Une dangereuse stratégie.
Il y a peut - être un lien entre le pouvoir actuel, un courant religieux majoritaire et le fait que l’ apprentissage de la langue française depuis trente ans soit de moins en moins rigoureux. Or la maîtrise de la langue française est et reste pour les jeunes Polynésiens la voie de l’ accès au monde moderne et à un emploi. Le sujet est peut -être tabou mais la liberté d’ expression n’ interdit pas d’ énoncer des hypothèses et de jeter un regard sur le réel.
Si cette hypothèse est fondée, on a atteint la limite supérieure du supportable: le point du non retour est ou va être atteint.Trente années d’ approximations toujours plus grandes rendent très difficile peut être impossible, un redressement. Un redressement passerait par l’ arrivée d’ une nouvelle équipe, d’ une volonté politique très forte et d’ une pédagogie politique ( une communication tout à la fois fine, intelligente, argumentative car il s’ agit de convaincre ), ferme et totale. C’est tout un programme.
Ces conditions, toutes ces conditions, seront - elles réunies demain? Y aura - t il un demain ?
En métropole le phénomène remonte également à une vingtaine d’ années: voyez le résultat, allez dans les banlieues ( qui font tache d’ huile ), et interrogez - vous sur les causes (celles qui relèvent de l’ enseignement).
Ici, le Président la joue fine, plus finement qu’ on le croit et qu’ on l’ affirme. C’est le plus malin, le plus finaud de tous si l’ on se réfère à son action depuis des années. C’est pour un homme politique une arme maîtresse nécessaire. La grosse erreur est de mésestimer ses forces.
La démarche est plurielle, parfaitement coordonnée et cohérente en dépit de la cacophonie à juste titre soulignée dans la ” gouvernance “ :
Il y a le Président voyageur qui amuse la galerie. Il ya le Président qui parallèlement, avec l’ appui de certaine autorité religieuse prépare une indépendance radicale en oeuvrant intelligemment là où il faut oeuvrer: retour aux sources, rejet du français et de ceux qui le parlent, ruine économique du Pays dont il tiendra ” La France ” responsable ( la fin de l’ aide française est au fond, quoi qu’ il dise, ce qu’ il souhaite ). Ce Président ” trinitaire ” possède en outre une parfaite connaissance de l’ humain, et excelle à retourner les hommes.
Il faut souhaiter que les responsables autonomistes, quels qu’ ils soient, et qui sont, avant leur propre devenir (sans intérêt ), responsables de l’ avenir des Polynésiens, et des jeunes Polynésiens en particulier, aient pris pleine conscience de ces quelques points.
Attendre 2009 serait inconséquent pour au moins analyser les choses et les dire.
En soulignant ici les qualités en certain domaine du Président de ce Pays, on a voulu simplement montrer les difficultés qui attendent ceux qui, sans aucun relais médiatique susceptible de toucher la majorité des Polynésiens, par exemple un quotidien écrit en bon français, arriveraient au pouvoir en total décalage avec l’ air du temps… Les mêmes causes produisent en effet, dit - on, les mêmes effets.
- Un mot pour finir: nous avons le plus grand respect pour tous ceux qui parlent encore la langue originelle de leurs ancêtres, et pour tout mouvement religieux qui se consacre aux affaires de Dieu, d’ abord et surtout.
« Université de Polynésie française: malaise dans les Sciences Humaines | Home | Sondage sur nos hommes politiques : les commanditaires du sondage noient le poisson »
Commentaires
L’alliance sacrée entre le Tavini, notamment Oscar Temaru,et l’Eglise protestante Maohi que l’on pouvait deviner depuis plusieurs années, vient d’apparaitre au grand jour.
Deux radicalités se sont rencontrées, qui lient combat pour l’exclusivité de la langue maohi et l’indépendance ( Monsieur Turo A Rappoto a refusé de s’exprimer en français pour rendre compte de cette réunion au sommet entre une partie du gouvernement et la nomenkaltura protestante aux journalistes..français pour la plupart !)
