Ai-je été peu attentif ? Mais je n’ai pas connaissance d’un plan de lutte contre une éventuelle épidémie en Polynésie française. La Santé étant de compétence du Pays, ne serait-il pas opportun que le Gouvernement communique un peu plus et informe les citoyens que nous sommes tous des dispositions prises dans l’hypothèse où le virus franchit les océans et parvient jusqu’à nous ? Certes, celà est encore une hypothèse d’école, mais on n’est jamais assez prévoyant.

Face à la future épidémie de grippe, désormais plus que probable, le marché semble beaucoup mieux préparé que les gouvernements. Les laboratoires pharmaceutiques mondiaux, surtout français, ont mobilisé les moyens nécessaires pour préparer leurs profits de demain en produisant en masse les rares médicaments déjà efficaces et en tentant de mettre au point les vaccins adaptés à un virus aujourd’hui en devenir. A l’inverse, notre administration de la santé est-elle préparée à faire face ?

Tient-on à la disposition de chaque citoyen les masques qui permettront de circuler pendant l’épidémie ? A-t-on préparé les citoyens à vivre en situation contagieuse ? Organise-t-on en toute transparence la distribution des médicaments, qui pourraient permettre d’attendre la mise au point de vaccins et de médicaments adaptés ? Est-on prêt à distribuer, le moment venu, de façon équitable, efficace et publique, ces vaccins et médicaments ?

Ailleurs dans le monde et en France, les observateurs pensent que si on en reste là, malgré l’efficacité des firmes pharmaceutiques, cette grippe se répandra sur la planète; personne ne voudra plus voyager, aller au travail, sortir de chez soi. La soigner et la prévenir deviendra très difficile. Les victimes se compteront par millions, avec des tonnes de vaccins dans des placards. Et une crise économique majeure s’ensuivra.

Certains pays, comme les Etats-Unis, ont engagé des programmes de masse pour informer leurs citoyens (notamment par le remarquable site officiel Pandemicflu.gov et par d’autres sites, privés, qui le contestent).

Eviter une panique ne peut suffire à justifier cette absence de communication et de prise des premières dispositions pratiques. Il est donc urgent de décréter une mobilisation générale de notre administration de la Santé: en communiquant déjà plus sur les risques de cette grippe aviaire sur les humains que nous sommes et en poussant les citoyens à prendre en charge les choix drastiques qui restent à faire.