La peur de l’alternance
La visite du ministre de l’Outre Mer, a adouci l’oreiller sur lequel le politique fait sa sieste depuis des mois. Rassuré désormais, chacun tente d’extraire de cette visite un alibi visant à asseoir sa stratégie parlementaire du 13 avril. Nicole BOUTEAU la première, qui broutait l’herbe de la prairie UPLD autrefois, appel à un défilé des autonomistes sur l’avenue de la République. A vrai dire, Nicole a perdu depuis des mois son électorat, dégoûté d’une stérilité politique à outrance et d’un programme sensible à l’humeur médiatique. Elle est opportuniste, et se dresse derrière une étiquette centro-radicale, que son ami Schyle brandit avec force, sans pour autant masquer leur peur de l’indépendance et leur conscience autonomiste. Une société de dupes.
Forcé par le vérin du déclin, le président joue lui sa dernière carte, et surenchéris sa mise, peut-être la dernière de sa carrière politique. C’est sur l’autel du désespoir, que le président marie la haine et la colère, sous l’égide d’une idéologie triomphant l’indépendance de raison. La compétition entre l’Histoire et l’idéologie n’a semble t-il pas portée ses fruits, et est même devenue l’arme de l’opposition. Partant d’une volonté de bon sens, (devenir indépendant, quelle honte ?) il a participé lui-même à la caricature de son déclin. Conscient de l’échec probable du 13, son ego ne flanche pas devant la charité médiatique, qui prend encore le risque de relativiser sa chute, son courage est salutaire.
Devant lui, une manif autonomiste dresse son portrait, et tente de répandre à toutes les couches sociétales la semence républicaine fécondant plus facilement le développement et la croissance. Car la crise siège depuis des mois sur les bancs de nos statistiques, et met la Polynésie sur le flanc. Le pays en proie à son improbable take-off, guète depuis l’après CEP sa géographie financière, de plus en plus soumise au relief de la conjoncture. Cette stratégie de développement a jeté l’encre dans une baie protectionniste, contrôlant scrupuleusement les trafics d’entrées et sorties. Trop de contrôle tue le contrôle.
La logique économique n’a guère était éduquée dans une stratégie de prudence, et c’est depuis des années, que le gaspillage a recouvert l’efficience. Aujourd’hui, notre logique de dépense sanctionne nos désirs et nos envies, et c’est sur un rappel populaire croissant, que la machine Taui s’enraille. Ils semblent être victimes d’un fatalisme temporel, conforté par une aisance rhétorique impopulaire, dont le syndicat autonomiste use et abuse avec force pour désagréger le consortium du changement. Le divorce entre la population et le Taui semble être inéluctable, sans que cela rappel au pouvoir le passé. L’histoire compte, et c’est plutôt vers l’avenir que l’urne de la démocratie bénira son nouveau messie parlementaire, peut-être le départ d’une véritable alternance ?
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Commentaires
Je me demande, en fait, si Oscar ne veut pas lui-même que l’expérience d’un gouvernement Taui s’arrête. Car voilà un homme qui a été quelque peu surpris d’arriver au pouvoir par un "heureux" accident.
On a pu voir ces derniers mois, que gouverner, au sens premier du terme, l’embête au plus haut point.
De même, les autres membres de son parti, habitués qu’ils étaient à une critique radicale du système, n’ont jamais abandonné cette culture d’opposition permanente.
Du coup, Jacqui DROLLET était bien le seul à recréer un semblant de rationalité à l’action gouvernementale, que, par démission du Président en titre, il a hérité.
Du coup, Jacqui DROLLET rame, rame, mais il sent bien que les choses lui échappent, car il est bien seul à ramer une galère où l’équipage se met à pagayer ( ou a pagailler c’est selon…) dans tous les sens.
Non, je crois bien qu’une éventuelle alternance, en arrange beaucoup à l’UPLD. Au cas où elle réussit, ils pourront revenir à la facilité, et de nouveau, faire leurs incantations indépendantistes.
Le discours radical actuel du Président du gouvernement ou, plutôt du Président Tavini est donc tout à fait logique de ce point de vue. C’est un leader politique charismatique pour une certaine partie de la population, mais définitivement pas un gouvernant.
Nicole BOUTEAU est face à un choix Cornélien : il faudra bien, cette fois ci, qu’elle choisisse son camp. Car l’opinion ne comprendra pas, face à la radicalisation de la branche tavini de l’UPLD, qu’elle reste encore "Ni-Ni".