Cette défense acharnée de la langue est porteuse d’un intégrisme qui ira jusqu’à nier la réalité de la société polynésienne contemporaine.
Tous ces dirigeants ne voient pas qu’il s’agit d’un comabat d’arrière-garde, à moins qu’ils ne veuillent dans quelque temps, nous imposer leur "cathéchisme Maohi".
Je suis d’accord pour faire renouer la jeunesse polynésienne avec la langue Maohi. Encourager, Oui, mais imposer Non. Combattre pour affirmer la prééminence de la langue Maohi sur la langue française, c’est encore une posture idéologique pour caresser dans le sens du poil un certain électorat radical.
Alors que l’Eglise protestante maohi déserte de plus en plus le champ religieux, notamment l’éducation spirituelle des jeunes qui, peut être limiterait les dérapages constatés dans la mort d’Akirina (malheureusement ce type de comportements déviants est assez fréquent dans certaines familles polynésiennes et dans certains lotissements aux dires des travailleurs sociaux),elle devient de plus en plus offensive dans le champ politique et idéologique : défense acharnée du reo maohi,idéologie anti-nucléaire…
Cette Eglise enlève le masque : elle a décidé de faire de la politique en s’appuyant sur son emprise auprès de certaines de ses ouailles.
Malheureusement pour elle, de plus en plus de ses fidèles s’en rendent compte. L’hémorragie a commencé depuis une quinzaine d’années. Elle risque de s’accentuer face à l’accentuation de la dérive politicienne constatée actuellement.
Ces deux textes, celui de Lagon et de l’Analyste sont durs ! Ils décrivent un état de fait préoccupant. Si cela était, alors l’avenir serait bien sombre. Tout semble prêt pour une théocratie. Et si on repense aux propos du Président qui prone l’éducation pour remédier au consummérisme, alors là, la théocratie devient franchement dangereuse, entendons rééducation !!!! Quels souvenirs !
Rien de bon dans tout ceci, rien de bien républicain ni de démocratique.
Lagon voit juste :
1. M. Temaru est un fin renard, son projet est construit depuis des lustres et ses conseillers ont oublié d’être incapables. Voilà un homme bien entourés.
2. Conséquence : il serait idiot de penser que les bévues médiatisées le soient sans but. Oui, elles précipitent la rupture entre le Territoire et Paris.
3. De fait, l’échéance n’est pas 2009 mais 2007. Puissent les Français de Polynésie que Jacques Chirac est leur ultime espoir ; il y a peu espérer des autres formations politiques.
4. Il serait temps que le Pays montre clairement, directement ou par la voix (LA VOIX) des autonomistes que les plans du Tavini, Timonier solitaire de l’UPLD ne conviennent à personne d’autres que la future nomemklatura.
A Roland: le troisième point relève semble-t-il du fantasme d’ une pensée juvénile.
Si comme on le pense Jacques CHIRAC ne se représente pas,ton 4. devient essentiel.
Avant l’ échéance de 2007 les Polynésiens devront avoir fait savoir nettement, sous une forme ou sous une autre, leur choix.
L’ Etat en tiendra compte assurément s’ ils choisissent la voie actuellement suivie.
Sinon, il faudra un rassembleur charismatique, reconnu par l’ Etat, susceptible de parler haut et fort pour dire l’ attachement des Polynésiens à la métropole. Ces personnages ne sont pas légion.
Peut-être que ma question est hors sujet, mais pourquoi dans les années 40 jusqu’au année 60 le tahitien était INTERDIT à la pratique? L’apprentissage d’une langue doit-elle passé par l’oublie de la maternelle?
