Si jeunesse pouvait, si vieillesse savait !

Par Noindep • 18 July 2006

De retour d’Europe, le président n’a pas manqué de faire une réapparition grandiose ! Déclarations stériles, discours prosaïque, rhétorique pathétique, bref un intellectualisme politique absent. Il continue de réciter avec ferveur, un discours que l’on connaît tous parfaitement. A savoir, l’éloge des principes de la démocratie (liberté), et l’indépendance à laquelle on nous refuse tant le droit.

Un étudiant adresse ce message au président :

“L’indépendance, oui Mr le Président est une possibilité. Oui Mr le Président, les plus grand pays du monde le sont. Oui Mr le Président, l’Histoire a fait couler du sang, et en fera couler encore. Oui encore Mr le Président, personne n’est parfait, vous incarnez la règle qui infirme l’exception.

Mais non Mr le Président, l’indépendance n’est pas un droit, c’est un souhait. Un souhait exprimé par plus de 70% de la population votante ou non votante, vous l’avez constaté aujourd’hui, la jeunesse reste sceptique quant à votre démarche, qui manque de visibilité et d’arguments tangibles. Non Mr le président, le pays n’est sûrement pas prêt à assumer le soutien financier que la France exerce jusqu’à présent, et ne le sera pas avant beaucoup d’années. Bernard Poirine, économiste vous le démontre. Non Mr le président, votre parole sonne faux et ne prend acte des réalités en place que vous ignorez volontairement. Non Mr le président, vous ne pouvez constamment déléguer vos responsabilités à vos collègues, et nourrir votre mandat d’un absentéisme stérile d’explications et de raisons. Non Mr le président, vous le savez comme nous, que le développement de la Polynésie française passe automatiquement dans une conservation des prestations françaises. Vous-même retraité de la fonction d’Etat, vous le savez bien. La fonction publique d’Etat est le poumon économique de notre pays, les économistes vous le rappellent aujourd’hui.

Mais Oui Mr le président, vous avez le droit de vous exprimer, tout comme moi, je le fais, mais mes paroles ne retentissent pas à chaque fois comme des menaces envers la France, et 250 000 personnes n’ont pas fondé tant d’espoir en moi. Je vous le demande sincèrement, agissez dans l’intérêt du pays, non comme vous le voulez, mais comme il vous le demande”.

  • La jeunesse s’exprime. Je n’ai rien à ajouter !

Commentaires

Par JEAN le 18 July 2006 at 11:24

Petit cas d’école pour nos étudiants.

Un président, Monsieur Lambda, de santé précaire et d’humeur fantasque ne semble plus en mesure d’exercer ses fonctions, entièrement éléguées à son Vice-président.

Absent régulièrement du territoire, même sa suite ne sait pas où il se trouve.

D’après vous, une procédure d’empêchement pourrait elle être lancée?

Si ce président était un président de la Polynésie française, décrivez la procédure applicable.

NB: Un président français a dans les années ‘30 connu des pb similaire de santé (mentale). Il était tombé du train présidentiel sans que sa suite ne s’en aperçoive et ne se souvenait plus de qui il était.

Il avait trouvé refuge chez un garde-barrière. Il fut reconnu inapte à ses fonctions et remplacées quelques temps après.

Par Noindep le 18 July 2006 at 17:01

Une procédure d’empêchement devrait être ajouter au statut de 2004, qui permet en cas de force majeur (cas de santé, incompétence, manquement aux règles de son mandat…), destituer le président. Mais maintenant, comment la faire vote, sans lui faire ressembler à une motion de censure ?

Difficile débat, à nous ici de trouver les bonnes manières de mettre en forme cette procédure

Par JEAN le 18 July 2006 at 18:59

En fait, le statut le prévoit (art 80). Mais il prévoit un délai d’absence ou d’empêchement de 3 mois et nécessite le constat de cette absence ou de cet empêchement par… le Conseil des ministres.

les possibilités d’exercice de la procédure sont donc limitées.

Mais elles existent.

Une fois le délai passé, le Gouvernement est considéré comme démissionaire.

Par Noindep le 19 July 2006 at 2:16

Merci Jean pour cette éclairage. Je pense que une telle procédure peut trouver écho aux fonds de nos électeurs. Mais nos ministres n’approuveront jamais de cautionner le déclin du père qui les nourrie. Tout par soucis alimentaire.

