A propos du projet de loi sur l’emploi local.
Différents sujets sont actuellement dans l’air du temps sur nos iles ensablées : Océanisation des cadres, reformes des concours de l’administration, loi de pays; cela en vue de favoriser (dans certains secteurs) l’acces aux emplois pour les résidants de plus de 10 ans sur le territoire. Tous ces sujets se rapportent bien souvent à une thématique globale : la discrimination positive. Et posent la question suivante : Devons nous favoriser l’acces à l’emploi de locaux (ou de residents de plus de 10 -cela revient au meme a long terme- ) par une discrimination positive inscrite dans des textes officiels? Pour ma part je penses que non. Ce projet de loi emprunte les chemins de l’innéficacité,il est le symptome d’un mal etre; la trace noir sur blanc d’une signature : celle du politique contractualisant avec la fatalité…
1/ Cette loi n’améliore pas forcement le chômage local…
Cette loi pour favoriser l’emploi est basée sur une mauvaise conception du marché du travail. L’économie serait constituée d’un nombre de « cases emplois » fixes dans lesquelles on rangerait les travailleurs. Ainsi une « case emploi » prise par une métropolitain serait une « case emploi » de moins pour un polynésien. Ce raisonnement est faux.
En effet comme le montre Cahuc et Zylberberg dans leur livre « le chômage : nécessité ou fatalité », une économie n’est pas constitué d’un nombre prédéfini de case emplois dans lesquelles on range les travailleurs. Il y a en effet concernant l’emploi un « processus de destruction créatrice », c’est-à-dire que chaque jour des emplois disparaissent mais d’autre se créent, c’est ainsi que fonctionne l’économie de marché. Des lors pour relancer l’emploi il s’agit d’agir sur la création d’emploi, de faire en sorte que le bilan destruction/ création soit positif ,plutôt que de vouloir réservé des « cases » pour les polynésien comme ci il existait un nombre prédéfinit d’emplois à répartir.
De plus si il s’agit de faire en sorte qu’avec cette loi les créations d’emplois soient en priorité affectées à des polynésiens, celle-ci se révèlera être contre productive car en finalité moins d’emplois seront crées pour deux raisons :
- Une telle loi ne peut qu’être néfaste à la création d’emploi, car l’on institue une contrainte à l’employeur. En effet un employeur recrutera uniquement si ce recrutement est bénéfique à son entreprise, pour cela il ne jugera que sur la compétence d’une personne, de sa compatibilité avec le profil de l’emploi. Des lors la décision du recrutement ne peut se jouer sur d’autres critères, au risque de nuire a la décision de recruter de l’employeur, et aux possibilités de développement de l’entreprise. C’est ainsi une contre-politique de l’emploi.
- Une telle loi est synonyme de protectionnisme sur le marché du travail, c’est-à-dire que dans la logique de cette loi : l’immigration nuirait à l’emploi. Cela n’est pas démontré et dans les faits le contraire parait être réalisé. Pour exemple les pays qui acceptent l’immigration ont de bons taux d’emploi.
Des lors cette loi ne parait pas être la meilleur manière de lutter contre le chômage et pour l’emploi local. Bien au contraire.
2/ De plus elle ne s’attaque pas aux véritables problèmes…
Un tel projet de loi ne s’attaque pas aux véritables problèmes, elle s’attache plus à agir –ou a faire croire qu’elle agit- sur des « effets » plutôt que sur les « causes ».
Les effets étant le chômage et le fait que nombres de polynésiens soient mal armés pour leur entrée sur le marché du travail. Or si l’on agit sur des effets le problème reste entier. Il faut agir sur les causes de cet état de fait.
- Pourquoi le polynésien serait il « mal armé » pour une entrée sur le marché du travail au niveau des emplois qualifiés ? Les causes ici semblent se rattacher aux problématiques de mobilité sociale, d’éducation et de soutien dans ce domaine vis-à-vis des plus démunis.
- Pourquoi le chômage de nombres de polynésiens même au niveau du travail peu qualifié ? Les causes ici portent d’avantage sur les couts salariaux avec notamment un haut niveau de SMIG et le déficit de politique incitant les entreprises à embaucher.
Cette loi ne s’attaque en rien à ces « causes » qui sont les véritables problèmes.
