La société de confiance
Notre société vaque au statu quo. Alors que la capacité financière du territoire n’a jamais été aussi grande, c’est à dire le pouvoir de créer par des effets multiplicateurs de la richesse nouvelle, nous sommes incapables de rompre avec notre développement stérile, qui submerge notre pays dans le vice du statu quo. Plongé dans une mondialisation qui nous absorbe et nous dépasse et dans laquelle on règne en victime, nous subissons les humeurs de l’ère du temps.
Que la jeunesse se prépare, elle sera bientôt appelée à combattre au front.
L’initiative individuelle de chacun est beaucoup trop contrôlée par cet « Etat Léviathan », par des lois et des règlements de plus en plus inextricables, qui condamnent la capacité de chacun d’innover et d’entreprendre. Ce pays semble tout attendre de cet Etat Léviathan, qui veut tout contrôler et tout décider, mais qui échoue au quotidien dans les questions de société à résoudre. Ajouté à cela, le comportement de l’élite politique, certes intelligente, mais privée de toute imagination et de courage. Les réformes intentées soulèvent des majorités de révolte, qui manifestent leur désir de renverser l’avortement prématuré de notre développement. La couleur du gouvernement actuel n’importe guère dans notre stratégie de développement, mais c’est sur ce régime de gouvernance que l’on doit aujourd’hui, fonder un avenir de confiance. Que la jeunesse se prépare, elle sera bientôt appelée à combattre au front.
Tout cela se paye par une énorme fracture entre entrepreneurs et politiciens.
Il faut rénover la machine gouvernementale qui perd de son efficacité lorsque son budget est en anorexie financière. Que la fonction publique territoriale embauche, par un clientélisme marchand, un cadre pour son arbre généalogique, déroge à la société de confiance. C’est tout le pacte social avec le gouvernement qui est rompu, et fait de nos institutions des bonnes sœurs du couvent de l’erreur. D’où un contrôle financier maniaque et exaspérant de ce nouveau gouvernement, une réglementation du travail qui ressemble de plus en plus à une jungle territoriale et un système fiscal qui décourage l’embauche. (l’augmentation du SMIG notamment). Tout cela se paye par une énorme fracture entre entrepreneurs et politiciens.
Il faut à tout prix supprimer les archaïsmes qui ralentissent notre société.
Vive la réforme solidarité, les politiques contractuelles, et la fluidité des décrets de chaque mercredi. Il faut à tout prix supprimer les archaïsmes qui ralentissent notre société, le chômage, les taxes superflues et abusives, et les remplacer par des lois plus simples et plus efficaces. C’est en faisant émerger cette société de confiance qu’on redonnera à la Polynésie française, le dynamisme économique, intellectuel et politique dont elle a tant besoin. Alain Peyrefitte le disait déjà, « la prospérité économique tient plus à l’organisation de la société et à l’état d’esprit des citoyens qu’aux prétendus fondamentaux naturels et numériques ».
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Commentaires
Questions :
De quel Etat-Leviathan parle-t-on ? De l’Etat français ou de l’Etat-Pays-Polynésie ?
De quelle élite politique parle-t-on : de l’élite polynésienne ou de l’élite française-métropolitaine ?
De quelles révoltes parle-t-on ? des révoltes métropolitaines ou polynésiennes ?
L’augmentation du SMIG : ce n’est pas de la fiscalité.
Pour la réforme "solidarité" : attendons le résultat du nouveau train de taxes et l’augmentation de la CST pour la porter aux nues…
Si on veut baisser les taxes, il faut d’abord baisser les dépenses publiques inutiles, à commencer par la bureaucratie issue des 18 ministères actuels.
