PSI : dommages collatéraux d'une annonce précipitée
Par lebop, jeudi 1 juin 2006 à 20:25 :: Chroniques
Dans sa hâte à relayer une "fuite bienveillante" du pouvoir politique relatif à la liste des produits et services indispensable, le quotidien du peuple "les Nouvelles" n'avait pas prévu que cette annonce précipitée et prématurée allait provoquer des dommages collatéraux auprès des représentants de la société civile. Comme nous l'avions dénoncé dans notre billet "bis repetita", l'absence avérée de concertation -reconnue aujourd'hui par le gouvernement et les Nouvelles- revient comme un boomerang à la figure du gouvernement : les commerçants,les chefs d'entreprise, les prestataires de services.... ont été interloqués devant l'annonce de cette liste, et, surtout, du contenu de celle-ci.Ils refusent ce procédé de "mise devant le fait accompli". Qui plus est, le travail technocratique de composition de cette liste est basé, parait-il, sur une enquête sur la consommation des ménages qui date quelque peu.
Cettre première réaction risque de faire long feu, car le parcours gouvernemental est semé de sacrées embûches : organisations syndicales, associations de consommateurs, responsables patronaux,membres du CESC, représentants de l'Assemblée... n'ont pas encore participé à cette "concertation à postériori". Et aux premières réactions, il va y avoir du "sport".
Pourtant, la logique aurait voulu que les représentants de la société civile discutent du principe de l'intauration de la liste de PSI et "planchent" sur le contenu et l'amplitude de cette liste en toute transparence et en toute connaissance de cause : analyse des mécanismes concurrentiels, analyse des enquêtes de consommation, identification des produits les plus appropriés par un processus itératif, difficultés méthodologiques éventuelles à insérer les activités de services, pondération entre produits importés et produits locaux, analyse comparative de prix au sein d'un panel de pays, dispositions règlementaires les plus pertinentes....
De plus, le mépris avec lequel le pouvoir prend la manifestation syndicale d'aujourd'hui augure mal du "dialogue social" futur, alors qu'il sera pourtant incontournable.
Des intentions pour le moins improvisées et lâchées en pâture à l'opinion pour "désamorcer" les ardeurs syndicales à la concrétisation, le processus sera long...