Une logique de conscience

Par Noindep • 2 April 2006

Un programme riche, un personnage charismatique, un accueil de taille. La visite du ministre de l’outre mer était très attendue, autant pour la majorité que pour l’opposition. Ils tenteront chacun de faire peser leur discours, pour tenter de convaincre ce proche de Chirac, connu pour sa rigueur d’esprit, et son pragmatisme, du bien fondée de leur idées.

  • Un accord de Tahiti Nui

Le président n’a pas manqué la venue de la République, pour lui soumettre les accords de Tahiti Nui, en comparaison aux accords de Nouméa, mettant en place un processus d’accession à l’indépendance d’ici vingt ans. Le ministre François Barroin l’a accepté poliment, dans un souci d’impartialité de l’Etat. Ces accords sont en réalité la profession de foi du président, qui comme à son habitude, le fait sans concertation du peuple. Rien de nouveau de ce côté-là me direz-vous. La nouveauté, c’est que ce dossier sera remis aux mains du président de la République, en qualité de plaidoyer en faveur d’une indépendance immédiate, au regard même d’une logique de dépense française, qui se fait l’avocat de la prophétie Tauiste.

  • Un souci de rationalité

Néanmoins, dénigrer sans fondements les cadres dirigeants de ce gouvernement insulterait la morale. On peut leur reconnaître, et particulièrement à Jacqui Drollet d’être instruit d’une éthique altruiste. Il nous fait part notamment des difficultés financières, et de la nécessité d’arrêter de vider les réserves de Bercy. Comme le ministre Baroin l’a rappelé, la Polynésie française, est la collectivité la plus aidée financièrement. Des propos qui risquent d’accentuer la colère du français de base, qui ne comprend pas pourquoi un mois de son salaire annuel part en outre-mer. L’urgence est donc de rigueur, et c’est aujourd’hui, qu’il faut commencer à éduquer notre logique de dépense hasardeuse, qui à long terme, risque de nous mener à notre propre échec.

  • Une prise de conscience collective

L’heure est à la prise de conscience collective, celle d’encadrer une jeunesse exilée de la réalité, et qui est noyée sous un rêve polynésien. Vulgaire fantasme pour touristes fortunés, le rêve polynésien croule sous la bonne veille réalité, d’un endettement excessif des ménages, et d’un enfouissement progressif de notre développement dans la sphère de l’aide à outrance. « Plus on aide un pays, plus il s’endette », me disait-on récemment. Rien n’est plus vrai que cela, et c’est aujourd’hui le cas pathologique d’une Polynésie qui n’a de française, que ses comptes, et sa nationalité. L’esprit polynésien doit s’instruire de la conjoncture actuelle peu reluisante, et tenter d’adopter une stratégie de croissance axée sur un développement des ressources propres, et sur un abandon de l’idéologie socialiste.

  • Epilogue

Si la visite du ministre de l’outre mer, reste une bataille politique, sur la capacité de chacun à convaincre et à convoiter l’esprit du bon Baroin, c’est toute la Polynésie qui perd, au détriment même d’un concours collégial qui devrait endiguer ce jeu de dupe politicien, et faire prévaloir la maturité de notre territoire et de ses populations, dans un souci de paternité envers les générations futures. C’est aussi cela notre logique de conscience…

Commentaires

Par coucou! le 2 April 2006 at 19:59

Monsieur BAROIN est un homme politique brilliant. Jeune maire, député, ministre. Il a et occupe aujourdh’ui certaines de ses fonctions.D’ailleurs, il mérite mieux que la fonction de ministre de l’outre-Mer. Il peut faire bien plus pour l’ETAT. Il est modéré , juste et travailleur tout en étant pragmatique et ouvert. Ces qualités sont tellement rares de nos jours. Bref, je le verrais bien président de la république dans 10 ans;

Par Noindep le 2 April 2006 at 20:08

Oui en effet, avec un DESS en défense, et un autre en Science de l’information, supplée à son diplôme d’école de commerce, il est en effet très qualifiée. Mais loin de l’effet d’autorité qu’il peut colporter, il s’agit d’un homme qui aux dires de Jacqui Drollet, qui possède "un sens de la réparti". En effet, il est très compétent, et très pédagogue. C’est un bon serviteur de la République.

