Une leçon de responsabilité politique.
A l’occasion de sa médaille d’or lors des derniers sondages sur les personnalités politique préférées des polynésiens, Jean Marius Raapoto a été interviewé. Ce dernier a fait remarquer qu’il était surpris de ce résultat dans la mesure où les effets de sa politique en matière d’éducation ne se feront sentir qu’a long terme ; dans 10 ans.
C’est ainsi une belle leçon de responsabilité politique qu’a donné Jean Marius Raapoto lors de sa dernière interview. Cette remarque permet plusieurs observations encourageantes et devrait servir d’exemple. En effet :
- il affirme ainsi haut et fort que le politique doit d’abord œuvrer pour son pays et penser à l’intérêt général, avant de penser aux prochaines échéances électorales. Ainsi la mise en place de reformes structurelles de long terme ne doit pas être entravée ou compromise par des politiques de court terme répondant à des objectifs électoraux : Même si on ne récolte pas les lauriers de son travail (dans 10 ans il ne sera peut être plus ministre) ce dernier aura au moins été bien fait ! C’est une leçon pour éviter les dérives populistes.
- Il montre aussi un sens des responsabilités quant aux politiques de l’éducation qui sont la base même de toute société voulant créer des individus libre : D’après ses dires elles semblent mise en place de manière rigoureuse avec une cohérence temporelle. Il reste à savoir si ses politiques concernant l’éducation sont les bonnes (concernant le trilinguisme notamment)
Néanmoins la manière dont Jean Marius Raapoto semble aborder le problème est rassurante (D’autant plus qu’elle semble peu fréquente chez nos gouvernants). Sa lucidité quant à la responsabilité de l’homme politique, aux enjeux de ses décisions, justifient sa bonne place dans les sondages.
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Commentaires
Tout à fait d’accord avec toi Pépé TAMA : dans une petite communauté comme la nôtre ( 250.000 habitants et près de 500 milliards de F CFP de PIB quand même : on fait partie des des 30 collectivités les mieux loties de la Planète…), la politique ne s’accomode pas longtemps de démagogie, d’effets de manche, de grandes déclarations, des faucon, yaka… et d’idéologie manichéenne, car nos marges de manoeuvre sont, somme toute, modestes. Car , contre l’idéologie, la réalité a toujours raison.
On le voit bien pour notre modeste budget d’investissement et la difficulté de nos gouvernants à utiliser la DGDE pour l’investissement, c.a.d. pour la préparation de l’avenir. Pour certains le "retour sur terre" est dur.
Et donc, il faut voir loin, être déterminé pour, chaque année, avec constance, poursuivre le but que l’on s’est donné pour dans 10 ans. Celà suppose une vraie vision stratégique et je crois, qu’effectivement, Jean Marius RAAPOTO a cette vision et de la persévérance pour la réaliser.
Il avait une réputation de "philosophe", d’intellectuel, c’est à dire , dans l’esprit de ceux qui le qualifiaient comme tel, le contraire d’un "homme politique efficace et réaliste". Il est resté fidèle à lui-même et ça commence à payer. Tant mieux, car il le mérite.
Je connais un peu sa trajectoire politique : il a été l’un des fondateurs du Ea no maohi Nui qui a succédé au E’a Api de Francis SANFORD ( parti qui, lui-même, avait été vidé de toute substance par Emile VERNAUDON qui avait fondé le Ai’a Api…). Ce nouveau parti, composé de jeunes intellectuels et diplomés et de personnes expérimentées (dont certaines ont d’ailleurs percé dans divers domaines) a eu un succès d’estime, mais n’a pas résisté à des divisions internes.
Ensuite, Jean Marius RAAPOTO a fondé TIREO qui a vu, à un moment donné, le militantisme de Béatrice VERNAUDON, mais là aussi, ce mouvement n’a pas percé, malgré une démarche de réflexion particulièrement exigeante.
Jean Marius, je dirais, "en désespoir de cause" ( car pas reconnu par l’opinion publique) , a rallié l’aile modérée du Tavini et a agi avec dévouement comme adjoint au maire de la Commune de Faaa.
Il est le principal rédacteur du programme politique du Tavini ( que l’on peut télécharger sur le site du tavini huiraatira). Il a eu la lourde tâche de donner forme écrite à une idéologie politique un peu "vague dans son oralité".
Il a consacré beaucoup d’années de militantisme dévoué dans l’ombre du Tavana de Faaa et en se "coltinant" la réalité quotidienne de cette commune : chômage, pauvreté, marginalisation sociale, violences familiales…etc…etc…
Enfin, il est "dans la lumière" à ce poste de Ministre de l’Education et de la recherche et enfin reconnu pour ses vraies qualités qui sont réelles.
En communication, il s’est amélioré : il est moins "abscons" tout en refusant de tomber dans le simplisme.
Personnellement, je crois qu’il est encore promis à un grand avenir, car il n’a pas encore atteint son "seuil d’incompétence", bien au contraire.
Alors, a faaitoito, Jean Marius !
Je ne connais pas l’âge de pépé tama mais il m’a l’air bien sage et responsable en raison de son analyse clairvoyante. c’est, en effet, le meilleur de ce gouvernement Marius Raapoto mais il est isolé; Il faut un tout pour construire efficacement ce pays. Il n’est malheureusement pas dans la bonne équipe mais il sauvera notre éducation c’est toujours bon à prendre!!!! lui au moins ne fait pas honte en métropole avec ses dossiers bien étudiés.
