tous nos billets sur ce thème économique vont dans ce sens. Nous avons toujours affirmé que les transferts de l’Etat dans notre régime d’autonomie politique, sont le socle qui nous permettent de diversifier notre tissu économique par une politique de développement “intelligente et efficace”.Quoiqu’on dise, cette politique a été menée ces 15 dernières années, mais il convient de la rédéfinir pour les 10 prochaines années en concertation avec toutes les forces vives du Pays.
Eradiquer l’assistanat et le clientélisme n’est pas une mince affaire, car dans toutes nos communautés Outre- Mer, tout le monde connait tout le monde et “rendre service” fait partie de nos modes de vie. La preuve en est que le gouvernement Tavini n’a pas, bien au contraire, rompu avec ces pratiques. L’exemple des subventions du Ministère de la Culture qui “arrose” tout un tas d’associations ou groupements en est une illustration parmi de multiples autres.D’autre part, n’en déplaise à Monsieur SARKOZY, le clientélisme est aussi très présent dans de multiples communes métropolitaines, car qui dit “politique de proximité” dit forcément “services personnels”…Mais on partage l’orientation : moins il y aura de clientélisme, plus il y aura d’équité entre les citoyens.
Pour favoriser le développement de l’Outre-mer,l’UMP propose “d’y maintenir une politique stable d’incitation fiscale à l’investissement”. La référence à la Loi GIRARDIN, levier particulièrement important qu’a utilisé intensivement la Polynésie, est claire. Et c’est une bonne nouvelle, car de nombreux projets à venir pourront être présentés à ce dispositif très puissant. De même, la notion de stabilité est primordiale, car il faut mettre ce dispositif à l’abri de toute modification intempestive.
Il propose aussi la création de “zones franches globales” couvrant l’intégralité des territoires, mais seulement pour les secteurs d’activité les plus porteurs et les plus exposés à la concurrence, ainsi que le développement de “pôles de compétitivité” prenant en compte les spécificités régionales. Ce sont là des pistes intéressantes, car tout ce qui peut contribuer à réduire nos coûts ou à améliorer notre compétitivité est bon à prendre, notamment pour nos activités exportatrices, qui, comme on l’a dit précédemment, ne sont pas du tout négligeables.
Pour développer des partenariats économiques régionaux, il propose d’inciter les grandes entreprises nationales, et “même européennes” à utiliser davantage l’Outre-Mer comme des “plate-formes logistiques et décisionnelles” pour mieux pénétrer les marchés étrangers environnants. Pourquoi pas, mais il faudra être persuasif vis-à-vis de ces entreprises.
Il a souhaité que soit mis fin au “saupoudrage des aides publiques” pour les concentrer sur la santé, l’éducation et l’aménagement du cadre de vie dont le logement social. On peut simplement constater que ces trois secteurs sont déjà une charge très importante pour les budgets publics. Dans le cas de la Polynésie, ces 3 secteurs “pèsent” au bas mot une centaine de milliards de F CFP. On ne peut donc qu’être d’accord avec cette orientation. Rien que sur le logement social, il y a beaucoup à faire et il est urgent de sortir de l’inertie actuelle. Monsieur TEFATAU, Ministre polynésien du logement, parle beaucoup, mais agit peu malheureusement…
Nicolas SARKOZY a aussi rappelé que la France, 46è pays du monde par sa superficie, était la deuxième puissance maritime du monde grâce à l’Outre-Mer français, qui lui permettent d’avoir une zone économique exclusive de 11 millions de Km2. La Polynésie, comme on le sait, y contribue grandement. Nous valorisons déjà notre ZEE grâce à la pêche, mais il serait temps que l’aquaculture prenne enfin son envol.
La situation économique et sociale des 2,5 millions d’habitants de l’Outre-mer “ne peut être qualifiée de satisfaisante”, a ajouté le président de l’UMP, qui a notamment cité un taux de chômage deux à trois fois supérieur à celui de la métropole et un PIB par tête “nettement inférieur”. Par rapport à cette moyenne, la situation de la Polynésie était il y a encore très récemment, meilleure, puisque notre taux de chômage est de l’ordre de 13 % (contre environ 9 % en France métropolitaine) et que notre PIB par tête est le plus élevé de l’Outre-mer ( avec celui de la Nouvelle-Calédonie). Le bilan du pacte de progrès, réalisé par Christian VERNAUDON, avait d’ailleurs fait état de progrès conséquents de notre niveau de vie, notamment de 1996 à 2000.
Nos fondamentaux ne sont donc pas mauvais, loin de là, mais il ne faut pas laisser filer ces acquis comme le gouvernement Tavini le fait malheureusement. Et deux à trois années de mauvaise gouvernance peuvent faire beaucoup de dégats, malgré une certaine “insubmersibilité” de notre économie du fait des transferts de l’Etat, comme l’a démontré Bernard POIRINE.On l’a déjà vécu de 1991 à 1996, lorsqu’il a fallu réparer les erreurs d’un autre gouvernement “taui” ( le gouvernement Léontieff de l’époque) qui a gouverné le pays de 1986 à 1991…. Il ne faudrait pas que l’histoire se répète sur ce plan là…
Ces orientations de l’UMP sont, somme toute, de bon sens. On reconnaitra le pragmatisme façon SARKOZY. Après tout, c’est peut être ce qui manque le plus à notre gouvernement local : le PRAGMATISME.Cependant, il restera à confirmer ces orientations dans les actes, car l’heure nationale sera de plus en plus à l’austérité budgétaire… à moins que le Parti socialiste trouve, lui, des marges de manoeuvre budgétaires quasi-micaculeuses. On attend donc impatiemment leurs orientations pour l’Outre-Mer. Peut être qu’elles seront plus généreuses. Jusqu’à l’émancipation de l’outre-mer qui le souhaite ? Wait and See….
On sait ensuite qu’un gouvernement polynésien en phase avec un gouvernement national sera un “coup de pouce” supplémentaire pour notre développement…
Nul doute que le combat politique polynésien de ces deux prochaines années sera basée sur cette problématique : Tavini versus parti Socialiste contre Autonomistes versus UMP. Rudes joutes en perspective…
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Commentaires
Le Bop,
Tavini versus parti Socialiste contre Autonomistes versus UMP?
Aucun sens. Tu devrais dire Tavini/PS versus (ou v.) Autonomiste/UMP
tout cela me parait trés bien et à le mérite d’être annoncé et prévu longtemps avant les élections présidentielles par rapport aux autres partis et particuliérement par rapport au ps qui nous sortira un pseudo programme pour l’outre mer 15 jours avant les élections! Bravo donc à l’UMP en leur souhaitant de réussir et de travailler sérieusement à l’avenir de l’outre mer français!
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