3/ Des lors pourquoi cette loi si elle ne résout rien ?
Certains pensent que cette loi est une nécessité car elle tient compte d’une réalité : des tensions et émeutes raciales seraient inévitables si cette loi ne se concrétise pas car l’idée que les popaa volent le travail des maohi, même si elle n’est pas justifiée, est tenace et répandue.
Or cet argument ne peut et ne doit pas motiver la mise en place ou non de lois. En effet si l’on entre dans la logique de la mise en place de lois pour calmer l’esprit, sans même résoudre les véritables problèmes, on ne fait que remettre le couvercle sur la marmite. Ce ne sont que quelques semaines de gagnés. La précarité et le chômage perdurant.
De plus une telle logique est dangereuse car quelle sera la prochaine revendication : « les popaa volent nos terres » ? On risque d’ouvrir, en aprouvant la logique d’une loi pour apaiser les esprits, la boite de pandore. Les conséquences seraient désastreuses.
Gouverner de la sorte, serait donc irresponsable.Ce serait mener des politiques de myope ; a géométrie variables au fil des jours, sans véritables projets pour le progrès : Est-ce cela gouverner ?
Si la mise en place de cette loi s’avère être pour de pures motifs politiciens imprégnés de populisme, celle-ci signe le constat d’un échec, cautionne une soit disant « fatalité» et hypothèque notre avenir a tous.
4/ De la nécessité des principes.
D’où la nécessité, quoi qu’on en dise, des principes. Ils sont en effet les gardes fous d’une démocratie ; ce n’est pas par le plus grand des hasards si le principe de discrimination positive est anticonstitutionnel. Les principes républicains tel que l’égalité des chances, même si ils ne sont pas réalisés dans notre quotidien, doivent guider les choix politiques. Car si l’on n’œuvre pas dans le sens de certains principes, les pires maux et dérives politiques sont à craindre.
Note sur la fermeture du café du commerce:J’espère que ce sujet amènera a de nombreuses réactions. Néanmoins en plus du traditionnel respect etc etc. J’aimerais que les réactions soit constructives, s’appuient sur une pensée claire et précise, qu’elles créent un débat fondé sur des arguments tangibles (c’est-à-dire non basé sur des préjugés et des théories psychologiques à dormir debout.) afin pourquoi pas d’aboutir à une synthèse concernant la pertinence ou non d’une telle loi.
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Commentaires
Je suis d’accord avec Pépé Tama sur le fait :
-qu’il faut poser des principes d’action ;
- qu’il faut analyser la question de l’emploi dans sa globalité;
-que l’immigration est un facteur de dynamisme pour un pays (surtout si c’est de l’immigration choisie).
Par contre, le marché du travail, c’est un stock ( des "cases") ET un flux …
Je rajouterais qu’il faut partir de la réalité et l’analyser et on avoir une approche "idéologique" et à priori.
La réalité ? Quelques observations pour se fixer les idées.
En premier lieu, la Polynésie fait partie d’un ensemble plus vaste, à savoir la France. Jusqu’à preuve du contraire, nous ne sommes pas un pays indépendant.
Quelles en sont les implications ?
- Nous ne pouvons pas avoir une politique d’immigration à l’égard de la France métropolitaine ou des régions françaises d’outre-mer. De même, c’est la France qui gère l’immigration d’étrangers en Polynésie.
- Nous ne pouvons donc pas à priori aller contre la liberté de mouvement des personnes, des marchandises et des capitaux dans l’ensemble français.
- Celà est d’autant plus logique que notre appartenance à l’ensemble français est un tout : il ya des services publics comme dans le reste de l’ensemble français, il y a un système éducatif, il y a la gendarmerie, il y a la justice. …Tous ces services publics créateurs d’emplois existent bien souvent par ce que l’argent des français ( donc aussi notre argent….puisque nous sommes français !) est transféré ici ( ce sont les fameux "transferts publics métropolitains"). On estime le montant de ces transferts à 150 milliards de F CFP, soit plus d’un cinqième du PIB polynésien ( que l’on peut évaluer à 500 milliards de F CFP) , ce qui est tout simplement énorme)!!!!
