Mondialisation et Cout de la vie.

Par Pépé Tama • 22 April 2006

Le Bop a introduit la question de la mondialisation en montrant que l’autonomie semble être le régime le plus apte à gérer au mieux ce processus. Nous traiterons ici de la mondialisation et des possibilités qu’elle offre pour réduire le coût de la vie.

Le coût de la vie correspond au niveau actuel des prix. Coût de la vie et inflation sont deux choses différentes; l’inflation correspond à l’augmentation du coût de la vie.

Le coût de la vie élevé en Polynésie Française (par rapport au Vanuatu par exemple) est, en partie, la résultante du haut niveau des revenus, lui-même relié au niveau des salaires, permis par notre régime d’autonomie. Un coût de la vie élevé n’est donc pas forcément une mauvaise chose.C’est le cas, en général, dans tous les pays développés. Néanmoins il y a des possibilités, toute chose égale par ailleurs, de contenir ce coût de la vie pour qu’il reste à un niveau acceptable comparativement aux revenus, ou qu’il diminue quelque peu, notamment en ce qui concerne les produits d’alimentation.

  1. 1La mondialisation peut permettre une réduction du coût de la vie dans certains secteurs…

Comme nous l’avons vu dans un billet précédent ( à propos du cout de la vie) deux principaux facteurs influent sur le prix de nos biens importés : les coûts de transport élevés (du fait de notre particularité géographique) et le pouvoir monopolistique des sociétés commerciales d’importation. La mondialisation peut permettre d’influencer ces deux facteurs pour permettre une baisse des prix ou contenir leur hausse.

  • Au niveau des coûts de transport.

La mondialisation peut permettre de réduire les coûts de transport, du moins, elle offre des possibilités d’action en ce sens. En effet sous réserve qu’il soit un projet viable, avec des études de marchés faites dans ce sens, on pourrait envisager de faire du port de Papeete une “plaque tournante” du commerce Asie-Pacifique-Amérique avec des dépots de conteneurs en “transit”. Cela permettrait ainsi, par effet d’économies d’échelle, de réduire les coûts de transport.

  • Au niveau de la structure monopolistique du marché des biens importés.

La mondialisation, si le gouvernement n’est pas protectionniste, peut accroître la concurrence et favoriser l’entrée de nouvelles firmes sur un marché, et rendre ainsi un marché “contestable” au sens de Willy Baumol. C’est à dire que la mondialisation peut instaurer une pression sur une entreprise qui jouierait d’un monopole afin que celle-ci n’abuse pas de sa position dominante. Cela peut être envisagé comme favorable à la réduction du coût des denrées alimentaires ou autres, si on tire profit de la mondialisation dans le secteur des grandes surfaces. De multiples billets ont été effectués a ce sujet sur ce blog.

  1. 2Il ne s’agit donc pas de planter, planter, planter…

Pour faire baisser le coût de la vie; il ne s’agit donc pas de planter, planter, planter (O.Temaru) pour avoir une balance commerciale équilibrée, et faire baisser les prix. En effet, si l’on importe, c’est parce que le produit importé coûte moins cher qu’un produit créé ou transformé localement. La mondialisation est donc un outil pour la baisse du coût de la vie.

Cette baisse des prix dans certains domaines entrainera des faillites, notamment de ceux qui bénéficiaient de protections; d’où la nécessité de développer d’autres secteurs d’activités ( ex : L’or Gris) et d’aider les “perdants de la mondialisation”. Cette baisse des prix permettra aussi de développer certaines activités comme le tourisme (cf :Tourisme et cout de la vie) Ce défi de la “globalisation” peut ainsi être envisagé comme une chance si nos gouvernants gèrent de manière efficace et réfléchie ce processus avec un minimum de prévision et d’anticipation. Et surtout que l’opinion publique les y force en s’intéressant à ces problématiques de manière informée.

  1. 3Ni de décréter la baisse des prix…

Ainsi pour réaliser une baisse du coût de la vie, il ne s’agit pas de décréter et de demander une baisse des prix de manière autoritaire ( cf: La politique Bolchévik ) ou de masquer des intérêts particuliers en parlant de “taille humaine” ( cf : Verbatim). Au contraire il s’agit de mettre en place des réformes économiques solides, améliorant le fonctionnement de notre économie.

Il ne tient qu’a l’opinion publique, si elle s’informe, de donner le ton en insérant ces véritables problématiques dans le débat et en jugeant les hommes politiques sur ces questions qui sont primordiales pour les citoyens. Cela ne semble pas être le cas dans notre Pays. Dès lors, que l’on ne s’étonne pas de l’augmentation du panier de la ménagère : dans un certains sens, nous sommes aussi coupables que nos politiques et nous en payons le prix.

Commentaires

Par Matahi le 23 April 2006 at 0:30

Pépé Tama, lorsque tu affirmes qu’il faut limiter les protections, développer d’autres secteurs d’activités et d’aider les "perdants de la mondialisation", je suis d’accord avec toi.

Il faut effectivement accepter les nécessités des restructurations, mais, en échange, il faut s’assurer que les salariés concernés seront aidés, formés, reconvertis, indemnisés, accompagnés.

Reste à imaginer ce dispositif d’accompagnement…

Par Didier le 23 April 2006 at 0:49

Daniel COHEN, économiste français,pointe l’échec des stratégies protectionnistes, qui poussent les entreprises « à se partager la rente d’un marché captif plutôt qu’à innover ».

Le développement a besoin de leviers, et celui des techniques ne suffit pas à lui tout seul, pas davantage que le seul levier de la formation. Le développement a besoin d’espace de liberté, et le marché en est un.

A cet égard, l’annonce par le ministre de l’Economie, Jacqui DROLLET, d’une libéralisation des prix devrait aller dans votre sens.

