Différents sujets sont actuellement dans l’air du temps sur nos iles ensablées : Océanisation des cadres, reformes des concours de l’administration, loi de pays; cela en vue de favoriser (dans certains secteurs) l’acces aux emplois pour les résidants de plus de 10 ans sur le territoire. Tous ces sujets se rapportent bien souvent à une thématique globale : la discrimination positive. Et posent la question suivante : Devons nous favoriser l’acces à l’emploi de locaux (ou de residents de plus de 10 -cela revient au meme a long terme- ) par une discrimination positive inscrite dans des textes officiels? Pour ma part je penses que non. Ce projet de loi emprunte les chemins de l’innéficacité,il est le symptome d’un mal etre; la trace noir sur blanc d’une signature : celle du politique contractualisant avec la fatalité…

1/ Cette loi n’améliore pas forcement le chômage local…

Cette loi pour favoriser l’emploi est basée sur une mauvaise conception du marché du travail. L’économie serait constituée d’un nombre de « cases emplois » fixes dans lesquelles on rangerait les travailleurs. Ainsi une « case emploi » prise par une métropolitain serait une « case emploi » de moins pour un polynésien. Ce raisonnement est faux.

En effet comme le montre Cahuc et Zylberberg dans leur livre « le chômage : nécessité ou fatalité », une économie n’est pas constitué d’un nombre prédéfini de case emplois dans lesquelles on range les travailleurs. Il y a en effet concernant l’emploi un « processus de destruction créatrice », c’est-à-dire que chaque jour des emplois disparaissent mais d’autre se créent, c’est ainsi que fonctionne l’économie de marché. Des lors pour relancer l’emploi il s’agit d’agir sur la création d’emploi, de faire en sorte que le bilan destruction/ création soit positif ,plutôt que de vouloir réservé des « cases » pour les polynésien comme ci il existait un nombre prédéfinit d’emplois à répartir.

De plus si il s’agit de faire en sorte qu’avec cette loi les créations d’emplois soient en priorité affectées à des polynésiens, celle-ci se révèlera être contre productive car en finalité moins d’emplois seront crées pour deux raisons :

  • Une telle loi ne peut qu’être néfaste à la création d’emploi, car l’on institue une contrainte à l’employeur. En effet un employeur recrutera uniquement si ce recrutement est bénéfique à son entreprise, pour cela il ne jugera que sur la compétence d’une personne, de sa compatibilité avec le profil de l’emploi. Des lors la décision du recrutement ne peut se jouer sur d’autres critères, au risque de nuire a la décision de recruter de l’employeur, et aux possibilités de développement de l’entreprise. C’est ainsi une contre-politique de l’emploi.
  • Une telle loi est synonyme de protectionnisme sur le marché du travail, c’est-à-dire que dans la logique de cette loi : l’immigration nuirait à l’emploi. Cela n’est pas démontré et dans les faits le contraire parait être réalisé. Pour exemple les pays qui acceptent l’immigration ont de bons taux d’emploi.

Des lors cette loi ne parait pas être la meilleur manière de lutter contre le chômage et pour l’emploi local. Bien au contraire.

2/ De plus elle ne s’attaque pas aux véritables problèmes…

Un tel projet de loi ne s’attaque pas aux véritables problèmes, elle s’attache plus à agir –ou a faire croire qu’elle agit- sur des « effets » plutôt que sur les « causes ».

Les effets étant le chômage et le fait que nombres de polynésiens soient mal armés pour leur entrée sur le marché du travail. Or si l’on agit sur des effets le problème reste entier. Il faut agir sur les causes de cet état de fait.

  • Pourquoi le polynésien serait il « mal armé » pour une entrée sur le marché du travail au niveau des emplois qualifiés ? Les causes ici semblent se rattacher aux problématiques de mobilité sociale, d’éducation et de soutien dans ce domaine vis-à-vis des plus démunis.
  • Pourquoi le chômage de nombres de polynésiens même au niveau du travail peu qualifié ? Les causes ici portent d’avantage sur les couts salariaux avec notamment un haut niveau de SMIG et le déficit de politique incitant les entreprises à embaucher.

Cette loi ne s’attaque en rien à ces « causes » qui sont les véritables problèmes.

3/ Des lors pourquoi cette loi si elle ne résout rien ?

Certains pensent que cette loi est une nécessité car elle tient compte d’une réalité : des tensions et émeutes raciales seraient inévitables si cette loi ne se concrétise pas car l’idée que les popaa volent le travail des maohi, même si elle n’est pas justifiée, est tenace et répandue.

Or cet argument ne peut et ne doit pas motiver la mise en place ou non de lois. En effet si l’on entre dans la logique de la mise en place de lois pour calmer l’esprit, sans même résoudre les véritables problèmes, on ne fait que remettre le couvercle sur la marmite. Ce ne sont que quelques semaines de gagnés. La précarité et le chômage perdurant.

De plus une telle logique est dangereuse car quelle sera la prochaine revendication : « les popaa volent nos terres » ? On risque d’ouvrir, en aprouvant la logique d’une loi pour apaiser les esprits, la boite de pandore. Les conséquences seraient désastreuses.

Gouverner de la sorte, serait donc irresponsable.Ce serait mener des politiques de myope ; a géométrie variables au fil des jours, sans véritables projets pour le progrès : Est-ce cela gouverner ?

Si la mise en place de cette loi s’avère être pour de pures motifs politiciens imprégnés de populisme, celle-ci signe le constat d’un échec, cautionne une soit disant « fatalité» et hypothèque notre avenir a tous.


4/ De la nécessité des principes.

D’où la nécessité, quoi qu’on en dise, des principes. Ils sont en effet les gardes fous d’une démocratie ; ce n’est pas par le plus grand des hasards si le principe de discrimination positive est anticonstitutionnel. Les principes républicains tel que l’égalité des chances, même si ils ne sont pas réalisés dans notre quotidien, doivent guider les choix politiques. Car si l’on n’œuvre pas dans le sens de certains principes, les pires maux et dérives politiques sont à craindre.

Note sur la fermeture du café du commerce:J’espère que ce sujet amènera a de nombreuses réactions. Néanmoins en plus du traditionnel respect etc etc. J’aimerais que les réactions soit constructives, s’appuient sur une pensée claire et précise, qu’elles créent un débat fondé sur des arguments tangibles (c’est-à-dire non basé sur des préjugés et des théories psychologiques à dormir debout.) afin pourquoi pas d’aboutir à une synthèse concernant la pertinence ou non d’une telle loi.