Par Noninui le 2 April 2006 at 20:23

Il est peut être osé de dire que Baroin a "accepté" les "accords de Tahiti Nui". On peut simplement dire qu’il a accepté de recevoir le document intitulé comme tel.

Mais comme une partie de l’intitulé l’indique, il doit s’agir d’un "accord" et pour signer un accord il faut être au moins 2…

Baroin ayant rajouté une condition supplémentaire depuis son voyage aux Marquises, à savoir la nécessité d’un "CONSENSUS" sur les projets, et en rappelant que les accords de Nouméa ayant été eux aussi signés sur la base d’un consensus, Monsieur Temaru a fort à craindre que son document ne soit qu’un "chiffon de papier" plus sûrement que le statut de la Polynésie française qu’il a traité comme tel récemment…

Par Noindep le 2 April 2006 at 20:33

Mr Noninui, je te prie de relire mes lignes, et si tu ne comprends toujours pas je le fais pour toi.

Lorsque je dis :
"Le président n’a pas manqué la venue de la République, pour lui soumettre les accords de Tahiti Nui, en comparaison aux accords de Nouméa, mettant en place un processus d’accession à l’indépendance d’ici vingt ans. Le ministre François Barroin l’a accepté poliment, dans un souci d’impartialité de l’Etat"
Déjà, primo, le président lui a soumis les accords dits de Tahiti Nui, et ne l’a guère demander de les signé. Ensuite, le ministre a accepté ses accords poliment. C’est a dire qu’il les a bien pris en compte les volonters du président, et ne les a pas signé. Comme tu le dis, on accepte pas des accords, on les signe ! Où tu as vu que je parle de signature. Si tu apprends à lire, tu verras que je dis en gros : Qu’il a accepté les accords que le président lui a soumis. Il faut comprendre "Remis les accords". Et si tu lis tout mon paragraphe tu verras, que c’est pour les remettre au Président de la République. Maintenant, si l’inférence n’est pas ta tasse de thé, je te suggère de t’y mettre.

Par Noninui le 2 April 2006 at 20:43

Merci, Noindep, de cette précision, mais ce n’est pas la peine de t’exciter comme celà, surtout que je suis d’accord avec le fond de ta réflexion…

Mais je parle ( et comprend) le français comme toi, je suppose, et "accepter" veut dire "accepter" et "remis" veut dire "remis".

Accepter qu’Oscar le lui remette ( les accords) ne veut pas dire "accepter" son contenu, n’est-ce pas ? Or, on pourrait penser que c’est là ton affirmation… Employons le bon mot et tout malentendu sera levé. A bon entendeur, salut !

Mais l’important dans ma petite réflexion est le terme "accord". Il faut donc être 2, n’est-ce pas ? Oscar ne peut l’imposer à l’Etat comme aux autres partis politiques. Autant dire qu’il est mal barré…C’est tout ce que je voulais dire.

Par Noindep le 2 April 2006 at 22:37

En effet Noninui, tu m’excuseras de cette hausse de ton. Je comprend le fond de ton propos, le mien est en effet ambigüe. Je salue donc ton attention face à mes propos.

OUi bien sur, le président Oscar, risque de voir son beaux projets partir aux oubliettes, au dessous d’une pile de dossier que le président Chirac met de côté, noté : Affaire en attente.
Il faut être deux pour des accords, mais c’est le projet qui se nomme tel qu’il est : accords de Tahiti Nui. C’est le nom du contrat, et rien de plus.

Mais à voir le contenu, je suis certain qu’il n’y aura pas de suite, le chef du Tavini a fait son boulot, comme tout politicien il soumet ses idées. Vont-ils être pris en compte ? On l’ignore. Toute l’incertitude naît ici…

Par Noninui le 3 April 2006 at 0:12

Je suis, en effet, curieux de voir cette semaine si le contenu de ce "projet unilatéral d’accord de Tahiti Nui" va être dévoilé cette semaine à nous, citoyens. Peut-être que les Nouvelles, avec leurs entrées à la Communication d’Oscar vont réussir ce "tour de force" de nous le divulguer. Attendons donc la "fuite" et la "suite"…

J’ai entendu, ce soir, François BAROIN s’exprimer à la télé. J’ai retenu notamment une chose : les transferts publics métropolitains ont augmenté depuis 2000 de 5 % par an en moyenne. Ce taux est, en effet, impressionnant. Si notre gouvernement pouvait accroitre nos ressources propres de 5 % par an, ce serait formidable !