Tout celà pour dire que quand on appartient à un ensemble, on ne peut pas prendre ce qui nous arrange et laisser ce qui nous dérange. Accepter les transferts français, mais refuser les citoyens français, par exemple. Accepter que des polynésiens émigrent en métropole ( il y en a plusieurs centaines en Métropole) et refuser que des français de métropole viennent ici. Accepter que des professeurs viennent, mais refuser que des électriciens de métropole viennent.. Accepter que les emplois de gendarmes ( emplois payés par les contribuables de métropole) soient occupés par des polynésiens et refuser qu’ils le soient par des français ( alors que celà serait assez logique !)
Il faut donc des principes et non un raisonnement à géométrie variable. Même si certains disent que l’autonomie, c’est avoir les avantages de l’indépendance sans en avoir les inconvénients ( c’est à dire prendre ce qui nous arrange et laisser ce qui nous dérange..)
La réalité : est-on envahi par des citoyens français de Métropole ? Combien sont-ils à rester chaque année ? Par définition, il n’y a pas de statistiques d’immigration, puisque ce sont des français qui circulent.
Supposons qu’il y en a quelques centaines. A-t-on atteint un seuil de saturation?
Que font ces personnes : cherchent-elles un emploi salarié? créent-elles des entreprises créatrices d’emplois pour les polynésiens ? prennent-elles leur retraite ici ( c’est bon pour l’économie et l’emploi) ?
Supposons que ces personnes veulent occuper ou occupent des emplois salariés. Les hommes sont -ils mariés ou pas à des polynésiennes ? ont-elles fondé une famille ? travaillent-elles dans des services publics payés par la France métropolitaine ? Ont-ils vraiment pris la place au détriment des polynésiens ?
Car la vraie question sous-jacente est là : une "petite communauté" peut-elle absorber un flux "important" de personnes qui viennent d’une "grande communauté" ? ( pourquoi dans ce cas là, ne pas réserver les emplois sur l’île de Tubuai a des gens de Tubuai, puisque Tubuai est une "petite communauté" par rapport à la "grande communauté" de Tahiti ? Idem pour les Marquises ou les Tuamotus…)
Il faut donc mesurer ce flux et l’analyser.
Si ce flux est trop important, a-t-on le droit de le limiter ou de l’arrêter ?
Question difficile, à vrai dire. Est-ce que l’égalité de traitement entre citoyens français c’est l’EQUITE ?
Est-ce que la venue de français de Métrople fixent la barre plus haute ( en termes de compétences) pour les concours, plus haute en tous que ne l’exigerait l’emploi à pourvoir (problème de la surqualification) ?
Maintenant, le principe de la discrimination positive est, comme son appellation l’indique, un principe. Les Etats-Unis ont légiféré sur cette question. Il faut analyser l’exposé des motifs de ce type de législation. Ce principe a été mis en oeuvre parce qu’une minorité( les noirs) étaient sous-représentés dans certains emplois. Ils ont raisonné par rapport à des catégories ethniques.
Est-il fondé de raisonner en terme de catégories ethniques en France ou en Polynésie ?
Par définition, les polynésiens ne sont pas une minorité en polynésie. Sont-ils sous-représentés dans certains types d’emplois ? Oui et non semble-t-il. Oui en ce qui concerne les emplois de professeurs, de médecins, d’architectes, d’avocats… Non dans de très nombreux autres métiers.
Il faudra donc faire une évaluation de l’existant à partir de catégories ethniques… La loi le permettra-t–elle ? Chirac avait dit en Nouvelle-Calédonie que le recensement de la population ne devait pas introduire de catégories ethniques… ( celà dit entre parenthèses).
Faut-il mettre en oeuvre des politiques de court terme (remplacer par "la loi" les français de métropole dans le "stock d’emplois" existants. Le peut-on ?) ou de long terme (océanisation des cadres à compétences égales)
Jouer sur le flux d’emplois futurs et fixer des critères restrictifs d’accès à l’emploi fondé sur un critère de résidence ? C’est la voie qui semble être choisi.
Des arguments logiques peuvent être trouvés pour justifier ce choix, c’est sûr. On peut toujours justifier une discrimination. Il n’en reste pas moins vrai qu’il s’agira d’une discrimination (même positive), contraire, donc, au principe de l’"égalité républicaine", c’est à dire une exception à la règle.
