L’éditorial de Monsieur Alex DUPREL, dans son numéro du magazine “Tahiti pacifique” de juillet 2006, vaut son pesant d’or. Voilà un directeur de publication, qui, à longueur de numéros, pour ne pas trop critiquer le gouvernement actuel, continuait à dénoncer les errements du gouvernement FLOSSE et avait toujours l’oeil rivé au rétroviseur. Tout d’un coup, virage à 180°, le voilà qui titre : “Oscar doit démissionner” et d’utiliser un argumentaire qui ressemble étrangement aux arguments avancés dans nos différents billets depuis plusieurs mois. Comme dirait l’autre, seuls les imbéciles ne changent pas d’avis…

Je résume : “comportement incohérent et aberrant du président Oscar Temaru dans ses relations avec l’Elysée et le gouvernement national à Paris”; “il arrive un moment où il faut juger les performances d’après les actes et lorsque la situation devient alarmante, si ce n’est critique, il faut tirer la sonnette d’alarme. Or tel est le cas maintenant”.

“Toute la population sait, même le président Temaru, que la Polynésie française qui n’a ni montagne de nickel ni puits de pétrole, que la ressource première et essentielle, celle qui fait « tourner la machine », qui lui permet d’avoir l’un des niveaux de vie le plus élevé des pays insulaires du Pacifique Sud, sont les transferts (subventions) de plus de 1,2 milliards d’euros que lui donne la France chaque année. Jusqu’à ce qu’une autre hypothétique ressource de remplacement soit découverte et surtout développée, il est vital pour l’économie et le bien-être de la population de “soigner” au mieux cette ressource, de maintenir sa “productivité” à un niveau optimal. Ceci signifie qu’il faut continuer à persuader les hommes de Paris, ceux qui distribuent la “solidarité nationale”, que les populations de nos îles méritent qu’on s’intéresse à elles et qu’elles sont dirigées par des leaders intelligents, responsables, agissant avec rigueur pour un développement harmonieux et durable. Se braquer contre ces décideurs, se mettre à dos en étant hautain, voire dédaigneux vis-à-vis de ceux qui tiennent en main les cordons de la bourse est tout simplement suicidaire ; c’est comme si le roi d’Arabie saoudite, victime d’une crise de folie, mettait le feu aux puits de pétrole de son royaume !

Je continue à citer Monsieur DUPREL, car ces paragraphes valent leur pesant de cacahuètes :

“Or l’attitude et les actes du président Temaru à Paris ont justement été de cette veine, comme s’il cherchait délibérément à salir l’image de la France qui le nourrit si bien. Le plus honteux acte de M. Temaru a certainement été commis lors du Sommet France-Océanie, une rencontre préparée depuis deux ans et pour laquelle la République a dépensé une petite fortune en invitant tous les chefs d’Etats du Pacifique Sud, sommet empreint de générosité envers ces Etats et destiné à donner une belle image de la France en montrant à cette région que la France s’y intéresse et désire s’y investir. Hélas, comme le redoutait l’entourage de Jacques Chirac, la seule fausse note de ce sommet vint du côté français, c’est-à-dire de M. Temaru qui se lamenta que « la déclaration finale n’intègre pas un paragraphe sur le droit des peuples à l’autodétermination » insinuant ainsi que l’indépendance de Tahiti serait souhaitée par la population, et cela à la réprobation et l’incompréhension unanime des leaders présents, même de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande qui tous ont bien compris que la France avait tourné la page de l’époque essais nucléaires arrêtés voici 10 ans et qu’elle « faisait preuve d’honnêteté » (Sir Michaël Somare). Devant un parterre de chefs d’Etats lors d’une réunion diplomatique du plus haut niveau, M. Temaru a non seulement attaqué la France mais s’est aussi totalement ridiculisé, donnant une piteuse image de Tahiti.”

“Ce triste incident, tout comme la lettre qu’il remit quatre jours auparavant au premier ministre de Villepin, n’est qu’une énième preuve que le président Temaru est totalement dépassé par les exigences attachées à sa haute fonction. Mal conseillé, mal entouré, ne réalisant pas qu’on lui avait fait un honneur en l’invitant à participer à un événement international et historique, il arrive en retard et ne sait que parler de ses étranges obsessions et réciter, tel un mauvais disque rayé, les banalités de ses discours électoraux, ses éternelles et lassantes chimères « indépendance », « le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes reconnu par la constitution française et la charte des Nations Unies », « séquelles des essais nucléaires », auxquelles depuis peu il a rajouté les « accords de Tahiti Nui » qu’il n’a toujours pas expliqué bien qu’il affirme avoir l’accord des forces politiques, les « engagements financiers non réglés de l’Etat, plus de 50 millions d’euros » et, bien sûr, l’éternel « c’est un sabotage de Gaston Flosse ». Pis encore sont les commentaires des chefs des autres délégations à ce sommet qui confient aux journalistes que « lors de la réunion de travail la délégation d’Oscar a été en dessous de tout. Oscar n’avait rien préparé de tangible et il fallut que Wallis et la Nouvelle-Calédonie interviennent à sa place…» Lamentable, honteux même !” “… il ( Monsieur Temaru) a trop de fois prouvé être « hors contexte » dans la fonction suprême qu’il occupe. Face à ses frasques qui font de Tahiti la risée de Paris et du Pacifique Sud, face à la situation de crise que crée un président qui avoue être malade, Oscar Temaru ne peut que démissionner et confier les rênes à un autre. S’il ne le fait pas, alors l’assemblée de la Polynésie française doit vite réagir et prendre les responsabilités pour lesquelles elle a été élue en mettant à la présidence du “péï” une personne plus représentative de la société polynésienne actuelle, qui comprenne les rouages diplomatiques, économiques et techocratiques, qui soit capable de s’entourer de conseillers choisis pour leurs compétences et sachent sérieusement préparer les dossiers….”

Fin de citation. Tout est dit… Bravo, Monsieur DUPREL : beau sursaut de lucidité. Vous êtes sur la bonne voie. Continuez !