Cela serait d’ailleurs logique qu’elle prenne postion, si elle veut, justement, rester logique avec ses propres déclarations de ces dernières semaines.
De plus, si elle ne veut pas se marginaliser davantage, il faudra bien qu’elle s’implique dans la nouvelle gestion autonomiste du Pays qui s’esquisse.
Et il semble qu’elle ne représente qu’elle même actuellement. Elle essaie bien encore d’attirer Philip SCHYLE derrière son leadership "intellectuel", mais elle voit bien que le leader du Fetia Api a décidé d’avoir une attitude nettement plus engagée qu’elle face à la radicalisation du discour du Président du Pays. Et cette réaction de Philip SCHYLE est tout à fait normale. Ces derniers mois, celui-ci a bien vu que Nicole BOUTEAU jouait "perso" quand celà l’arrangeait et qu’elle recherche sa "compagnie" quand ça arrange ses intérêts.
C’est sûr que 2 voix de représentants à l’Assemblée pèsent plus que sa seule voix. Mais le Fetia Api n’est pas dupe du jeu de Nicole BOUTEAU et a décidé de s’émanciper.Surtout que ce parti n’est plus du tout sûr du poids électoral actuel de Nicole BOUTEAU… La realpolitik du Fetia Api est passée par là…
Nicole BOUTEAU et Philip SCHYLE doivent maintenant convenir qu’ils se sont trompés dans leur diagnostic et dans leur stratégie "Ni-Ni". L’expression de Nicole BOUTEAU : "l’indépendance n’est pas à l’ordre du jour" a fait grand bruit.Et pourtant…
Et pourtant, l’indépendance fait bel et bien partie de l’agenda quotidien du Président du Pays.
Mais, comme on dit, seuls les imbéciles ne changent pas d’avis.
…Et il n’est pas trop tard pour bien faire !
Devenir indépendant n’est pas une honte. C’est même respectable que de penser celà. Mais c’est faire primer l’idéologie contre la réalité. Et les peuples ne se nourrissent pas d’idéologie.
On a vu ce que certains peuples ont subi dans leur chair quand l’idéologie a primé sur la réalité. L’URSS de Staline, le Cambodge de Pol POT, la Chine de MaoZedong sont des moments de l’histoire que les peuples de ces pays ne veulent plus revivre.
Heureusement, dans tous ces pays, le principe de réalité a triomphé, peut être du fait des erreurs commises par leurs dirigeants passés. Ces peuples ont expérimenté malgré eux (du fait d’un régime dictatorial) la méthode des essais et des erreurs. Mais ne pensez-vous pas que c’est cher payé pour essayer ?
Il faut savoir tirer les leçons de l’histoire et éviter de conduire le peuple vers une impasse.Nous sommes dans une démocratie. Faisons en sorte qu’elle soit gouvernée par la raison.
Je ne vois pas d’alternance au bout du tunel si ce n’est de reprendre les memes d’avant et de recommencer : )
A moins que Nicole et Philippe ne devienne President(e) et Vice President(e)…
Tahiti Overseas, au cas où tu ne l’aurais pas remarqué, nous avons de toutes façons le même personnel politique depuis 20 ans, qu’ils soient dans l’opposition ou dans la majorité. Alors, de ce côté là, c’est plutôt match nul…
Maintenant, ton voeu personnel de voir Philip SCHYLE et BOUTEAU, c’est un peu faire fi de l’arithmétique électorale.
Il faut un peu regarder le choix des électeurs. Les préférences personnelles sont une chose, le poids électoral des forces en présence, c’est autre chose. Après tout, une élection c’est un sondage grandeur nature…
Demander à de grands partis populaires de se faire hara kiri, c’est un peu forcer la dose.
Et puis, quand on voit jusqu’à présent le manque de discernement de ces deux personnes en ce qui concerne la logique du Tavini, ce qui les a conduit d’ailleurs à laisser à Oscar TEMARU un boulevard, ton choix est pour le moins hasardeux.
Mais il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas de stratégie, ni de diagnostic, n’est ce pas ? A moins qu’ils ne continuent à être "Ni-Ni" ?
