Conférence de Marcel Jurien de la Gravière

Par Mana • 22 May 2006

Monsieur le DSND a fait une conférence sur les essais nucléaires en Polynésie à l’hôtel Shératon. Politita était présent. La différence entre les chiffres et la compréhension c’est de relativiser l’information par rapport à des échelles, sinon les nombres ne veulent rien dire. Et Monsieur de la Gravière à remédié à notre manque d’échelle. Il nous présente ainsi les chiffres trouvés sur le terrain, mais surtout, il nous précise dans quelle proportion les doses sont dangereuses. Et si ces chiffres et ces échelles sont véridiques, alors pourquoi s’être inquiété du nucléaire en Polynésie ? Nous pourrions même dire que la France a été la plus propre des puissances nucléaires. Je vous laisse jouir de la connaissance…

Les 41 essais nucléaires -Les faits -Les conséquences radiologiques -Les immersions -HAO

DSND = délégué à la sûreté nucléaire de défense : Autorité de sûreté et de radioprotection pour les activités et les installations intéressant la défense. -Chargé notamment du contrôle du suivi de la situation radiologique et géomécanique des anciens sites d’expérimentation nucléaire. -Co-président du comité suivi sanitaire des expérimentations nucléaires.

Pourquoi cette mission ? -Conférence IHEDN octobre 2005 : perception de la demande d’information de la société civile et politique polynésienne. -Mandat du ministre de la défense au DSND en novembre 2005 -Mission DSND de février 2006. Trois engagements : les faits, les conséquences radiologiques, les conséquences sanitaires. -Adoption du rapport de la CE par l’ APF -Nomination de M. Alban Ellacott (arai vavao) -Mission DSND de mai 2006 : respect des engagements pour une première information.

Etablissement des faits Description des conditions de réalisation des 41 essais aériens. Conséquences radiologiques Les retombées de 10 essais dont 5 (+1) significatives Evaluations dosimétriques pour 3 de ces essais (3 autres à venir) Rencontres avec la population Mangareva, Tureia, Hao

La documentation Un dossier comportant : -Des éléments de réponse au rapport de la CRIIRAD -Un document complet sur les immersions de déchets -Un document sur la fermeture de la base avancée de Hao -Un dossier des faits relatifs aux 41 essais aériens -Un premier bilan des nouvelles estimations d’impact radiologique par zone géographique (bilan des doses qui sera complété ultérieurement)

Remarques -Les doses minimales et maximales sont calculées en faisant varier l’exposition à la contamination de l’air et de la composition des rations alimentaires. La dose maximale suppose le niveau le plus élevé d’exposition à la contamination de l’air, la consommation de toutes les catégories de la ration alimentaire en sélectionnant les produits les plus contaminés. Il s’agit donc d’hypothèses très majorantes.

-Les doses aux enfants concernent la classe d’âge de 1 à 2 ans au moment des faits. Les autres classes d’âge intègrent des doses beaucoup plus faibles.

-Dose efficace dans l’année supérieure à 10mSv : mise à l’abri -Dose efficace dans l’année à partir de 50mSv : évacuation -Dose dans l’année de 100mSv à la tyroïde : prise d’iode stable

Pendant toute la durée des expériences aériennes, aucune n’a été d’un niveau justifiant une évacuation des populations ou une prise d’iode stable, que l’on considère les limites de l’époque ou les limites internationales d’aujourd’hui.

Avis scientifiques et techniques -La situation radiologique sur les îles et atolls est satisfaisante, -Les 41 essais aériens ont donnés lieu à des retombées, variables d’un essai à un autre. -La dose due à l’essai Rigel (24 septembre 1966) n’est pas de 4.88Sv (dose létale !). Les mesures sur l’eau de boisson sont 1000 fois moindres que celles annotées dans le document pris en compte par la CRIIRAD -Aucune dose efficace annuelle n’excède une dizaine de mSv (contre plusieurs certaines avancées par la CIIRAD) -La durée des retombées Aldébaran (2 juillet 1966) sur les Gambier à prendre en compte est de 1h20. Elle résulte d’un mode de calcul international standardisé ?

Recommandations -Les faiblesses du nombre de personnes et des doses ne permettent pas de véritables études épidémiologiques. En revanche, des études descriptives de santé sont réalisables. -Le bas niveau des doses enregistrées (<50mSv) ne permet pas, aujourd’hui de mettre en évidence le caractère radio-induit d’anomalies chromosomiques.

