Comme toujours, le cosmos politique polynésien est riche d’enseignement, trop souvent emporté par des a priori. Un protagoniste célèbre du milieu monte les marches du nouveau festival de la polémique, Emile Vernaudon, Mimile pour les intimes, refait surface dans l’océan politique, son congrès de samedi a fait salle comble. Ce n’est pas la girouette qui a tourné de sens, c’est le vent qui cette fois-ci changé de sens…

Emile n’est pas mort. Gracieusement écarté de la vie publique par Gaston Flosse, le shérif de Mahina s’est refait une nouvelle santé au sein de l’UPLD, et signe sa renaissance politique. Pointé du doigt comme la honte des autonomistes voilà deux ans, Emile Vernaudon malgré le verdict populaire vertigineux de 2004, a continué de vanter les valeurs de la République face ses concubins Tauistes, et a accueillit à bras ouvert l’ère du changement. Deux ans plus tard, le résultat est sans précédent.

Il ne faut surtout pas y avoir une crise de l’autonomie, mais une crise de sa représentation. Scindé le politique en deux blocs est une grave erreur. Gaston Flosse n’est pas le père de l’autonomie, il est le continuateur des travaux de Francis Sanford de 1978. Oscar Temaru n’est pas le père de l’indépendance, Pouvana Oopa l’a inspiré. Le système républicain français a pour force de faire régner la pluridisciplinarité politique, la diversité représentative, et l’équilibre des idées. Le développement des groupes centristes, telle que Rautahi, nous propulse vers cet idéal.

Plus personne ne croyait en le système Flosse, aux vices clientélistes, et aux carences sociales. Mais personne n’a jamais cru en l’indépendance, à l’anarchie politique et à la misère sociale. Mais l’autonomie était une vieille dame rongée par l’âge, le nouveau statut de 2004 était censé lui apporté une cure de jouvence. Un statut voté en toute discrétion, telle la LOLFE en France. Deux mois plus tard, le ciel politique vire au bleu. Un seul gagnant aujourd’hui : Emile Vernaudon qui a su profiter du Taui, pour rebâtir sa clientèle politique autonomiste.

Chose faite grâce à la logistique de l’UPLD, qui l’a promu ministre des télécoms, de la jeunesse et des sports. Son audience politique se rajeunie, ses discours dressent des lignes courtes, il faut à tout prix séduire la jeunesse électorale. Sa fonction permettra de nourrir un dialogue avec cette jeunesse étudiante emportée par la vague Internet. Les baisses tarifaires vont nourrir non seulement cette ascension technologique, mais sera le signal symbolique vers une jeunesse qui attend depuis toujours une réponse du « serveur » politique.

Aujourd’hui, deux ans après sa nomination, l’ouest s’est modernisé, son shérif a su faire régner l’ordre, l’ennemi est intimidé. Avec une logistique politique toujours aussi performante, et Georges Puchon a la tête de son équipe, Emile Vernaudon fait figure d’innovateur et de réformateur collégiale de l’autonomie. Sa participation au sein de l’UPLD n’est qu’un bref transit politique, sur lequel il s’appuie pour s’envoler vers l’indépendance, cette fois-ci politique de ses idées.