Nicole présidente et schyle vice -président? Tu rigoles tahiti overseas, il vaut mieux encore Oscar que les tergiversations des ni ni et des susceptibilites à fleurs de peau, des éternels états d’âme. Ce ne sont pas des leaders aptes à gérer un pays. C’est mollasson!!!Ce sera pire qu’avec oscar. Leur équipe respective n’est pas brillante, pas de projets concrets si ce n’est " Et que faisons nous maintenant? encore un éventuel gouverenement de la parole avec la technocratie en prime. Ce serait la CATA pour l’avenir de nos jeunes…….
Si ce n’est excusez-moi, il manque une phrase chère au ni ni : si ce n’est , TOUT DOIT ETRE INTEGRE DANS UN DEVELOPPEMENT DURABLE? Et que faisons etc. Mille excuses pour cette phrase manquante.
Coucou pourrait tu relires tes commentaires avant de les poster stp on a du mal a te suivre. On comprend l’idée général néanmoins parlons plus calmement…
La peur de l’alternance del’UPLD va jusqu’au point où le double langage est érigé en vrai système. Car voilà un Président du Pays qui remet à un Ministre dela République un document intitulé " accords de Tahiti Nui" et qui, pour sauver sa majorité, invite les partis politiques à une démarche "consensuelle" où les termes qui fâchent sont gommés.Après le vinaigre, vient l’huile pour essayer de "bétonner" une majorité qui s’effiloche à grand pas…
Qu’est ce que c’est que cette démarche où l’on a deux fers au feu( un texte "maximaliste" et un texte minimaliste") et où on prend les autres partis politiques du Pays pour des "demeurés" en croyant qu’ils vont marcher dans ce jeu de dupes !
Ce grand écart pour sauver les meubles, c’est du n’importe quoi. C’est à se demander si le Président actuel du Pays a une parole quand on voit qu’il se renie lui-même à quelques jours d’intervalle. Il y a une limite au "sauve qui peut"…
J’etais sacarstique lorsque je mentionais le tandem Nicole et Philippe : )
Pour Teihotu, Oscar n’avais jamais ete au pouvoir avant le premier Taui. Ceci dit je suis d’accord avec toi, lorsque tu dis qu’il n’y a pas de renouvellement de la classe politique. Ne faudrait-il pas (1) limiter le nombre d’annees a l’AT (8 ans) et (2) avoir un age limite (65 ans), par exemple?
Je pense que le scrutin de jeudi se jouera sur l’humeur de Messieurs Emile, Hiro, et leur amicale des îles. Eux seuls sauront faire pencher la balance dans le camp orange ou participé au chavirage de la barque UPLD.
Au fil des jours qui passent, l’UPLD perd de son existence, les marins quittent le navire, le capitaine continue de le gouverner sans pour autant retenir son équipage. Il les laisse partir, et c’est en le regardant tracer leur chemin, qu’il s’interroge et perd courage…
En tous les cas, l’élection de jeudi sera symbolique, elle marquera soit le début d’une nouvelle alternance, soit la fin d’une belle époque…Tout reste désormais à construire et à rattraper les deux années d’exercice économique, aujourd’hui proche du KO…
Selon Géros, la majorité actuelle est de granite. Ce rassemblement hétéroclite de partis politiques connait de fortes intempéries et le granite commence à se fendre sérieusement.Il ne devrait pas tarder à devenir un simple tas de sable.La faute à l’incompétence!
Face à cette perte probable du pouvoir, nous devrons être particulièrement vigilants suite aux menaces non dissimulées faites par un membre de l’UPLD en cas de changement de majorité et de gouvernement dans les jours à venir. Les démocrates ne sont pas ceux qui ont inscrit "démocratie" dans l’appelation de leur rassemblement politique.Ils n’accepteront pas l’alternance sans réagir de manière illégale en essayant de paralyser le pays. Ne doutons pas que l’Etat, responsable du maintien l’ordre, saura se montrer impartial.
On espère que l’élection de demain ne nuira pas à l’odre publique, par peur, que la démocratie s’attrophie de ses valeurs. Les Taui devront comme la précédente majorité, accepter les aléas de la démocratie.
Leur chance, ils l’ont eu pendant deux ans, et c’est sur un regain d’enthousiasme que notre colère chante le changement. Trop de gaspillage et d’inefficience politique, ternissent l’image de ce changement, qui reste aujourd’hui qu’un vulguère slogan politique, très loin de la réalité.
On espère que l’Etat sera sur ses gardes, et prêt à retenir la cdolère de certains êtres irrespectueux de la démocratie. Partant du simple blocage institutionel, à la manif générale, il faut tenter de protéger la démocratie, et les valeurs qu’elle colporte.
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