Peut-être aussi n’est-ce plus d’actualité, personellement je pense que si, et d’ailleurs beaucoup diront que si le Reo ma’ohi meurt aujourd’hui c’est à cause de ça
Outre cette interdiction dont par le Tiamana il y a peut- être le fait que le tahitien n’ est pas à proprement parler une langue véhicule. Il ne s’ agit absolument pas de rejeter cet apprentissage, mais de maintenir pour les jeunes Polynésiens la possibilité d’ accéder au monde qui les entoure à l’ aide d’ une langue reconnue en tant que langue véhicule. Encore faut- il que l’ apprentissage de cette langue véhicule soit très rigoureux, afin d’ éviter l’ émergence d’ un parler hybride. Voilà.Intéressons- nous prioritairement à demain et aux enjeux, sans méconnaître bien entendu l’ histoire de ce Pays.
iaorana
que la langue française soit conservée, je suis d’accord car c’est la langue nationale qui nous permet de nous débrouiller avec le monde extérieur. Mais le maohi doit absolument être dans les programmes, ce dès la maternelle afin que les enfants dont les parents ne parlent pas vraiment le français puissent clairement identifier les deux langues et éviter ainsi les mélanges. Ce n’est pas gagné car leurs propres parents (ma génération et avant) parlent frantien (français-tahitien) quotidiennement.
Adjoindre à cela des sous-titrages en reo maohi pour les films, les documentaires, en plus de faire des émissions plus longues en reo maohi (suivant l’archipel dans lequel se déroule l’émission, faire intervenir les gens du cru dans leur propre langue).
Cela permettra aux enfants, ainsi qu’aux parents, d’apprendre voire réapprendre les deux langues correctement et en douceur, tout en les réconciliant avec la culture de leurs ascendants …
enfin, si le rêve est permis !
Bonjour
je voudrais juste apporter mon constat de ce qui se passe en Bretagne . Jusqu’en 1976 le breton était tout simplement interdit à l’école . Je le parlais chez moi dans ma famille mais évidemment pas avec mes amis (alors que eux aussi le aprlaient chez eux…). Nous avons inconsciemment été déprogrammé et nous n’avons pas forcément parlé breton avec nos enfants. Je pense que cela explique la quasi disparition du breton pendant une génération . cela me semble très similaire avec ce que vous expliquez quant à la situation du reo maohi.
Par contre maintenant il existent en Bretagen(ainsi qu’à Paris d’ailleurs) des écoles Diwan ( enseignement entièrement en breton) et des écoles Dihun( écoles bilingues français et breton): Et le plus surprenant (et valorisant également) est que les résultats au Bac (passé en langue française va sans dire) des élèves issus de ces écoles sont nettement supérieurs aux résultats des autres écoles de Bretagne prodiguant un enseignement entièrement en français …
Cela pour dire que je crois qu’il est tout à fait possible de parler correctemetn deux langues : sa langue maternelle (breton ou tahitien) et le français .
Il est tout à fait possible également de parler parfaitement une troisième langue (voir les écoles internationales où les enfants passent d’une langue à une autre sans aucun problême)
Peut être s’agit il d’un problême d’enseignement ou peut être de reconnaissance et de fieté de sa langue originelle .
Il ne faudrait jamais accepter de s’entendre dire : A quoi bon parler breton (ou tahitien) cela ne sert à rien : si cela sert à connaître sa culture et à se construire…
Qu'en pensez-vous ?
Ami lecteur, amie lectrice, un petite information à votre intention pour vous faciliter la rédaction de votre réaction. Politita modère a posteriori les commentaires. Un nouveau filtre permet de mettre en ligne immédiatement les commentaires qui ne semblent pas injurieux.
Ce filtre n'est en aucun cas parfait et certains commentaires déplacés seront rectifiés après coup ou, plus embêtant, certains commentaires très corrects peuvent ne pas passer de suite. Nous les validerons peu de temps après.
Votre participation à cette discussion implique vous soyez poli envers tous, même ceux que vous n'aimez pas ;) Nous vous remercions pour votre compréhension et vous souhaitons un agréable commentaire.