J’ai cru, par exemple, comprendre que certains voulaient changer la donne dans les banlieues françaises et bousculer un peu ce principe de "l’égalité républicaine" (pour mieux insérer les français d’origine maghrébine ou africaine). Ceci pour réparer une inégalité des chances constatée dans les faits. Peut-on s’opposer à cette idée qui s’appuie sur un principe noble ? Mais encore une fois, est-on en Polynésie, dans une logique d’insertion de minorités non insérées "convenablement" ?
C’est le choix entre la fermeture (ou du moins un début de fermeture) et l’ouverture, entre la protection et la concurrence, entre la sécurité et l’émulation…Qu’est ce qui est le mieux pour le pays à long terme ?
Le sujet est difficile : aussi dans un premier temps, je livre à votre réflexion tous ces questionnements. J’espère que celà fera avancer le débat.
je partage vos commentaires.Cette loi est anti constitutionnelle meme si elle est soi disant permise dans le nouveau statut. c’est beaucoup plus complexe le jour ou il y aura un differend juridique.De toutes les facons, on ne pourra pas contraindre le prive à embaucher local s’il ne le souhaite pas. Il preferera ne pas embaucher. Dire qu’une personne est locale car elle a 5 ans de résidence et celle qui aura 4 ans et 10 mois ne le sera pas et ne pourra etre recrutée, c’est d’un ridicule . On tire tout le monde vers le bas alors que c’est vers le haut qu’il faut faire. On se croirait dans un pays communiste à vouloir faire de la protection à outrance alors que le monde s’ouvre. Nous nous renfermons. Sclerosons nous et nous serons aussi bons que l’encadrement en Afrique. Il ne s’agit que d’une réalité sans dénigrer cette partie du monde. Nous proteger car l’ile est petite, sommes nous si mauvais pour avoir besoin de tant de protection? ou sommes nous au contraire paresseux ce qui necessite cette protection à outrance? Merci de bien vouloir méditer sur ces interrogations?
Pauvre jeunesse denotre pays? On avance à reculons……
Je voudrais donner un autre éclairage : la nécessité d’une loi est un aveu de méfiance vis-à-vis des employeurs du Pays.
Car, est-ce à dire que les employeurs ne jouent pas le jeu de l’emploi local actuellement ? Quel intérêt auraient-ils à ne pas jouer le jeu?
Ces employeurs, s’ils ont fait le choix de vivre dans ce pays ne sont-ils pas sensibles au problème du chômage en polynésie qui touche au moins 15 % de la population active ?
S’il veulent vivre dans un pays stable et tranquille, n’ont-ils pas intérêt à recruter des polynésiens qui font partie de leur entourage (de plus, ils doivent être sollicités quotidiennement par des personnes ou des organismes qui recherche du travail) et contribuer ainsi à la stabilité du pays ?
Il est vrai que c’est une habitude "bien française" de légiférer à tout va… N’y a-t-il pas d’autres moyens "d’incitation" (plutôt que de" coercition" ?
Pepe Tama a esquissé cette piste.
Par exemple, une vraie stratégie d’océanisation des emplois sur le long terme n’est-elle pas plus "positive" ? La méthode doit être riguoureuse :
- évaluation des besoins d’océanisation par secteur ;
- définition des priorités en termes de métiers et de secteurs ;
- meilleure information et orientation des futurs étudiants polynésiens ( en attirant notamment leur attention qu’il y a des voies sans issue- après, libre à eux de choisir ces voies, mais qu’ils ne viennent pas se plaindre qu’il n’y a pas d’emplois suite à leur retour de formation …)
- octroi d’un quota de bourses de formation ou de formation professionnelle (par exemple 100 bourses par an - le budget peut être trouvé en réduisant la train de vie de notre gouvernement : plusieurs milliards pour une "petite communauté de 250.000 habitants, soit une ville moyenne de métropole…). Ne pas forcément fixer des critères socio-économiques, l’objectif étant de pourvoir rapidement aux emplois disponibles ou potentiels ;
- continuité de cette politique dans le temps avec possibilité d’ajustements en fonction des opportunités, des goulots d’étranglement et des urgences.
Autre possibilité dans les entreprises, favoriser la promotion du personnel polynésien présent dans l’entreprise par des mesures incitatives à imaginer par le SEFI ( ex : l’emploi d’encadrement dans l’hotellerie ou l’industrie).
etc…
Un "guidage par l’incitation" en quelque sorte.
