Le PSI arme contre l’inflation ou réforme communiste ?

Par Mana • 31 May 2006

Comme vous le savez, la liste des PPN (produit de première nécessité) a été changé pour une liste plus large appelé les PSI (produit et services indispensables). La politique du ministère de l’économie et des finances serait de pouvoir « contrôler » les prix de ces produits pour encore une fois « protéger les petites gens ». Essayons de déterminer ce que ce pouvoir de contrôle des prix aura comme influence et si les effets bénéfiques seront bien perçus. Parlons aussi, comme l’a annoncé Monsieur Jacques Drollet, de l’augmentation significative du prix du pétrole qui sera plus accentué sur le prix de l’électricité que sur le prix à la pompe. En gros, quel impact macro-économique la politique du Vice-président aura….

Pour ce qui est des PSI, la liste est longue et beaucoup trop « moyenne » pour être dite indispensable. Parmi ces obligations de consommer, nous pouvons trouver les coiffures avec shampoing, la vidange et le changement des freins, le poisson à la découpe, les produits d’entretien, etc.… Il faut bien comprendre qu’en économie les produits de première nécessité ont un prix rigide à la demande, comme nous avons pu le voir dans nos différents billets. Donc, il faut se dire que la variation des prix d’un produit de première nécessité n’affecte en aucun cas la demande. Sur ce point Monsieur JD à raison de vouloir réduire l’inflation de ces produits, les commerçants pourrait facilement faire varier les prix sans pour autant avoir une perte de clients. Mais lorsque nous élargissons la liste des produits de première nécessité et que les produits contrôlés de l’inflation sont aussi des produits ayant un prix élastique à la demande, alors nous pouvons appeler cela du totalitarisme ! Lorsqu’une coupe de cheveux est plus chère chez un coiffeur, alors déplaçons nous vers un autre coiffeur ! Pareil pour le changements de freins et les produits d’entretien. Notre marché libre est en danger avec de telles réformes. Battons-nous pour la liberté des prix et la concurrence, car c’est cette dernière qui maintient les prix bas.

Parlons maintenant de l’électricité. Le vice-président a choisi de ne pas répercuter les prix du pétrole au consommateur, mais plutôt directement à l’EDT. Certes, l’idée semble pertinente, surtout après une envolée significative du prix du baril plus que proportionnelle à la tendance. Certains experts pensent même que le baril passera à 100$ dans les prochains mois. Si le prix du pétrole flambe, nous avons à faire à un choc d’offre qui influe sur l’inflation en général, pas seulement celle du gasoil ou du sans plomb, mais de tous les prix des produits manufacturés. Alors, si l’augmentation du prix du pétrole ne se sentira que peu à la pompe, celle-ci se traduira par une forte hausse du coût de l’électricité dans les ménages. Le plus gros problème réside dans le fait que Monsieur le Vice-président voudrait protéger « les petites gens ». Or, il y a contradiction entre ses phrases et ses actions. Reprenons : la hausse de l’électricité s’appliquera à toute personne, sans distinction sociale, ou encore sans distinction de revenu, alors qu’une hausse à la pompe n’influera que sur les personnes possédant une voiture, donc des personnes qui ne sont pas démunies. De plus, l’augmentation du coût de production pour l’EDT traduira aussi une augmentation de sa marge, en prévision d’une autre augmentation significative du pétrole. Il serait plus rationnel de laisser l’inflation aux pompes (sachant que celle-ci est importée) que d’agir encore plus sur l’offre (qui serait une erreur propre au gouvernement).

Avant de décider d’agir sur l’économie par des réformes, avant de faire des politiques économiques poussées, il faut réfléchir aux conséquences à court terme et à long terme. Nous ne pensons pas avoir la science infuse, voyons le futur…

Edit : Je voudrais rajouter après consultation de commerçants grossistes concernés que ce que le gouvernement régule n’est pas le prix du produit, mais simplement la marge du commerçant ! Donc, la question de l’inflation ne sera point réglée avec une telle méthode !

Commentaires

Par Heremoana le 3 June 2006 at 21:24

Je rejoins Mana sur le fait, qu’avec la liste des PSI, l’on règlemente seulement les marges commerciales. A priori, en valeur absolue, d’après les dernièes annonces du gouvernement.

Le problème, c’est que l’importateur peut toujours "s’arranger" avec son fournisseur : ils vont s’entendre sur une ristourne, versée, par exemple, sur un compte étranger de l’importateur ( ils en ont tous, car c’est pratique et obligatoire dans le négoce international). Ensuite, l’importateur va décider d’un prix FOB - LE PRIX QU’IL VEUT - ( une sur déclaration dans le cas des produits indispensables) déclaré à la douane et c’est seulement à ce stade que le pays intervient. C’est là un contournement possible de la future règlementation sur les PSI.

En fait, il faudrait faire une analyse comparative des prix des produits indispensables au plan international,identifier les écarts entre la Polynésie et ces pays pour une liste précise de produits, comprendre les causes de tels écarts, et essayer d’agir sur les causes, de l’AMONT à l’AVAL. Prendre le problème au milieu de guée sera, par définition, une demi-mesure.

 

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