Le Bop a introduit la question de la mondialisation en montrant que l’autonomie semble être le régime le plus apte à gérer au mieux ce processus. Nous traiterons ici de la mondialisation et des possibilités qu’elle offre pour réduire le coût de la vie.

Le coût de la vie correspond au niveau actuel des prix. Coût de la vie et inflation sont deux choses différentes; l’inflation correspond à l’augmentation du coût de la vie.

Le coût de la vie élevé en Polynésie Française (par rapport au Vanuatu par exemple) est, en partie, la résultante du haut niveau des revenus, lui-même relié au niveau des salaires, permis par notre régime d’autonomie. Un coût de la vie élevé n’est donc pas forcément une mauvaise chose.C’est le cas, en général, dans tous les pays développés. Néanmoins il y a des possibilités, toute chose égale par ailleurs, de contenir ce coût de la vie pour qu’il reste à un niveau acceptable comparativement aux revenus, ou qu’il diminue quelque peu, notamment en ce qui concerne les produits d’alimentation.

  1. 1La mondialisation peut permettre une réduction du coût de la vie dans certains secteurs…

Comme nous l’avons vu dans un billet précédent ( à propos du cout de la vie) deux principaux facteurs influent sur le prix de nos biens importés : les coûts de transport élevés (du fait de notre particularité géographique) et le pouvoir monopolistique des sociétés commerciales d’importation. La mondialisation peut permettre d’influencer ces deux facteurs pour permettre une baisse des prix ou contenir leur hausse.

  • Au niveau des coûts de transport.

La mondialisation peut permettre de réduire les coûts de transport, du moins, elle offre des possibilités d’action en ce sens. En effet sous réserve qu’il soit un projet viable, avec des études de marchés faites dans ce sens, on pourrait envisager de faire du port de Papeete une “plaque tournante” du commerce Asie-Pacifique-Amérique avec des dépots de conteneurs en “transit”. Cela permettrait ainsi, par effet d’économies d’échelle, de réduire les coûts de transport.

  • Au niveau de la structure monopolistique du marché des biens importés.

La mondialisation, si le gouvernement n’est pas protectionniste, peut accroître la concurrence et favoriser l’entrée de nouvelles firmes sur un marché, et rendre ainsi un marché “contestable” au sens de Willy Baumol. C’est à dire que la mondialisation peut instaurer une pression sur une entreprise qui jouierait d’un monopole afin que celle-ci n’abuse pas de sa position dominante. Cela peut être envisagé comme favorable à la réduction du coût des denrées alimentaires ou autres, si on tire profit de la mondialisation dans le secteur des grandes surfaces. De multiples billets ont été effectués a ce sujet sur ce blog.

  1. 2Il ne s’agit donc pas de planter, planter, planter…

Pour faire baisser le coût de la vie; il ne s’agit donc pas de planter, planter, planter (O.Temaru) pour avoir une balance commerciale équilibrée, et faire baisser les prix. En effet, si l’on importe, c’est parce que le produit importé coûte moins cher qu’un produit créé ou transformé localement. La mondialisation est donc un outil pour la baisse du coût de la vie.

Cette baisse des prix dans certains domaines entrainera des faillites, notamment de ceux qui bénéficiaient de protections; d’où la nécessité de développer d’autres secteurs d’activités ( ex : L’or Gris) et d’aider les “perdants de la mondialisation”. Cette baisse des prix permettra aussi de développer certaines activités comme le tourisme (cf :Tourisme et cout de la vie) Ce défi de la “globalisation” peut ainsi être envisagé comme une chance si nos gouvernants gèrent de manière efficace et réfléchie ce processus avec un minimum de prévision et d’anticipation. Et surtout que l’opinion publique les y force en s’intéressant à ces problématiques de manière informée.

  1. 3Ni de décréter la baisse des prix…

Ainsi pour réaliser une baisse du coût de la vie, il ne s’agit pas de décréter et de demander une baisse des prix de manière autoritaire ( cf: La politique Bolchévik ) ou de masquer des intérêts particuliers en parlant de “taille humaine” ( cf : Verbatim). Au contraire il s’agit de mettre en place des réformes économiques solides, améliorant le fonctionnement de notre économie.

Il ne tient qu’a l’opinion publique, si elle s’informe, de donner le ton en insérant ces véritables problématiques dans le débat et en jugeant les hommes politiques sur ces questions qui sont primordiales pour les citoyens. Cela ne semble pas être le cas dans notre Pays. Dès lors, que l’on ne s’étonne pas de l’augmentation du panier de la ménagère : dans un certains sens, nous sommes aussi coupables que nos politiques et nous en payons le prix.