A l’heure actuelle le montant des pensions et retraites d’origine extérieure versées en Polynésie est de l’ordre de 20 milliards de Cfp, soit l’équivalent de nos exportations annuelles en perle. Aussi les retraités constituent déjà une source de richesse importante pour la Polynésie.

Oscar Temaru l’a dit lui-même dans l’un de ses discours : « les retraités sont des touristes permanents ». En effet ces derniers peuvent être considérés comme étant des touristes de longue durée. Des lors pourquoi ne pas effectuer des campagnes de promotion, à l’instar de ce qui est actuellement effectué dans le tourisme habituel, pour augmenter le nombre de touristes permanents ? Je n’y vois aucun inconvénient.

1/ Les retraités : un moteur de la consommation.

Les retraités consomment. Dans leurs habitudes de consommation ils favorisent principalement l’économie locale. En effet les retraités sont des « touristes permanents » : ils consomment les produits touristiques habituels. De plus ils sont d’importants consommateurs de services en tous genres : qu’ils soient du domaine de la santé, celui des services de proximités, des services financiers ou autres. Cela participe directement à l’économie locale car ces « objets de consommation » (les services) sont peu soumis à la concurrence extérieure. Personne n’ira en effet au Vanuatu pour une coupe de cheveux. Ils favorisent ainsi le dynamisme de la conjoncture économique.

2/ Les retraités une source de croissance.

Il parait pertinent d’attirer les retraités métropolitains ou d’autres nationalités pour favoriser la croissance.

  • Par la création d’emplois tout d’abord.

En effet, attirer ce segment de clientèle favoriserait le développement de nouvelles activités créatrices d’emplois tels que des résidences, hôtels ou pensions spécialisés dans l’accueil des retraités ; le développement de nouveaux types de services pour cette clientèle longue durée peu engendré la multiplication des prestataires de services.

Il faut de plus souligner qu’il n’est pas nécessaire de créer de nouveaux emplois pour ces retraités. Combien même cela serait le cas, cela ne réduirait en rien le nombre d’emplois disponibles pour les polynésiens. L’économie ne contient pas en effet un nombre fixe de cases emplois ou l’on rangerait les travailleurs (Voir début du billet : à propos du projet de loi sur l’emploi local).

  • Par le « transfert de savoirs » et des savoirs faires ensuite

On pourrait en effet imaginer que nombre de retraités puissent , par l’intermédiaire de fonctions de consultants, de professeurs, d’enseignants, de conférenciers à temps partiels ou autres, favoriser le transfert des savoirs, des expériences, et des savoirs faire que ce soit dans le domaine de l’entreprise, de l’administration ou encore celui de l’éducation. Cela participerait de la croissance polynésienne si l’on se situe dans le cadre des théories de la croissance endogène de Romer et Lucas. L’existence en Polynésie d’un tissu économique, social et éducatif développé et structuré permettra de tirer le meilleur profit de ce transfert des savoirs.

3/ Le moment ou jamais.

Le moment est idéal pour développer ce secteur d’activité. Il y’a en effet une conjonction de facteurs favorables :

  • L’arrivée à la retraite des enfants du Baby Boom dans la plupart des pays développés à économie de marché.
  • L’existence de l’indexation des retraites. Car même si celle-ci ne peut perdurer dans la durée avec le développement de cette activité ; elle constitue un coup de pouce favorable pour initialiser ce projet.

4/ Une activité ou nous possédons des avantages sur nos concurrents potentiels.

La principale richesse de la Polynésie, son principal avantage, est son paysage, son climat et l’idéal paradisiaque qui s’y rapporte. D’autres pays du pacifique sud possèdent ce même avantage, qu’ils peuvent vendre à un prix moindre. Néanmoins dans l’optique du développement de ce secteur des « touristes retraités permanents » tahiti et ses iles jouissent d’un avantage déterminant : leur appartenance à la république française. En effet cela lui permet d’avoir dès aujourd’hui des atouts institutionels tels qu’une bonne sécurité mais surtout un système de santé développé. C’est dans l’absolu un véritable avantage lorsque l’on désire attirer la clientèle retraitée.

5/ Qu’attendons nous ?

En Théorie : le développement de ce secteur d’activité semble donc être largement favorable à la Polynésie de demain. Aussi qu’attendons nous pour la mise en pratique afin de confirmer cela ?

La réflexion sur ce type de projets et leur mise en pratique ne pourra qu’être bénéfique. On rejoint ici les perspectives de la société ouverte de Karl Popper et par la même; la nécessité d’une ile. (Voir Billet : De l’impossibilité d’une ile).