Dans ce domaine, on peut planifier, programmer, exécuter et contrôler. C’est, à mon avis, du bon volontarisme et non pas du dirigisme bête et méchant.
Aussi étrange soit-elle, cette loi semble être la béquille d’une politique de l’emploi local qui n’arrive pas à écouler sa marchandise. En effet, le Territoire est devenu compétent dans le domaine du Travail et du code du travail, lui autorisant donc à éditer ses propres "Edits" et donner au marché de l’emploi local l’impulsion qu’il souhaite. Mais voici une politiquement avenante, mais déconcertante, portant atteinte non seulement au recrutement de l’éfficacité, provoquant une préférence culturelle, appelé communament de la discrimination positive, mais à l’éthique du travail également. Rendre le travail payant excite la gouvernance !
Mais le chômage polynésien qui fleurte avec les 13% est le taux de chômage le plus bas de tout l’outre mer ! nous sommes les champions en terme de plein emploi au sein du paysage ultra-marin. Ce taux apparaît élevé, si on le rapporte aux grandes nations. Mais notre pyramide des âges fait des envieux, 50% de la population a moins de 25 ans, qui dit mieux ? La Polynésie doit guider les jeunes, notament ceux qui sont le plus discriminé, faute de diplôme, faute d’expérience. Avant de vouloir crée un marché de l’emploi attractif et accueuillant, formons primo la jeunesse, ne mettons pas la charue avant les boeufs !
Arretons donc de vouloir appliquer une politique de nivellement par le bas (opéré en France également), en essayant uniquement de porter à 75% le taux de réussite de bacheliers d’une classe d’âge et flatter ainsi notre égo ! Donnons des moyens aux formations supérieurs de haute qualité (BTS, Prépa, Medecine…).
Maintenant es-ce au gouvernement de dicter aux entrepreneurs les politiques qui veulent mener au sein de leur propre entreprise ? Je vous rappel pour ceux qui l’oublie, une entreprise n’a qu’un objectif : Crée des profits. Crée des emploi ce n’est pas de son ressort !
Mais à la société elle même de former ces poulains, et résoudre ainsi le problème en amont. Alors soyons plus sévère sur les résultats scolaires, augmentant les fillières professionelles, et donner aux jeunes une chance d’accéder au marché du travail. La moyenne d’âge d’entrée sur le marché du travail est de 15 ans dans les pays de l’OCDE. La France elle, c’est niette. Les jeunes étudient, point barre. Voici une belle erreur, celle que la Polynésie reproduit, car elle se prive de facto d’une main d’oeuvre dynamique et abondante.
Et je finirai sur les politiques de l’emploi gouvernementale. Le RMI n’existe pas, l’allocation chômage non plus. La Polynésie n’a mis en place aucun filet social : l’assistance mène à l’assitanat. En revanche, augmenter les salaires, les salaires minimum, nuie au marché de l’emploi, et pénalise les peu diplômés, en dilemme constant entre leur productivité marginale et leurs salaires.
Donc arrêtons ces interventions étatiques, qui porte sévèrement atteinte à l’éfficacité, et pire encore lorsque le monde du travail n’y croit pas.
Une atteinte à l’équité, à l’éthique, à l’éfficacité, à l’efficience…"Le territoire à le monopole de l’innéficience légitime".
Il y a déjà des grands secteurs où l’océanisation des emplois est en marche, car les responsables de grandes organisations jouent le jeu :
- l’éducation primaire (instit) : c’est fait à 100 %
- l’éducation secondaire ( prof): c’est fait à 25 % ( dixit Madame MERCERON lors du débat sur l’éducation de TNTV)
-l’armée : de plus en plus de polynésiens;
- la gendarmerie : idem;
- la police : idem;
-l’administration territoriale : les emplois d’encadrement sont de plus en plus tenus par des polynésiens.
En général, dans le secteur public, il y a une tendance de fond dans ce sens. Y-a-t-il lieu de l’accélérer par une loi ? Je ne le pense pas.
Dans le secteur privé, où les règles de l’économie libérale s’appliquent, je suis assez bien le raisonnement de Pepe TAMA.
La question est bien plutôt de susciter le dynamisme entrepreneurial par la création d’un environnement favorable : c’est le rôle de nos hommes politiques.