Bonjour, je suis d’accord avec l’analyse de pépé tama. Par contre, ce qui est étonnant, c’est qu’émile soit si bien placé alors qu’il fait tout le contraire. Tahiti, c’est vraiment un pays plein de contradictions.
La Polynésie a souffert d’un manque de vision et de planification dans certains domaines : infrastructures routières, aménagement du territoire, réseau d’assainissement urbain, logement, aménagement urbain, acquisitions foncères nécessaires au développement hotelier et industriel…L’éducation est aussi, bien sûr, un domaine où la programmation est nécessaire. Et Jean Marius RAAPOTO a tout à fait raison d’aller dans ce sens.
Il faut une continuité et une cohérence dans les choix dans tous ces secteurs, car ils mobilisent des ressources budgétaires qui se chiffrent en dizaines de milliards de F CFP. Et ces ressources ne sont mobilisables que sur plusieurs années.
Souvent, nos hommes politiques tombent dans la facilité de ce qui se voit et de ce qui "paye" électoralement. Ils font donc du "courtermisme".
L’archétype de ce type d’homme politique est Emile VERNAUDON. Ce dernier base tout son discours et son action politique sur : "des actions et des résultats tout de suite". Et de tomber sur la facilité :
-vous voyez, moi, je baisse les tarifs du Vini ;
- vous voyez, moi, je baisse les tarifs d’internet ;
- vous voyez, je vous met TNS "cratooouit" partout ( comme je l’ai entendu à la radio lors de son congrès qui n’a pas recueilli, semble-t-il, le succès populaire escompté par son leader).
Je pense, en ce qui me concerne, que l’on pourrait aller plus loin dans les baisses si on arrêtait de faire de l’OPT un outil de reconversion de militants du parti d’Emile à des salaires indécents, si l’on arrêtait le népotisme et le clientélisme dans cette structure, si l’on stabilisait l’évolution des salaires déjà très confortables du personnel ( par rapport à la moyenne générale des salaires), si l’on maitrisait le corporatisme syndical…. Toutes ces "tares" des entreprises publiques qui existent en France et qui se sont "exportées" aussi en Polynésie. Emile VERNAUDON, plutôt que de lutter contre tout celà, amplifie au contraire ces tares. Et en faisant celà, il va contre l’intérêt général. Il faut donc lui dire : çà suffit !
Il n’y a rien de plus facile que de baisser des tarifs qui sont parmi les plus chers du monde. A condition que celà soit programmé et fait en accord avec la Direction générale de l’OPT qui sait à quel rythme il faut aller dans ce processus de baisse programmée des tarifs ( qui n’est d’ailleurs pas propre à la Polynésie). Tous les monopoles des Télécoms du monde ont été obligés d’appliquer cette politique ( à quand d’ailleurs la fin du monopole de l’OPT ?)
Mais en matière de logement, d’éducation, d’aménagement du territoire…. que propose Emile ? L’avons-nous entendu s’exprimer "intelligemment" sur ces questions ? Qu’a fait l’un de ses seconds, le Ministre du Logement TEFAATAU en 2005 ? Ya-t-il eu des réalisations concrètes en matière de logement social? Les objectifs de construction ont-ils été tenus ?
La Polynésie a besoin qu’on pense son avenir à long terme et qu’on le construise ensuite pas à pas. Il faut en finir avec les démagogues aux petits pieds et avec les leaders à courte vue.
L’éducation, est, pour l’économie et la société polynésienne, stratégique.
En effet, vu les caractéristiques de notre économie, vu nos niveaux de salaires, vu nos coûts de production, nous n’avons pas d’autre choix que d’être imaginatifs, innovants, créatifs.
Pour disposer de ces qualités, il nous faut bâtir une "économie du savoir" fondée sur un système d’enseignement performant : écoles, collèges, lycées et Université de très bonne qualité.
Des professeurs performants et des élèves et étudiants motivés devront impérativement nourrir nos entreprises en cadres efficaces, imaginatifs et créatifs.
Toutes ces affirmations sont simples, mais obtenir des résultats conformes aux attentes exprimées est beaucoup plus compliqué.
Aussi, le Ministre de l’Education doit donc jouer un rôle d’aiguillon, car c’est notre système éducatif qui fournira à notre économie et à notre société les chefs d’entreprise et les cadres qui bâtiront cette économie du savoir seule à même d’assurer notre développement durable.
PAPEETE ONLINE A ECRIT :
23-02-06 - Sondages : la voix du peuple ?
(PPTonline) - En gros titres, il y a les chiffres du dernier « grand » sondage politique "Les Nouvelles-Louis Harris" du 20 février (400 personnes interrogées sur plus de 165 000 électeurs…) qui propulse Jean-Marius Rapoto en tête, suivi par Emile Vernaudon…Et derrière, ce que les chiffres ne disent pas ! Fiables, pas fiables, pas assez représentatifs, reflétant tout de même une tendance mais laquelle ? : les commentaires sur ce type de consultation populaire vont bon train sur le Blog Politita.net. Une opportunité pour tous de l’ouvrir, ne serait-ce qu’ en frappant sur le clavier !
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