LA POLYNESIE CONTEMPORAINE : ELEMENTS DE CHRONOLOGIE ECONOMIQUE
S’adressant plus particulièrement aux jeunes, politita se doit de revisiter régulièrement l’histoire de la Polynésie contemporaine. Devoir de mémoire,car n’a-t-on pas coutume de dire que, pour construire l’avenir, il faut connaitre l’histoire de son pays ? Aussi, j’ai identifié, parmi les données à notre disposition, quelques dates-clefs de notre histoire politique et économique de ces 15 dernières années. Je ne doute pas que les éléments ci-après ont un caractère arbitraire, car subjectif. Libre à vous donc de les contester, de les commenter, de les corriger ou de les compléter.
De quoi alimenter notre Wiki cher à Peter…
L’évolution de ces douze dernières années peut être retracée autour des dates et évènements suivants :
• 1991 : l’Audit du cabinet Arthur Andersen fait apparaître une quasi cessation de paiement du Territoire, avec épuisement des réserves et déficit prévisionnel record de la section fonctionnement du Budget 1991 de 7 milliards Fcfp.
• Septembre 1991 : Lancement de l’idée de la Charte de Développement par le Gouvernement Flosse, nouvellement constitué.
• Avril 1992 : Mise en œuvre des états généraux du développement qui aboutissent à l’élaboration de la Charte de Développement. La proclamation par le Gouvernement de la République dans le même temps d’un moratoire sur les essais nucléaires provoque une vive inquiétude en Polynésie française où les transferts de l’Etat, liés à l’activités du CEP, constituent l’essentiel des ressources de l’économie du Territoire et donnent lieu à une réflexion sur les perspectives de développement à moyen et long terme de la Polynésie française.
• 14 mai 1992 : Signature entre l’Etat et le Territoire d’un protocole d’accord devant déboucher sur l’élaboration d’un pacte de progrès économique, social et culturel. L’objectif est d’asseoir les bases d’une économie propre à la Polynésie française et qui ne soit plus dépendante des transferts de l’Etat.
• 27 janvier 1993 : Signature de l’accord-cadre du Pacte de Progrès entre le ministre des DOM-TOM, Louis Le Pensec et le Président du Gouvernement Gaston Flosse, après discussions et validation par l’ensemble des acteurs de la vie économique, politique et sociale de la Polynésie française.
• 1994 : Les orientations et actions retenues donnent lieu à l’élaboration d’une « Loi d’orientation » en date du 5 février 1994, qui définit « pour une durée de dix ans, les conditions dans lesquelles la solidarité exprimée par la nation aidera la Polynésie française à réaliser une mutation profonde de son économie, afin de parvenir à un développement mieux équilibré et une moindre dépendance à l’égard des transferts publics, en favorisant le dynamisme des activités locales et le progrès social ». Elle identifie à cet effet plusieurs sources de financement dont des conventions particulières dans certains secteurs (santé, social, éducation…) et le contrat de développement. Le premier contrat de développement sur la période 1994-1999 a été signé le 4 mai 1994 pour un montant de 54 milliards Fcfp financé à parité par l’Etat et par le Territoire.
• 6 et 7 septembre 1995 : La reprise des essais nucléaires pour une ultime série de tests conduit des émeutiers à détruire l’aérogare de Tahiti-Faaa et à incendier la ville de Papeete : 4 milliards Fcfp de dégâts. Véhiculées dans le monde entier, les images de ces évènements seront un coup très dur pour le tourisme polynésien qui constitue la ressource principale de l’économie.
• 29 janvier 1996 : Annonce par le Président Jacques CHIRAC de l’arrêt définitif des essais nucléaires et des activités du CEP dans le Pacifique. Le 25 mars de la même année, le Président du Gouvernement de la Polynésie française signe à Suva, au nom de la France, le traité de Rarotonga interdisant tous essais nucléaires dans la région.
