Le dilemme présidentiel
La situation politique polynésienne : ” c’est toujours le même bras de fer ” nous disent les étudiants, où ” chacun campe sur ses idéologies ” dixit Semir Al Wardi. L’émission A Parau Mai, de RFO du mercredi 1 mars a tenté de dresser un bilan objectif de la première année de gouvernance Taui.
- Inquiétude
Le sondage Louis Harris témoigne de la faiblesse du gouvernement à fidéliser une population à son programme. Une même entité prise en otage à statuer sur le faux débat autonomie/indépendance. En majorité les polynésiens sont inquiets de la situation économique du pays, les chiffres mal analysés des rapports alimentent le pessimisme et donnent naissance à une bulle d’anticipations rationnelles négatives déteignant les prévisions du retour à la croissance. L’augmentation exponentielle du coût de la vie provoque une déflagration du consensus social.
Ces deux inquiétudes purement économiques sont relayées par cette mauvaise volonté du gouvernement à bâtir un ethos de confiance, et la promesse d’une croissance sociale trop souvent oubliée. Cependant le président ne cesse de faire la promotion d’un idéaltype qui l’obsède. Cette obsession de l’indépendance force le président à procéder à une instruction inquisitoriale face à l’autonomie, à G. Flosse particulièrement, et de surcroît à la République française. Sa paternité indépendantiste, rend ses discours éclaté par la contrainte idéologique d’une part, et la contrainte institutionnelle du rôle qu’il lui impute. L’analyse de son chef de parti à l’assemblée va dans ce sens.
- Une exigence de gouvernance
De ce faite, sa capacité à gouverner est détrôner par son héritage idéologique qui le tiraille de tout côté, et qui rend son pouvoir décisionnel imprécis. Trop de projet pharaonique (SMIG à 150 000 Frs), trop de rêves majorés par une réalité peu reluisante (Baisse du coût de la vie et 2.3% d’inflation). Son rôle est ainsi glorifié par son électorat, il y voit la finalité d’un combat, le résultat d’une lutte, l’avènement du changement. Malheureusement le rêve n’a pas encore supplanté la réalité, le Grand bond en avant n’a guère commencé, le changement social est mis en attente, les impatients seront froids avec le pouvoir aux prochaines rencontres électorales.
Devant l’impossibilité de mener a terme son combat politique, et de combattre l’irréalisable take-off économique, le président se retrouve subordonné par son vice-président, qui à sa grande chance, grade sur la hiérarchie décisionnelle sans bénéfice de la sanction de l’observatoire populaire. Son bénéfice est double, sa liberté d’action n’est nullement majorée, son ego politique se démultiplie. Il use et abuse de sa fonction, le peuple le juge et le sanctionne, il est voué à être le mauvais élève de la statistique électorale.
Ces camarades de promo de mai 2004 continuent à reléguer le processus du changement. Le parti des verts se fait le nouvel avocat de la démocratie, aux principes certes louables mais peu pertinents. La ministre de l’Artisanat réaffirme son appartenance au berceau français, conscient de la qualité excellente du lait de la mère nourricière Marianne. Le président du groupe de l’UPLD récite l’éternel refrain des inégalités sociales et des classes d’en haut et d’en bas, ma parole on se croirait en pleine internationale socialistes !
- Un débat plat
Ce scénario de démocratie préjudiciable, rend l’opposition amère, louant à l’indépendance et à ses profanes un discours obèse en chiffres, et maigre en réflexion. Des attaques toujours aussi polémique, que chaotique intellectuellement. L’opposition a été faible. Et l’imperpétuel débat idéologique refait surface, et alimente le quotidien de presse, l’éternel boucle politique du retour en avant. On ramène le débat à un dilemme entre deux principes de gouvernance, deux principes de pensée, pour ainsi dire à deux hommes. Rien n’avance !
Heureusement que le centre radical, JC Bouissou, les amis Schyle et Bouteau, apaisent le climat, dénoncent l’intentionnalité sans rationalité, la volonté sans la réalité, la conformité sans le progrès du pouvoir central territorial. Le paysage polynésien se diagonalise, la bipolarisation s’efface, la politique polynésienne doit débattre de l’avenir et cessé de féconder de manière polémique un passé déjà écris et compris.
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Commentaires
salut a tous,
Selon vous le débat etait il réellement objectif?
ILs ont passé leur temps a ce balancer des skeuds, personne n’a vraiment tenté de construire une argumentation convaincante, si peu etre ANDERSON.
Cette classe politique est vraiment old school.
MERCI.
entierement d’accord avec teva. C’est du OLDSCHOOL sans idées.
On s’en est tous rendu compte, ce débat a été plat, chacun avait l’air d’être en campagne, à convaincre l’audience de rallier leur causes respectives. C’était déplorable, ce débat n’a fécondé aucunes avancées, aucunes nouvelles pistes de réflexion. On reste à l’imperpétuel rapport de force entre deux hommes, celui de Oscar et de Gaston.
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