Hao de 1967 à 1975 : site Hôtel (532 tonnes de déchet) Potassium 40 = radioactivité naturelle

La meilleure solution serait une contre expertise Etats-unienne et Russe pour enlever tous les doutes sur la sincérité de Monsieur de la Gravière. Cependant est-ce que le bénéfice des doutes rompus sera plus grand que celui d’un fort tourisme ? Je vous renvoie à l’article de pépé tama, “Egisthe et Electre”.

Commentaires

Par Enfant du nucléaire le 25 May 2006 at 15:51

Merci, Mana, de rétablir un certain équilibre dans l’information sur les dégâts réels du nucléaire en Polynésie.

Car avec toute la campagne de désinformation à la quelle nous avons eu droit ces dernières semaines, avec la complicité active de la presse, de TNTV et de RFO, qui ont déjà pris leur parti, celà va être dur de remonter la pente…

Car la "couverture" des propos du délégué a été un exemple de parti pris : il avait beau essayer d’expliquer, les journalistes prenaient tout ce qu’il disait avec méfiance ou défiance. Ne parlons pas de la Commission dirigée par la Pasionaria de l’antinucléaire, la célèbre Tea, qui, monument d’hypocrisie, a fait mine de l’écouter pendant trois heures et l’a assassiné par un communiqué pré-rédigé (par les gens du CRIRAD, je suppose ?) bien avant la réunion de travail. Comment, après, dire que cette commission veut travailler en bon partenariat avec l’Etat ?

Non, il ne faut se faire d’illusion sur l’objectivité de ces gens là. Quoique l’Etat leur dira, ils continueront à le mener en bateau.Maintenant, c’est la liste des malades. Demain, ils vont demander à l’Etat de démontrer que tel ou tel cancer n’est pas le fait du nucléaire… Ils vont pousser le bouchon très très loin. Et cette partie de pîng pong va se dérouler devant les yeux de nous autres citoyens; ils voudront qu’on les applaudisse de leur maestria. Et les touristes seront de moins en moins nombreux, mais ce n’est pas leur problème. Ils voudront à tout prix avoir raison. Depuis le temps qu’ils le disent. Pour certains, c’est même le combat de leur vie.

Ceux là, les farouchement contre, les jusqu’auxbouteauistes, continueront donc à imposer leurs exigences et la liste de leurs revendications risque d’être très longue. On y sera encore en l’an 2020 !

Je crois bien, donc, qu’il ne faut pas que le Délégué se fatigue trop. Tout un tas de ces gens là ont déjà leurs conclusions déjà faites.

Qu’il rédige son rapport le plus exhaustivement possible et le laisse aux analystes. Et basta !

C’est bien dommage, car la vérité sera toujours une quête impossible dans ce domaine. Qui vivra verra…

Par Etetera le 27 May 2006 at 7:27

… il reste à savoir sur quels documents il a pu travailler et si tous les experts (de toutes tendances) sont d’accord sur les documents de base.
Le problème reste donc entier …

Il y a une chose qui me parait importante, au-delà des doses : la fragilité de l’atoll de Moururoa. Si je me souviens bien, en cas de cassure (danger bien réel et reconnu par l’Etat), cela risque de provoquer un tsunami qui se dirigerait, malheureusement, vers toutes les îles habitées, dont les ISLV et les IDV. Reste à espérer que cela ne se fera pas avant des milliers d’années mais avec la Terre qui bouge, on n’est sûr de rien.

Par Mana le 29 May 2006 at 18:18

D’après ce que j’ai compris ces documents n’ont jamais été divulgués de peur d’effrayer la population. Ce sont des documents qui rallient les experts, et il n’y a pas plusieurs bord dans les différents experts… Ceux qui ont participés aux anciens rapport ont aussi aidé Monsieur le DSND…

Personnellement il me semble honnête, cela n’implique que moi

si les cancers de la thyroide si nombreux seraient de nature induite par la radioactivite, pourquoi n’a-t-on pas plus de cas de leucemies? pourquoi n’avons-nous pas davantage de maladies strictement induites par la radioactivite? si une tranche importante de la population de moruroa et des iles voisines avaient ete irradiees a des doses mutagenes voire letales, la majorite de leurs enfants auraient ete malformes, et peu d’entre eux auraient survecu suffisamment pour porter temoignage.
Allez voir ces liens, ils sont instructifs (mais on apprend ca a l’ecole):
http://www.astrosurf.org/lombry/...
ww2.fmcoeur.ca/Page.asp?P…
http://www.syndrome-des-balkans….
le dernier lien est a charge
resosol.org/Gazette/2005/…

 

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