C’est sur le pas de la porte du bureau ovale polynésien que Hiro Tefaarere annonce qu’il prend sa retraite ministérielle. Six mois après son investiture, on ne retient aucune action de terrain, seule la plate forme rhétorique s’impose dans son bilan. Premier à imposer le ton, et à réciter les slogans de campagnes, il a tenté de véhiculer une humilité de bon ton face à l’euphorie délirante qui venait de bercer les nouveaux serviteurs de l’autonomie éblouis par le gain électoral. Trop de rêves et de promesses sans suite, vont refroidir l’enthousiasme de l’amicale indépendantiste, et faire perdre à ce gouvernement sa crédibilité naissante.

Face à une inquisition envers la République française, de surcroît à l’autonomie, le talent rhétorique de certains court à vive allure vers l’échec statutaire. Ce gouvernement bâtit sur une course aux rêves, repose sur des bases fragiles et une cohésion gouvernementale en congé depuis deux ans. La victoire de 2004, n’est plus qu’un vieux fantasme permis par un concours de circonstances vicieux. La société polynésienne a voulu s’émanciper, et goûter à des plaisirs moins faciles, et démultiplier son ego. On n’apprécie pas le miel sans le vinaigre.

Complètement dégoûté par cette amertume du changement, le peuple part à la reconquête de son confort d’antan, axé sur une aisance économique beaucoup plus généreuse, et sur une révolution silencieuse. Trop d’excès de mauvais jeu de mots ternissent l’image d’un pays envahi par le calme et la nature généreuse, tourmentant à l’extrême la statistique touristique, et le climat de confiance. Cette tempête de circonstance remue les océans politiques, et échauffe la marmite populaire, et c’est après la pluie que vient l’orage.

Slogan majeur de la campagne de 2004, la parole libérée s’est répandue à toutes les sphères. L’usage pléthorique de propos tiers mondistes de la part du président détériore le solde des échanges Paris/Papeete. Indépendantiste de raison, le président ne cesse d’embarquer la République française dans une polémique meurtrière, celle d’une France qui a pillé la Polynésie, ” – Ce pays – qui est devenu français par le sang” dixit le président Temaru. La carte de la provocation a été troquée, et c’est celle de l’insulte qui est brandie pour convoiter la foi socialiste des indépendantistes de cœur, et détruire la parole (républicaine) des autonomistes de raison.