Te Ta’ere ma’ohi
Chaque civilisation a sa propre culture, même la plus petite. Parlons un peu de la culture. Qu’est-elle vraiment ? A-t-elle une place dans les sociétés modernes ? Parlons de cette culture qui est collective, comme des manifestations intellectuelles (Politita), religieuse (La bible, le coran etc…), artistiques ( Danse polynésienne, Haka etc…), qui caractérisent une société. La culture polynésienne, par rapport à la surface et au nombre de membres de la société, est d’une richesse extraordinaire. Et nous l’oublions souvent…
La culture dans le monde polynésien (Te a’o ma’ohi) est un peu comme une valeur refuge. Te ta’ere : pourquoi ce mot a été utilisé pour signifier la culture en tahitien ? Te ta’ere signifie la quille de la pirogue, l’objet qui fait que le bateau garde son cap, l’objet qui est la base même de l’individus, ou à plus grande échelle, de la société à laquelle il appartient. Cette analogie montre bien que la culture est le phénomène de pensée le plus important chez le polynésien. Si nous n’en possédons pas, nous dérivons au gré des vents, nous nous recherchons dans une société qui nous rejette, car elle ne nous reconnaît plus. Te hiro’a, c’est la sensibilité que l’on a par rapport au Ta’ere.
La culture est d’autant plus importante, que, même aujourd’hui, lorsque le tahitien n’est pas parlé par une personne qui se dit appartenant à la société, les autres le dénie, en le traitant d’étranger dans son pays. Le fait de parler la même langue n’est pas un problème d’identité, ou encore d’appartenance, mais simplement un problème de communication, et, à mon sens ce n’est pas une véritable composante de la culture. Si l’on ressent le Hiro’a, il n’y a pas de doute à avoir, si nous vibrons aux rythmes des Pari pari parau, des tupuna, si nous comprenons le polynésien en regardant à travers ses yeux, ou si encore nous nous intéressons à la danse, la religion, nous sommes de culture polynésienne.
Il est bizarre de constater que souvent les plus grands spécialistes des cultures, n’appartiennent que rarement à celles-ci… Et même souvent, les hommes politiques n’ont pas cette sensibilité.C’est bien dommage.
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Commentaires
Tu dis très justement qu’ une sensibilité commune permet de se retrouver par- delà les frontières des langues.
D’accord avec toi, Mana.
Il est vrai que " Le Petit Prince " est à l’ affiche !
Tout à fait d’accord avec cette analyse.
Je pense en effet, qu’il faut ressentir une culture, et mérité d’y appartenir. La culture est une prise de conscience par l’individu de sa personnalité d’être pensant, mais aussi de ses rapports avec les autres hommes de la société dans laquelle il évolue et avec le milieu naturel dans lequel il se situe.
Si vous arrivez à voir, comprendre, et saisir toute les versants de la culture polynésienne, on peut prétendre y appartenir. N’abusant pas du mot langage.
En effet Mana, ce sentiment d’appartenir à une même culture nait d’une pratique commune d’un espace sur lequel évolue une société.La maitrise de la langue semble aller de paire avec l’approfondissement de la connaissance de la dite culture.
Je citerai en exemple un professeur de l’UPF,B.Saura, pour ne pas le nommer, qui bien qu’étant d’origine métropolitaine est l’un des spécialistes reconnus de la civilisation polynésienne et plus particulièrement tahitienne.(Ma’ohi). Ce dernier parle également le reo ma’ohi aussi bien qu’un natif "ta’ata tahiti" voir mieux…
La conservation de la culture dite "traditionnelle" est l’un des enjeux pour les années à venir dans un contexte de mondialisation exacerbée.
Il serait aberrant de dire qu’un juif américain ne serait pas pareil qu’un juif français qui lui-même serait différent d’un juif polonais. La seul différence entre eux tous est la langue, ce n’est pas pour cela qu’il se dénie entre eux…Nous devrions faire de même
D’ accord avec toi Mana. Une sensibilité commune permet aux différences ( la langue par exemple ) de s’ enrichir.
Je reviens au Petit Prince, mais tu es en phase avec l’ actualité culturelle en Polynésie. Il faudra veiller à condamner toutes les formes de " racisme " anti ceci, anti cela.
Qu'en pensez-vous ?