Pour créer ce dynamisme, nous avons besoin de tout le monde et de toutes les compétences. Il ne faut pas créer de barrières, car tout nouvel arrivant vient avec son énergie, ses idées, ses compétences… C’est vrai que celà peut bousculer les habitudes, les conservatismes, les rentes de situation…. Il y en a en fait, qui veulent ronronner pépère… et ils se lâchent dans une certaine xénophobie, souvent en guise de nuage de fumée pour masquer une absence de remise en cause "positive" !
Bref, celà oblige notre société polynésienne à évoluer et ne pas simplement se reproduire à l’identique. C’est fini, le mythe d’une société stable, routinière, qui maintient ses rites et ses traditions et où l’on ronronne tranquillement.
C’est vrai qu’avec une croissance démographique qui est encore de 2 % par an, notre société est obligée d’évoluer. Car il faut accueillir environ 2000 nouveaux entrants sur le marché du travail chaque année. Ce n’est pas une mince affaire pour notre petite communauté !
Déjà qu’en 2005, selon les statistiques de la CPS, il n’y a quasiment pas eu de création de nouveaux emplois salariés. Très, très embêtant !
Mais ce n’est pas pour autant une raison pour les politiques de s’affoler et de trouver des bouc-émissaires.
A la charge donc de nos hommes politiques de nous faire une bonne politique économique pour susciter un marché du travail dynamique où le rôle central repose effectivement sur nos chefs d’enteprise. Si ces entrepreneurs n’ont pas pour objectif central de créer des emplois, l’emploi est quand même la résultante principale du développement de leur entreprise.
Dans ce pays, il faut arrêter (surtout, nous les étudiants…) de croire que c’est l’administration qui sera le principal pourvoyeur d’emplois. Nos ainés ont souvent eu ce raisonnement et avaient pris l’habitude que l’administration leur déroule le tapis rouge. Résultat : nos meilleures compétences se détournaient du monde de l’entreprise, d’où une certian hypertrophie administrative…. Eh bien, il est temps de tourner la page !
L’entreprise est bien l’acteur central de notre économie :c’est bien ainsi, car on devient enfin un pays normal… Mais est-ce que tous nos hommes politiques l’ont enfin compris ?
A voir certains de ces politiques "qui se payent sur la bête", par exemple à l’OPT, à Tikiphone, Mana ( au grand découragement de l’encadrement qui veut développer sainement cette entreprise stratégique) ou ailleurs où d’autres politiques qui veulent toujours ponctionner plus les entreprises ou qui augmentent continuellement le SMIG sans regarder si la productivité des salariés a aussi progressé, je suis dubitatif…
Le secteur public est effectivement un secteur "plus prévisible" que le secteur privé en matière de recrutements et de création d’emplois. De plus, le mode de décision en ce qui concerne les recrutements est très simple : l’Assemblée de Polynésie française décide, sur proposition du Gouvernement, du nombre de postes à créer au sein de l’administration en fonction des besoins recensés par les services et validés par le politique.
Une fois ces postes créés, des concours sont programmés par le service du personnel et de la fonction publique et les lauréats des concours pourvoient à ces postes.
Il est donc tout à fait possible d’effectuer une prévision des besoins et une programmations des formations et des recrutements nécessaires sur la base des données maitrisées par le service du personnel et le Ministère de la fonction publique. Cet exercice de prospective est facile à réaliser : pas besoin de statisticiens de très haute volée.
De plus, il y a les départs à la retraite qui sont eux aussi très prévisibles, puisque ce même service recense tous les personnels et connait leurs caractéristiques (âge, sexe, qualifications, niveau de formation, etc…)
Dans le secteur de l’éducation, on connait aussi les rotations des professeurs expatriés sur les postes disponibles et ainsi, programmer une océanisation des emplois de professeurs. Surtout, IL FAUT INFORMER LA POPULATION ET LES JEUNES DES BESOINS ET DES POSSIBILITES. A ma connaissance, cette information n’est pas communiquée ( et je ne sais même pas si l’éducation effectue l’enquête de base en vue de communiquer ce type d’information.)
Il y a là un cadre tout tracé pour une politique d’océanisation des emplois dans le secteur public qui procède par incitation et par anticipation.
