Les Polynésiens devront comprendre que, pour préserver leur identité, il leur faut s’ouvrir aux autres.

Ce n’est pas en refusant les mutations qu’on résistera à la décadence; ni en restant immobile qu’on conservera notre mode de vie; ni en se fermant au monde qu’on empêchera nos concurrents de prendre toutes les places. C’est au contraire en organisant les mutations qu’on fera profiter le maximum de citoyens des formidables potentialités du progrès et du savoir.

Et, pour cela, considérer le futur comme une promesse et proposer de nouvelles avancées capables de promouvoir l’innovation, la mobilité du travail, la création de petites entreprises, la recherche, la démocratie, une justice sociale compatible avec notre niveau de dévelopement économique et l’encouragement à l’esprit d’entreprise, la gratuité des biens et des services essentiels.

De très nombreuses îles, faisant partie d’un ensemble plus vaste, sont florissantes,telles Porto Rico et Hawaii ou, à un moindre degré, les Baléares. D’autres sont encore hésitantes entre une expansion et un déclin. Parmi elles, la Sardaigne, la Sicile, Chypre, Bali, la Corse…. Et la Polynésie.

Celles qui ont réussi ont toutes obéi aux mêmes règles: une conscience aiguë des menaces qui pesaient sur elles, une capacité à sélectionner leurs avantages spécifiques, géographiques ou climatiques. Un talent pour attirer les élites du reste du monde pour les amener à y investir, à y étudier, à y travailler, à y vivre; une règle de droit rigoureuse; une capacité à devenir un carrefour de rencontres et un lieu d’usage des technologies de la communication.

Celles qui ont échoué ont toutes suivi la même route: le refus des étrangers et le règne de l’arbitraire. Elles ont parfois pu plaider les circonstances atténuantes, en raison d’une localisation géographique ou d’une histoire particulières. Mais, en général, c’est parce qu’elles ont cru pouvoir s’en sortir sans s’ouvrir qu’elles déclinent et disparaissent.

Celles qui hésitent peuvent encore basculer vers le succès, comme semble le faire la Sardaigne, ou devenir, comme Bali, l’enjeu de bien des terrorismes. La Polynésie fait partie de cette catégorie incertaine. Elle pourrait encore connaître un formidable succès. Elle a une situation géographique qui en fait un lieu de passage entre l’Amérique et l’Asie. Elle a un climat qui en fait un paradis touristique durant la quasi-totalité de l’année. Elle a l’infrastructure matérielle, intellectuelle et législative qu’il faut. Il ne lui manque que la volonté de se choisir un projet ambitieux et réaliste, EVACUANT L’ILLUSION INDEPENDANTISTE, qui lui assurerait sa force, et de s’ouvrir aux autres, afin d’attirer les talents nécessaires pour le mettre en œuvre.

Au regard de nos récentes évolutions politiques, le risque est grand de voir la Polynésie devenir un lieu d’affrontement factice; un lieu où personne ne voudra plus passer. A terme, c’est le développement de la Polynésie qui déterminera – je dirai même qui figera – son statut politique et non l’inverse. Et comme le développement passe par l’accueil des différences, les Polynésiens devront comprendre que, pour préserver leur identité, il leur faut s’ouvrir aux autres. Seuls survivent les peuples qui ont compris cette antique leçon.