Oscar ira-t-il à Paris pour le sommet de l’Océanie ? Telle est la question qui a agité “les Nouvelles gouvernementales” vendredi dernier. Le type même de question particulièrement secondaire par les temps qui courent. Car la vraie question n’est pas tant : Oscar va-t-il participer au sommet de Paris ? Mais plutôt : pourquoi Oscar irait-il à Paris ? Va-t-il enfin effectuer un voyage utile pour la Polynésie et les Polynésiens ? Emportera-t-il dans sa besace des dossiers particulièrement importants pour notre avenir : projet de Loi d’orientation, contrat de développement, renouvellement de Conventions ( Education, Santé, Logement, Environnement…) ? S’il se déplace dans ce but, je dirais “bravo” en applaudissant des deux mains.

Mais si c’est “pour faire le beau”, faire un “clash diplomatique” ou faire des déclarations incendiaires dont il a le secret, transmettre en catimini un projet d’accords de Tahiti Nui, alors là bonjour les dégats !

Il est de notoriété publique que le Président de notre Pays a décidé de faire l’impasse sur de fréquentes et nécessaires missions de travail, telles que les effectuait son prédécesseur, Monsieur Gaston FLOSSE, avec les résultats très importants pour notre vie quotidienne que l’on sait : convention pour l’autonomie économique,négociation de conventions, renouvellement ou abondement de ces mêmes conventions, dotation globale de développement économique, évolution statutaire…

Malgré les critiques énoncées sur les surenchères statutaires de Gaston Flosse, ce dernier avait une conception précise du partenariat opérationnel avec l’Etat…et obtenait des résultats très tangibles, car ils étaient synonymes de financements et d’actions qui amélioraient substantiellement la vie matérielle des Polynésiens.

Assurément, Monsieur Oscar TEMARU, comme on a pu l’observer à de multiples reprises, est adepte d’une autre méthode : laisser au Vice-Président le champ libre pour obtenir ce qu’il peut, dossiers sérieux ou pas à l’appui, et avoir, lui, les mains libres pour dire ce qu’il pense de l’Etat colonial, plutôt du mal d’ailleurs, comme nous l’avons constaté ces derniers mois.

Il ne s’agit pas de partenariat, mais d’un rapport de forces, avec comme orientation majeure,du côté du gouvernement local, une volonté tenace d’émancipation.Cette attitude, non seulement frise le ridicule, car nous ne jouons pas dans la même catégorie et que nous sommes plutôt demandeurs, mais elle est surtout suicidaire pour le bien-être de notre population.

A la longue, en effet, cette orientation se transforme en “politique de la terre brulée”. Mais brulée pour qui ?

Du fait de cette posture idéologique, le gouvernement du Pays s’enlève des marges de manoeuvre économiques et sociales pourtant nécessaires au bien-être de la population. Dans le temps d’un mandat, ce sont plusieurs dizaines de milliards de F CFP non obtenus par le Pays pour l’amélioration de notre sort collectif. C’est ainsi, par exemple,que nous avons vu notre Ministre de l’Education se lamenter de ne pas avoir les moyens de ses ambitions dans son domaine de compétences : pas de rénovation de collèges, pas de construction de nouveaux dortoirs, pas de moyens supplémentaires d’accompagnement pour les élèves en difficulté…

Comme nous l’avons démontré précédemment dans notre billet relatif aux transferts publics de l’Etat, qui s’élèvent actuellement à 150 milliards de FCFP, notre Pays a un besoin impératif d’obtenir des co-financements de l’Etat dans notre propre domaine de compétences : Economie, Education, Santé, Protection sociale, Logement…. Aussi, des mouvements de menton, pire, des propos déplacés du style : ” Que l’Etat paie immédiatement ce qu’il nous doit”, sont complètement contre-productifs.

“Partenariat” ne veut pas dire, côté “Tahiti Nui”, ” anticipation unilatérale de Relations d’Etat à Etat”. Car pour être un Etat à part entière, il faut assumer la plénitude des financements dans tous nos domaines de compétences, ceci, pour accroître le niveau de vie économique et social des Polynésiens.En résumé, c’est avoir les moyens de ses ambitions.L’indépendance, il faut être réaliste, ne le permet pas.

La fin attendue par nos concitoyens c’est : améliorer notre vie matérielle, donner aux jeunes les moyens de s’épanouir dans un monde difficile, consolider notre protection sociale, mieux nous soigner….

Le moyen institutionnel, c’est l’autonomie et le partenariat sérieux ( de notre côté) et bien compris avec l’Etat.

On ne le répètera jamais assez : l’idéologie qui anime le Président du Pays nous conduit à l’impasse. Pire : à la régression économique et sociale. Puisse-t-il s’en rendre compte un jour pour opérer un virage idéologique à 180 °… L’espoir fait vivre !