"plus de concurence", semble dire le grand argentier territorial. Et de promettre en sus la mise en place d’une réglementation favorisant la concurence sur Tahiti.

Sauf que, dans ce beau discours, point de passage sur la réduction des barrières douanières qui protègent les oligopoles ou monopoles locaux.

Or, la réglementation des prix était la contrepartie de ces barrières pour éviter à leurs bénéficiaires d’abuser trop facilement de leur position dominante.

Dans ces conditions, faire péter la réglementation des prix sans abattre les protections douanières risque fort d’avoir l’effet inverse à celui recherché par le ministre : faire bondir les prix au lieu de les faire baisser….

Par Pépé Tama le 26 April 2006 at 15:28

Exact.

L’ISPF met en perspective la hausse de l’indice des prix (+2,3% en 2005).

Déjà, l’indice en lui même suscite des interrogations. On s’aperçoit ainsi que la composante énergie a baissé de 0,4%! Au point que même l’association TE TIA ARA s’est sentie obligée de faire part de ses doutes dans un communiqué fin fèvrier.

Cela étant, dans un beau discours livré à Radio1, Olivier CHAMPION, chargé d’études de l’ISPF vilipende les commentateurs en indiquant que la hausse des prix polynésiens est "dans la norme mondiale".

Et comme tous nos biens sont importés, finalement, l’inflation, c’est la faute à pas de chance, car notre gouvernement peut difficilement agir sur le prix extérieurs…

Déjà, on pourrait répondre à l’intéressé (en mission commandé?) que ce n’est pas parce qu’il y a x fois plus de cas de lépreux au Vanuatu qu’en Polynésie qu’il faut s’en féliciter.

De la même façon, ça fait une belle jambe au SMIGard polynésien de savoir qu’en général, les prix ont plus augmenté à l’extérieur plutôt qu’en Polynésie. Que je sache, le niveau des prix est en moyenne beaucoup moins élevé qu’à Tahiti, alors que le SMIG tahitien est moindre que celui du Continent, non?

En plus, mettre sur le dos de "l’inflation importée" la hausse de sprix, c’est quand même un peu fort de café pour déresponsabiliser nos politiques locaux!!!

A la base, c’est tout de même l’absence de concurrence dans la grande distibution et la modification de la liste des PPN qui sont à l’origine de la hausse de l’indice.

Et là, c’est bien le gouvernement qui fixe les prix des biens administrés et qui octroie les autorisations d’implantation des grandes surfaces, non?

Un penseur disait que le "courage politique", c’était un paradoxe. Sous les tropiques, la chaleur maximise ces effets.

La fuite des responsabilités par nos ministres semble proche de devenir un sport homologué par le COPF!

L’ISPF met en perspective la hausse de l’indice des prix (+2,3% en 2005).

Déjà, l’indice en lui même suscite des interrogations. On s’aperçoit ainsi que la composante énergie a baissé de 0,4%! Au point que même l’association TE TIA ARA s’est sentie obligée de faire part de ses doutes dans un communiqué fin fèvrier.

Cela étant, dans un beau discours livré à Radio1, Olivier CHAMPION, chargé d’études de l’ISPF vilipende les commentateurs en indiquant que la hausse des prix polynésiens est "dans la norme mondiale".

Et comme tous nos biens sont importés, finalement, l’inflation, c’est la faute à pas de chance, car notre gouvernement peut difficilement agir sur les prix extérieurs…

Déjà, on pourrait répondre à l’intéressé (en mission commandée?) que ce n’est pas parce qu’il y a x fois plus de cas de lépreux au Vanuatu qu’en Polynésie que le lépreux polynésien s’en trouve moins lépreux.

De la même façon, ça fait une belle jambe au SMIGard de savoir qu’en général, les prix ont plus augmenté à l’extérieur plutôt qu’en Polynésie. Que je sache, le niveau des prix est en moyenne beaucoup moins élevé qu’à Tahiti, et ce alors que le SMIG tahitien est inférieur à celui du Continent, non?

En plus, mettre sur le dos de "l’inflation importée" la hausse de sprix, c’est quand même un peu fort de café pour déresponsabiliser nos politiques locaux!!!

A la base, c’est tout de même l’absence de concurrence dans la grande distibution et la modification de la liste des PPN qui sont à l’origine de la hausse de l’indice.

Et là, c’est bien le gouvernement qui fixe les prix des biens administrés et qui octroie les autorisations d’implantation des grandes surfaces, non?

Un penseur disait que le "courage politique", c’était un paradoxe. Sous les tropiques, la chaleur maximise ces effets.

La fuite des responsabilités par nos ministres semble proche de devenir un sport homologué par le COPF!

Toujours plus fort!

Le ministre de l’Economie, après avoir envoyé en service commandé l’ISPF pour justifier la hausse des prix de 2005 ("c’est pas de ma faute, elle vient d’ailleurs!") a décidé de réagir face à la vie chère.

Comment?

En demandant à l’ISPF de changer l’indice!

Comme si une mère décidait de changer de thermomètre parce que le premier affichait + de 39,5°, et que ça l’embêtait.

BRAVO!

L’idée vient elle de sa conseillère spéciale chargée de l’Economie, administratrice de l’INSEE en détachement et spécialiste du réarrangement d’indice?

Par Teihotu le 29 April 2006 at 0:44

Jean, j’apprècie tes commentaires et je suis d’accord avec toi à 100 %…soit l’indice maximal.

Merci de continuer à nous apporter tes bols d’idées …qui sont autantde bols d’air en ces temps de pensée unique.

Je crois qu’Olivier CHAMPION est grand copain avec Christophe COZETTE, le chargé de com de Jacqui DROLLET : ceci explique aussi celà.

 

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