En tous les cas, le constat semble converger vers une et même unique voix, faire bouger les choses car au fil du temps où les choses passent, c’est le travail que nos enfants auront à porter qui s’allourdie.

Les choses doivent bouger, mais comment ?

Par BidDew le 19 July 2006 at 8:23

Le motif de "force majeure" ne passera pas car être absent pour quelques jours n’est pas en soi-même un cas de force majeure. Par contre, il faudrait modifier le statut afin de pourvoir l’élection au suffrage universel du président de la Polynésie à la place du scrutin actuel.

Par JEAN le 19 July 2006 at 10:46

A bigdew : Difficile, car la constitution prévoit que les collectivité territoriale sont administrés par des Conseils élus.

On pourrait par contre faire élire le Conseil des ministres. Mais, ça ferait 2 élections et je ne suis pas certain que, quelque soit les partis, leur leader soit prêt à abandonner son pouvoir de nomination des ministres…

Par Noindep le 19 July 2006 at 14:33

Avant toute chose, supprimons la prime majoritaire, car elle n’a pas su apporté l’équilibre politique. Aucune majorité large ne s’est dégagée depuis son instauration. N’était-ce pas le but de cette prime ?

Après cela, notre assemblée retrouvera son équilibre et une véritable représentativité électorale. Il manque en réalité un contre pouvoir, une 2ème chambre. Mais impossible de crée une nouvelle institution, qui soit un contre pouvoir pour l’assemblée.

Pour répondre à BidNew, l’absentéisme présidentielle est énorme, il apparaît presque plus souvent à l’étranger que sur notre sol territorial. Je trouve cela scandaleux, surtout lorsque ces déplacements manquent d’explications et de clarté, et que l’on a encore le sentiment deux ans après, que les gens stagnent, sinon réculent.

Un contre pouvoir pourrait être réalisé, avec nos trois parlementaires, en plus de l’assemblée. Ces trois parlementaires pourraient bientôt être 4 (2 sénateurs et 2 députés). Ces 4 parlementaires pourraient dès les prochaines échéances en 2009 être un contre pouvoir inclus dans l’assemblée en cas de destitution du président ou du gouvernement. N’oublions pas que ces 4 parlementaires sont élus par le suffrage universel direct.

Dernière chose, je suis d’accord avec BidDew, le président devrait être élu au suffrage universel direct, sans prime majoritaire ou quoi que ce soit. Le statut doit être modifié, et à ce moment précis, de nouvelles élections anticipées pourraient avoir lieu.

Mais pour quand ?

Par JEAN le 19 July 2006 at 16:47

Noindep, le rappel des voyages du président me fait penser à une solution.

Il y a peut-être un moyen si les voyages n’avaient qu’un but purement privé.

Il y aurait peut-être alors matière à poursuivre au pénal pour détournement de bien ou pour négligence s’il apparaît que certains membres de sa suite sont allés avec lui pour des raisons purement privé (art 432-15 et 432-16 du Code pénal). Peut-être y a t’il gestion de fait, ce qui pourrait renforcerait la pertinence de telles poursuites.

Quel est l’intérêt?

Allons, réfléchissez…

Le fameux article L7 du Code éléectoral.

Si la procédure pénale aboutit, Oscar sera rayé des listes électorales.

Il perdra automatiquement son mandat de président.

Et son gouvernement sera déclaré démissionaire d’office.

Bon, cela étant, si la majorité n’a pas changé à l’Assemblée, ça ne fera qu’aboutir à un changement à la tête du gouvernement TAVINI.

Encore que, comme tous voudront être président à la place d’Oscar, ça promet de belles empoignades ;-)

Honnêtement, je ne suis pas sûr que ce dont a besoin le pays…

Par Noindep le 20 July 2006 at 1:12

merci pour l’éclairage Jean. Je pense qu’une telle procédure est possible en cas de force majeur. Mais il apparaît en effet vrai, que la POlynésie n’a pas besoin d’un tel "bordel".

Alors, restons dans l’utlime sagesse, et tentons de sauver le navire sans jetter à l’eau le capitaine.

 

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