Un programme riche, un personnage charismatique, un accueil de taille. La visite du ministre de l’outre mer était très attendue, autant pour la majorité que pour l’opposition. Ils tenteront chacun de faire peser leur discours, pour tenter de convaincre ce proche de Chirac, connu pour sa rigueur d’esprit, et son pragmatisme, du bien fondée de leur idées.

  • Un accord de Tahiti Nui

Le président n’a pas manqué la venue de la République, pour lui soumettre les accords de Tahiti Nui, en comparaison aux accords de Nouméa, mettant en place un processus d’accession à l’indépendance d’ici vingt ans. Le ministre François Barroin l’a accepté poliment, dans un souci d’impartialité de l’Etat. Ces accords sont en réalité la profession de foi du président, qui comme à son habitude, le fait sans concertation du peuple. Rien de nouveau de ce côté-là me direz-vous. La nouveauté, c’est que ce dossier sera remis aux mains du président de la République, en qualité de plaidoyer en faveur d’une indépendance immédiate, au regard même d’une logique de dépense française, qui se fait l’avocat de la prophétie Tauiste.

  • Un souci de rationalité

Néanmoins, dénigrer sans fondements les cadres dirigeants de ce gouvernement insulterait la morale. On peut leur reconnaître, et particulièrement à Jacqui Drollet d’être instruit d’une éthique altruiste. Il nous fait part notamment des difficultés financières, et de la nécessité d’arrêter de vider les réserves de Bercy. Comme le ministre Baroin l’a rappelé, la Polynésie française, est la collectivité la plus aidée financièrement. Des propos qui risquent d’accentuer la colère du français de base, qui ne comprend pas pourquoi un mois de son salaire annuel part en outre-mer. L’urgence est donc de rigueur, et c’est aujourd’hui, qu’il faut commencer à éduquer notre logique de dépense hasardeuse, qui à long terme, risque de nous mener à notre propre échec.

  • Une prise de conscience collective

L’heure est à la prise de conscience collective, celle d’encadrer une jeunesse exilée de la réalité, et qui est noyée sous un rêve polynésien. Vulgaire fantasme pour touristes fortunés, le rêve polynésien croule sous la bonne veille réalité, d’un endettement excessif des ménages, et d’un enfouissement progressif de notre développement dans la sphère de l’aide à outrance. « Plus on aide un pays, plus il s’endette », me disait-on récemment. Rien n’est plus vrai que cela, et c’est aujourd’hui le cas pathologique d’une Polynésie qui n’a de française, que ses comptes, et sa nationalité. L’esprit polynésien doit s’instruire de la conjoncture actuelle peu reluisante, et tenter d’adopter une stratégie de croissance axée sur un développement des ressources propres, et sur un abandon de l’idéologie socialiste.

  • Epilogue

Si la visite du ministre de l’outre mer, reste une bataille politique, sur la capacité de chacun à convaincre et à convoiter l’esprit du bon Baroin, c’est toute la Polynésie qui perd, au détriment même d’un concours collégial qui devrait endiguer ce jeu de dupe politicien, et faire prévaloir la maturité de notre territoire et de ses populations, dans un souci de paternité envers les générations futures. C’est aussi cela notre logique de conscience…