On voit donc que la solidarité de la France dans un système d’autonomie est particulièrement généreuse. Il faudrait que certains ouvrent les yeux. Mais, comme on dit, il n’y a pas pire aveugle que celui qui ne veut pas voir et pire sourd que celui qui ne veut pas entendre.

Il est temps, en effet, que ce gouvernement nous fasse part d’une vraie stratégie de développement et priorise les dépenses en fonction de cette stratégie. Pour l’instant, je ne vois pas l’esquisse de début d’une stratégie cohérente.

Comme tu le dis, Noindep, adopter une stratégie de croissance basée sur nos ressources propres est la priorité des priorités pour améliorer la vie quotidienne des polynésiens. Si nos gouvernants n’ont pas d’idée novatrices, pourquoi ne contribuerions-nous pas à leur en donner ?

A ce titre, j’ai bien aimé le billet de Pépé TAMA sur "l’Or Gris" : il y a effectivement là une piste de développement "soft" à approfondir.

Une proposition : ce blog a formulé depuis son existence de nombreuses idées pour l’élaboration d’une bonne stratégie de développement. Pourquoi ne pas regrouper ces idées dans une rubrique spécifique ?

Par Noindep le 3 April 2006 at 0:59

Tout a fait, j’admire une nouvelle fois, la transparence de ce gouvernement, qui emploi un service entier de communication qui nous coûte une fortune, et qui malgré la maîtrise d’un organisme de presse (le groupe Hersant en l’occurence), et d’une télévision (TNTV), n’arrive toujours pas à transfert l’information aux citoyens. Eux qui ont voulu prôner la transparence, je dis c’est scandaleux !

Dans un autre sens, le ministre de l’outre mer a brandie la carte de la transparence, rappeler clairement aux polynésiens que leur caprices coûtent chèr, et malgré de constant "sacrifice", la France élargie de plus en plus son aide. Face à elle, un gouvernement qui tente de saigner à blanc l’Etat pour financer ses projets, (moins que la précédente majorité), mais également avec moins de réalisations, et presque pas dira t-on. Donc le choix se situe entre des réalisations et des infrastructures honereuses, mais une croissance, ou un statut quo ajouté à un maintien des coûts.

Le ministre de l’éducation, Mr Raapoto, en a fait la douloureuse expérience, et c’est rendu compte, que contrairement à ce qu’ils pensent, la France n’est pas un tirroir caisse, et si chacun veut avancer, ben qu’il apprenne à grandir, tout seul ! Il faudra bien un jour, que le Bébé polynésien se lève sur ses deux jambes (Comme Mao le disait), et se mette debout, et réalise le "grand bond en avant".

Malgré un éloge perpétuel envers la précédente majorité, il n’en reste que d’avoir demander des fonds d’etats à répitition, par voie du président de la république, s’est avéré plus risqué que la méthode orthodoxe. Car aujourd’hui, les robinets s’usent, et avec des comptes dans le rouge, et un communiste à la tête de la comission des dépenses à l’assemblée nationale, le paradis fiscal polynésie française ne sera guère épargné, tout comme son amie des calédonies, avec la différence près de ne pas avoir sous ses pieds, quelques millions de tonnes de nickel en réserve.

Avant de vouloir plagier le développement de la Nouvelle Calédonie, qui est une erreur (aucun modèle de développement existe, c’est un miracle nous dit Peyrefitte), le président Oscar devrait relire sa profession de foi et se rendre compte, que l’indépendance n’est pas un cadre institutionel favorable à notre développement (lire Fogel et North). Car même si la voie du développement est un miracle, celle de la pauvreté et de la précarité sont indiqués à tout les carrefours de l’incertitude.

Il faudrait donc, que le gouvernement ne cesse de polémiquer sur la précense française, car à force de vouloir qu’elle s’en aille, elle le fera, et c’est sans rien qu’elle prendra la fuite, comme quelqu’un qui ne doit rien, et qui comme tout pays colonisateurs, lorsqu’il se rend compte qu’il ne gagne pas sur le jeu de l’échange, part ailleurs, sur des terres plus fertiles, et plus solvable, avec le souci majeur de nos pays à économie de marché, l’accroissement du profit et rien d’autres…

A méditer…

 

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