Il n’y a pas lieu donc de se précipiter à faire une loi. Utilisons déjà les possibilités qui existent. Une volonté politique minimale, dans le bon sens du terme, suffit.
A propos d’éclairage, je dirais qu’un effort de prospective de l’emploi est même possibile pour le secteur privé. Si c’est vrai que les employeurs du privé n’embauchent que s’ils ont des marchés ou des commandes, rien n’interdit au pays d’éclairer l’avenir. Il a les services et les outils pour le faire.
En effet, du fait que le Pays est amené à définir une politique économique, il est censé réfléchir à des priorités "stratégiques" de développement économique.
Celles-ci sont, dans leurs grandes lignes, connues :
- poursuite du développement du tourisme et, par conséquence de l’hotellerie, du transport aérien…
- consolidation du développement de la pêche ( si les rendements de pêche s’améliorent…) ;
- développement plus qualitatif de la perliculture ;
- développement agircole et agroalimentaire ;
- émergence de nouveaux secteurs à l’exportation ( noni, bijouterie…) ;
- développement des nouvelles technologies ( l’OPT et ses filiales élaborent des stratégies à leur niveau) ;
- ouverture du nouvel hôpital et nécessité de le faire fonctionner correctement avec les personnels qualifiés en nombre suffisant ;
- programme de logements ( y compris de logements sociaux);
- programme d’infrastructures (notamment avec le financement de la DGDE) ;
- programme de constructions scolaires ;
- développement des activités de services induites par le développement des autres secteurs et par le progrès social ( centre pour personnes agées, centres de convalescence, services à la personne….)
etc….etc…
Tous les services du pays peuvent être mis à contribution pour éclairer les décideurs sur les besoins, les priorités, les capacités de financement dans tous les secteurs.
Cet effort de prospective se sera pas, bien sûr, d’une exactitude absolue, mais il aura l’immense mérite de donner une lisibilité aux citoyens, aux familles, aux jeunes… sur les perspectives de créations d’emplois à 5, 10, 15 ans, avec révision périodique en fonction de nouveaux éléments de base ou de nouvelles hypothèses ou de nouveaux scénarios de développement liés, par exemple, à l’évolution des techniques.
Ce cadre d’emplois futur sera aussi un des outils de guidage de notre système éducatif. On pourra faire les ajustements nécessaires et adapter les filières éducatives par rapport aux besoins de créations d’emplois identifiés par cette réflexion prospective.
Car il faut absolument sortir de la navigation à vue actuelle par la définition et la mise en oeuvre d’une vraie stratégie de développement. "L’entreprise Polynésie"a tout à gagner d’une telle réflexion collective.
A un moment donné, il était question d’élaborer une "charte Tahiti Nui 2015". A mon avis, cette idée reste d’actualité et la prospective des emplois rentre tout à fait dans ce cadre.
Je voudrais rebondir concernant les départs a la retraites de certains membres de l’administration. Je penses qu’il faudrait profiter de ces départs a la retraite pour faire des économies. On ne remplaçant par exemple uniquement les 2/3 des départs a la retraite. En effet nous sommes un petit patelin de 240 000 habitants avec une administration qui me semble disproportionnée. Cela ne pourra qu’encourager la marche vers l’efficacité de cette dernière.
Les fonds economiser pourront ainsi etre réutilisé pour de vrais politiques de l’emploi, ou pour diminuer les taxes aux entreprises.
Tu as raison de souligner l’effort de prospective a réalisé, des secteurs a dévellopé. Neamoins je penses que pour résoudre ce problème du chomage, et d’une éducation qui n’est pas en accords avec nos besoins en développement, par des initiatives qui touchent les jeunes polynésiens des leurs plus jeunes ages, afin de favoriser la réussité scolaire. En effet une fois que la réussite scolaire est permise pour le plus grand nombre chacun a de nombreuses possibilités de choix pour son avenir. De ce point de vue la je fais confiance a la "main invisible", pour que chacun, guider par la recherche du profit alimente l’activité économique.
Aussi l’initiative réalisée aux états-unis par des associassions qui réalisent un soutien scolaire avec les enfants des millieux défavorisés est un bon exemple. En effet elle sort du cadre de l’education national pour se rapprocher d’une aide aux enfants qui sont dans des familles précaires, elles associent les parents a leur travaux. Des etudes empiriques montrent l’efficacité de tels initiatives. Je crois savoir qu’une association de ce type existe a moorea.