• 25 juillet 1996 : Signature à Paris, entre le Président Flosse et le Premier ministre Alain Juppé, de la Convention pour le renforcement de l’autonomie économique de la Polynésie française. L’Etat s’engage à maintenir, pendant dix ans, les flux financiers du CEP, afin d’aider le Territoire à assurer sa reconversion. Le niveau de référence de l’ensemble de ces flux est fixé à 18 milliards Fcfp (990 millions FF) par an. Chaque année, sont déterminés un forfait douanier et un versement au Fonds pour la Reconversion Economique de la Polynésie française. Il convient de préciser que les sommes effectivement disponibles pour le Fonds sont inférieures au niveau de référence. En effet, elles sont réduites du montant des dépenses militaires subsistant pour le démantèlement et le contrôle des centres d’expérimentation, et de celles du SMA. Cette convention prévoyait également l’adoption par le Territoire d’un programme de développement économique avec des principaux objectifs par secteurs à l’horizon 2006. Ce document intitulé « Programme Stratégique par le renforcement de l’autonomie économique de la Polynésie française » a été adopté le 4 novembre 1996.
• Fin 1997-début 1998 : Des calamités naturelles s’abattent sur la Polynésie (cyclones Martin, Osea, Veli, Weis) provoquant des dégâts considérables, notamment aux Iles-sous-le-Vent et aux Tuamotu.
• 31 décembre 1999: Fin du premier « Contrat de Développement » avec un taux d’exécution remarquable de 85,5 %.
• Septembre 2000 : Une des deux plus grands agences de notation internationale, « Standard and Poor’s » attribue un « A-» à la Polynésie française. Ce cabinet d’étude des comptes de sociétés et de collectivités publiques juge « stables » les perspectives de la Polynésie pour peu qu’elle se maintienne au sein de la République française.
En 2001 et en 2002, « Standard and Poor’s » a, de nouveau, confirmé cette excellente notation (A -) à la Polynésie française pour son bon niveau de performance financière, sa grande flexibilité en matière de recette et le niveau modéré de sa dette.
• 31 octobre 2000 : Signature du 2ème « Contrat de Développement », pour la période 2000-2003 pour un montant global de 40 Milliards Fcfp financés à part égale entre l’Etat et le Territoire. S’inscrivant toujours dans le cadre du pacte de Progrès, il dégage trois objectifs majeurs. A savoir favoriser le développement économique, aménager le territoire en préservant l’environnement et renforcer la couverture sanitaire, la cohésion sociale et le développement culturel.
• 4 octobre 2002 : par la nouvelle convention pour le renforcement de l’autonomie économique de la Polynésie française (qui remplace ainsi celle de Juillet 1996) l’Etat s’engage à maintenir, pour une période non limitée, au bénéfice de l’économie de la Polynésie française les flux financiers qui résultaient de l’activité du Centre d’Expérimentation du pacifique. Ce nouveau dispositif a été retenu afin de permettre la poursuite d’une stratégie de reconversion ayant pour objet de développer dans l’esprit du Pacte de progrès et de la loi d’orientation, un meilleur équilibre social et de nouvelles activités créatrices d’emplois et pouvant engendrer au profit des collectivités territoriales de Polynésie français les ressources nécessaires pour remplir leurs missions envers leurs populations.
Le niveau de référence des flux maintenus est fixé à 150,92 millions d’euros (18 milliards de Fcfp) par an sous forme :
o de versement au budget de fonctionnement de la Polynésie française de la somme de 33,54 millions d’euros (valeur au 1er Janvier 1996) représentative des recettes douanières et fiscales nettes résultant de l’activité antérieure du C.E.P. Ce montant a été réévalué au 1er Janvier 2003 à 36,5 millions d’euros (4,3 milliards de Fcfp).
o de versement au budget d’équipement de la Polynésie française de la dotation globale de développement économique (DGDE) dont le montant résulte de la différence entre le niveau de référence (18 milliards de Fcfp) et le versement représentant la compensation douanière ci-dessus. Le montant de la DGDE est d’environ 13,7 milliards pour 2003.
• 1er Janvier 2003 : La DGDE est mise en œuvre et intervient pour le financement des investissements dans les domaines suivants :
o Aides aux entreprises et en particulier à la reconversion des entreprises et des emplois affectés par l’arrêt du C.E.P
o Réalisation de grands projets d’équipements publics nécessaires au développement économique et social
o Programme d’aide à la création d’emplois, notamment pour les jeunes
o Aide aux programmes de logements sociaux
o Aide aux investissements des communes et de leurs groupements
o Aide au démarrage de services publics locaux
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