Jacqui Drollet a donner son feu vert pour l’implantation des deux nouvelles surfaces. Il redonnera son feu vert mercredi en conseil des ministres, lui même qui l’an dernier s’était formellement opposé à la naissance d’un tel projet. La girouette de la présidence a encore changé de sens…

Encarta dit : « Concurrence : expression désignant un idéal théorique développé par les économistes néoclassiques, décrit une situation dans laquelle l’offre et la demande sur les marchés concorderaient à la perfection. Cet état est rarement atteint dans la vie économique. » .

Vous l’aurez compris la concurrence est pour résumé, un idéal type nous dirait Max Weber. Poussé à ses limites, c’est un modèle qui naît, celui de la Concurrence Pure et Parfaite. Un outil indispensable pour l’économie et l’analyse des marchés. La Polynésie ne sera pas l’exception mais suivra la règle. Mais revenons au cadre pratique.

  • Faisons de la Polynésie un parfait marché concurrentiel

Voici une perle de l’année 2006, une rêverie que le président de la commission des implantations des grandes surfaces tente de concrétiser. Ce même homme est comme par hasard, notre ministre de l’économie. Il va chargé l’arme, et fusiller la volaille. Cette commission vient de donner son feu vert pour l’implantation de deux moyennes surfaces de 3000m² chacune, soit deux fois moins que chaque projet annoncé. Ne sachant pas ce qu’est la concurrence, notre cher vice président aux fonctions croissantes de manière exponentielle, a décidé de couper la poire en deux. Chaque projet verra le jour, mais avec la moitié de la surface annoncée. Donc Mr Carrefour et Mr Casino, revoyez vos chiffres !

Est-il conscient des enjeux d’une telle décision ? A vrai dire pas vraiment. Dans les rapports de dossier, Jacqui Drollet n’est captivé que par un paragraphe, en dehors même du rôle qu’il s’impute : « ces deux projets vont permettre de créer 200 emplois chacun, ajouté aux 200 employés nécessaires pour la réalisation des structures. ». L’ajout de deux nouvelles surfaces ne va faire que pousser le commerce de proximité dans le fossé creusé par la grande surface. Le point de vue est vicieux certes, mais témoigne d’une nécessité de transiter vers une économie moderne de marché. Le commerce de proximité semble conserver le monopole urbain, le consommateur est libre de choisir.

  • Une concurrence faussée

A vrai dire, la concurrence est faussée, il y aura un nombre supérieur de distributeurs alimentaires, mais le nombre de vendeur sera toujours le même. Ce n’est pas comme si un nouveau groupe s’implante sur le marché. Le troisième Carrefour est le dernier délire commercial du Groupe Wan. Thierry Barbion et son Géant Casino s’attaque à un marché monopolistique, avec 10 000 m² de surface sur les 14 000 m² que compte l’ensemble des grandes surfaces, le Groupe Wan contrôle le marché et à un pouvoir de négociation énorme sur les fournisseurs. Son nouveau projet pousserait à 16 000 m² sa nouvelle marge de manœuvre, où avez-vous vu de la concurrence ?

Seulement, nous vivons dans une économie encore administrée par le gouvernement, non loin des idées fascistes et totalitaires des économies planifiées de l’avant 89. Accusant l’ex gouvernement de clientélisme fait rire mon quotient intellectuel. Faire présidé la commission par le ministre de l’économie, par un politicien à la culture économique défaillante est une lourde erreur. Car le groupe Wan, ce n’est pas que trois grandes surfaces, c’est une chaîne d’hôtel, un groupe d’investissement, un ténor de l’économie territoriale. Si le ténor est mis de côté, c’est l’opéra qui s’effondre. Et Thierry Barbion, ce n’est que l’un des majors de l’immobilier du territoire, le maître d’œuvre du Radisson, de l’immeuble de verre du front de mer, et des nouveaux bureaux du trésor public. Cherchez l’erreur.

  • Epilogue : Devant l’impossibilité de partager le marché de manière économiquement raisonnée, Jacqui Drollet a préféré assurer ses arrières, et compter dans sa clientèle politique, deux leaders du secteur. L’accord d’aujourd’hui est pour lui un investissement de long terme. Défendu en premier ordre comme l’objectif principal, l’ouverture graduelle à la concurrence, n’a servi en réalité que les intérêts encore une fois personnels de notre cher vice-président, par l’abus d’un clientélisme marchand, aux condamnations les plus immorales, sous couvert d’un principe économique qu’il emploi sans en saisir le sens. Une concurrence clientéliste !