Je suis d’accord : tout est une question d’état d’esprit. Pour l’instant, le moral des citoyens et des entrepreneurs est en berne.Quand on voit l’état d’esprit de ceux qui nous gouvernent, il y a de quoi …
Pour les lois plus simples : supprimons déjà le concept de "loi de pays". Le processus d’élaboration et de vôte de ces lois de pays est trop lourd (on a créé un nouveau "machin budgétivore" pour étudier ces lois de pays : le Haut Conseil du Pays… Encore quelques dizaines de millions de F CFP par an de distrait de nos poches de contribuables). C’était mieux avant ces lois de pays.
Ce sont des lois pour la galerie, pour faire croire que l’on est un "Etat". Assumons l’autonomie avec un peu plus de modestie et de raison.
Il ne faut pas faire de "l’Etat-canada dry" pour essayer de convaincre les indépendantistes qu’on est un "quasi-Etat". Ceux qui sont aveugles et sourds, les purs et durs du Tavini, on ne les convaincra pas, de toutes les façons.
Vivons notre autonomie simplement, fièrement, définitivement.
tu touches là le fonds du problème, celui du statut de 04 !
ce statut était, pour moi, un camouflet car, sous couvert d’autonomie, on prônait bel et bien l’indépendance. Mais elle n’était pas écrite comme cela. C’en était tellement criant que le gouv central a finalement changé des passages tout en laissant ci et là le mot "pays" pour flatter l’égo de GF qui, à son grand dam, a vu son trône lui filer sous le nez …
Oui, trop de gaspillages publics mais il y en aura toujours trop. C’est le problème de la fonction publique qui se vote son propre budget et pond donc de nouvelles taxes pour financer ses largesses (ou bâtit un beau dossier de subventions).
Le Statut de 2004 a été certes voté de manière désabusée, telle un 49-3, sans aucun avis de la population. On peut faire le même reproche concernant les accords de Tahiti Nui. Mais l’idée de statut était bien de donner plus de pouvoirs et de compétences au pays, et d’apprendre à gérer sa propre logique développement. Elle était, l’idée d’un homme, qui avait élaborer une stratégie de développement pour le pays, mais n’a pas pu continuer ses travaux. Son sucesseur a rangé le dossier du développement pour faire jaillir celui de l’indépendance. C’est son droit le plus absolu, le plus rationnel je ne sais pas.
Le réel problème qui fonde le socle social de la Polynésie est justement cette absence de société de confiance. Le peuple perd au fil des années foi en ses gouvernants, et n’hésite pas à chaque échéance électorale à sanctionner les politiciens qui font à leur tête, et ose se prétendre détenir la confiance électorale. Demandez à Gaston Flosse, il a été la première victime.
Néanmoins que voulez-vous, le statut a été voté, et il nous donne la possibilité de nous gérer de manière autonome, un avant goût d’une gestion autonome, sans pour autant dire indépendante, car les fonds qui financent cette gestion restent français. La moitié du travail est fait, à nous de trouver les fonds nécessaires.
La fonction publique est d’ailleurs la première qui engrange cette manne financière, et les salaires désabusés de nos dirigeants ne confortent pas la naissance d’une société de confiance. Et cela nous nuie, et font de notre société, une entité fragile, désagrégé de toutes synergies sociales et économiques.
Comment voulez-vous que l’on avance avec un tel handicap moral ?
Tu es victime du mythe du SMIG social, tout comme beaucoup de la TVA social l’autonomiste.
En effet, une mesure fiscale induit un changement dans les modifications de prélèvement obligatoires, directs ou indirects, à chaque agents économiques.
Tu as raison de d’interroger sur la question, car le SMIG est censée être une mesure sociale, voir économique.
Mais elle a été en Polynésie fiscale, dans le sens où les employeurs ont bénéficié d’un allegement de leur cotisation patronales, afin de permettre de financer l’augmentation du SMIG. Il s’agissait d’alleger le coût du travail pour les employeurs, mais décourageant toute nouvelle embauche. Le problème, c’est que ce SMIG a été financé par les employeurs, et non par le gouvernement, faute d’avoir été rigoureux dans l’adoption d’un tel relèvement de son assiette.
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