Cherté de la vie : le gouvernement calédonien plus cohérent que le gouvernement polynésien

Par lebop • 7 June 2006

Le gouvernement calédonien a réagi positivement après la marche qui a mobilisé entre 8 000 et 12 000 personnes le 20 avril dans les rues de Nouméa pour protester contre la baisse du pouvoir d’achat des Calédoniens. Une manifestation qui avait été organisée par une intersyndicale Usoenc, Fédération des fonctionnaires, UTFO, CFE-CGC et Cogetra.

Il vient en effet d’annoncer 10 mesures après une concertation approfondie avec l’intersyndicale.

Comme vous le constaterez, le panel des mesures annoncées est beaucoup plus diversifié que celui envisagé par le gouvernement polynésien.En ce sens, le gouvernement calédonien est beaucoup plus cohérent que le nôtre. Car ce problème de cherté de la vie comporte de multiples facettes et il faut agir dans de multiples directions. En fait, c’est tout un système qu’il s’agit de mettre à plat avec le consensus de toutes les forces vives du Pays.

Nous vous avions dit la semaine dernière que c’était un sujet central pour notre avenir et nous allons donc y revenir souvent dans les prochains jours et les prochaines semaines.

Voici donc les mesures calédoniennes, qui, bien qu’elles aillent dans la bonne direction, ne sont pas encore la panacée, car elles évacuent bien d’autres pistes que nous développerons ultérieurement.

Les allocations de solidarité à 9 500 francs A compter du 1er juillet, les allocations familiales de solidarité, destinées aux familles les plus démunies, passeront de 8 000 à 9 500 francs par mois et par enfant. Cette mesure nécessitera une rallonge budgétaire de 120 millions de francs sur six mois. Mais l’objectif du gouvernement est d’aligner le montant des allocations de solidarité sur celui des allocations familiales versées par la Cafat (11 220 francs par mois) à partir du 1er janvier 2007.

Produits de première nécessité à la baisse Plusieurs séries de mesures vont être prises pour stabiliser, voire diminuer, le prix de certains produits de première nécessité. Le gouvernement va ainsi débloquer 220 millions pour faire baisser le prix du pain. Pour le riz, le producteur local va désormais s’approvisionner en Thaïlande, où le riz est moins cher, plutôt qu’en Australie pour faire baisser de 15 francs le kilo de riz. Par ailleurs, le gouvernement va bientôt transmettre au Congrès une délibération visant à supprimer la fiscalité à l’importation sur la farine, l’huile, le beurre, la margarine, le sucre, les eaux minérales, les pâtes alimentaires et certains fruits et légumes. Enfin, le gouvernement va rétablir par arrêté d’ici à la fin juin le contrôle des prix pour certains produits comme la farine, les œufs, le lait, les yaourts ou les jus de fruits.

Encadrer le prix des fruits et légumes. Salades, tomates, courgettes, carottes, oignons… Afin d’enrayer la flambée des prix de certains fruits et légumes, le gouvernement envisage deux trains de mesures. Dans un premier temps, il va limiter les niveaux de prix de ces produits d’origine locale en fixant des marges de commercialisation en valeur absolue. Dans un deuxième temps, le gouvernement compte fixer des prix maximaux de vente, certains mois de l’année, pour quelques fruits et légumes locaux. Il envisage également de limiter les marges de commercialisation pour certains fruits et légumes importés.

Les loyers bloqués pendant un an. Le gouvernement va présenter au Congrès un texte visant à bloquer les loyers pendant une période de 12 mois (sans doute à partir du 1er septembre), le temps de créer un nouvel indice de révision des loyers. Jusqu’à présent, les propriétaires avaient la possibilité de les indexer sur l’évolution de l’indice BT 21 (basé sur les prix des matériaux de construction). Or, cet indice a augmenté beaucoup plus vite que celui de la cherté de la vie. Il a en effet pris 12 % en 5 ans ! Le nouvel indice devrait prendre en compte l’inflation en plus du BT21 et permettre une hausse des loyers plus modérés. En effet, si cette mesure avait été mise en œuvre en 2004, les loyers auraient augmenté de 1,2 % au lieu de 5,7 %.

Une taxe sur les plus-values immobilières Le gouvernement compte partir en guerre contre la spéculation immobilière en proposant au congrès d’instaurer une taxe de 15 % sur les plus-values. Elle sera appliquée sur toutes les ventes de terrain ou d’immeubles réalisées dans les cinq ans après l’achat, à l’exception de l’habitation principale. Parallèlement, le gouvernement compte réformer les droits d’enregistrement.

Accession à la propriété : prêt à taux zéro Le gouvernement travaille depuis plusieurs mois avec les Provinces et les banques pour la mise en place de prêts à taux zéro, comme en métropole, pour favoriser l’accession à la propriété des foyers disposant de revenus intermédiaires (entre 270 000 et 500 000 francs par mois et par ménage). Cette mesure devrait aboutir avant la fin de l’année et devrait coûter la bagatelle d’un milliard de francs par an.

Trois ans pour rapprocher le SMAG du SMG. Le gouvernement souhaite rapprocher le salaire minimum agricole garanti (85 % du SMG) du salaire minimum garanti dans un délai de trois ans. Afin de ne pas compromettre la viabilité des exploitations agricoles - un tiers ont disparu en dix ans - ce rapprochement sera accompagné par une baisse des cotisations sociales supportées par les employeurs agricoles. Ces baisses de cotisations seront financées par des subventions versées à la Cafat.

Augmentation du SMG Le gouvernement a confirmé que le passage du SMG à 120 000 francs se fera bien au 1er janvier 2007. « Au-delà de cette date, le gouvernement prendra des mesures pour que le pouvoir d’achat du SMG soit maintenu », a précisé Didier Leroux.

Baisse des tarifs bancaires Le gouvernement a engagé des discussions avec les banques pour obtenir une limitation, voire une baisse des tarifs des prestations les plus courantes comme les frais de tenue de compte, les retraits d’espèces sans chéquier ni carte ou encore la mise en place de virement ou de prélèvement permanent. Par ailleurs, le gouvernement a commandé une étude comparative sur les taux d’intérêts pratiqués en métropole et dans les différentes collectivités d’outre-mer sur les crédits immobiliers et les crédits à la consommation.

Commentaires

Par Pépé Tama le 8 June 2006 at 10:16

Ces mesures sont peut etre plus cohérentes, néanmoins elle ne semblent pas pour autant etre de bonnes mesures. Je préfére et trouve plus cohérents la méthode préconisée dans ton précédent billet.

 

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