Bien sur, ces initiatives coutent chères et doivent etre bien ciblée.Cela pose la question du financement.
A mon avis Il n’y a qu’a poser les bases du dévellopement, la "main invisible" qui guide chacun fera le reste.
Car former des etudiants spécifiquement pour qu’ils reviennent et occupent un type de travail précis, coute cher et peut s’avérer etre une source de gaspillage si l’étudiant se détourne du domaine vers lequel il pensait travailler.
Un exemple de dérapage du principe de discrimination positive qui dégénère vers le "localisme" : on va "balkaniser" la polynésie et revenir au "zollveregn" ( on va mettre des frontières à l’entrée et à la sortie de chaqueîle et "hermétiser" toutes les îles de la Polynésie).
Ci-dessous, un commentaire de repésentants du syndicat Atia I mua en ce qui concerne la future fonction publique communale, tiré de leur blog, très révélateur d’un état d’esprit ultra-protectionniste… même à l’égard des polynésiens !!
"….Par contre nous avons appris que les maires insistaient pour pouvoir recruter les agents de la catégorie application (CC3 ou C) sans concours. A l’heure où 80 % des jeunes polynésiens atteignent le niveau DNB, nous sommes fermement opposés à cette possibilité qui laisse la porte ouverte au népotisme et autres formes de favoritisme. Compte tenu des spécificités de la Polynésie, nous avons proposé que les concours soient localisés. Par exemple, si un poste de catégorie C est ouvert dans une île, un seul centre d’examen sera ouvert dans cette île de manière à éviter que les communes des îles ne se retrouvent avec des postes que les lauréats des concours ne voudront pas prendre et aussi pour permettre aux jeunes des îles d’avoir la chance de rester dans leur île d’origine… "
Celà a le mérite d’être clair : on reste entre soi… Chacun dans son île et les cochons seront bien gardés ! Avec ce genre de thèse, on ira loin…
J’ai trouvé une définition de la discrimination positive. Je vous la livre :
"…La « discrimination positive » est un principe : il s’agit d’instituer des inégalités pour promouvoir l’égalité, en accordant à certains un traitement préférentiel. On espère de la sorte rétablir une égalité des chances compromise par deux phénomènes : la généralisation ou la persistance de pratiques racistes ou sexistes d’une part, une accentuation des inégalités socio-économiques d’autre part. Selon que l’on se trouve dans le premier ou le second cas, la mise en œuvre des politiques de discrimination positive obéira à deux logiques très différentes : quand il s’agira de résorber des pratiques racistes ou sexistes, cela nécessitera la définition d’une « population-cible » à partir de traits innés et indélébiles, appartenant à l’identité de l’individu (le sexe et la race aux Etats-Unis, le sexe et l’origine étrangère en France) ; en revanche, quand il s’agira de réduire des inégalités socio-économiques, la définition des bénéficiaires passera par le critère de leur situation socio-économique. Il y a donc deux formes de discrimination positive à ne pas confondre…."
Le modèle républicain (mais qui est aussi, dans ce cas précis, celui du libéralisme politique), la séparation de l’Etat et de l’ethnicité interdit toute reconnaissance juridique des groupes ethniques et toute référence à un critère ethnique en vue de l’attribution de droits, de ressources et d’obligations. L’Etat se veut neutre, « aveugle » aux différences, notamment à la couleur de peau des citoyens dont il a la charge (c’est ce qu’on appelle en Amérique du Nord le principe de « color-blindness »). L’un des principes majeurs du républicanisme, c’est en effet celui d’indifférenciation du corps politique. Tous les individus doivent être traités de manière égale, uniforme, sans tenir compte, par exemple, de leur appartenance ethnoculturelle ou de leur sexe.
En face, il existe un autre modèle, qui a émergé récemment et propose de remettre en cause le principe, que certains trouvent hypocrite, de « color-blindness », lequel, sous couvert de traitement soi-disant égal, d’indifférence aux différences, favoriserait en réalité le groupe majoritaire et le principe d’une intégration par assimilation. Au contraire, il s’agit d’établir une différenciation entre les individus, et de donner des avantages à ceux dont on constate qu’ils subissent ou ont subi par le passé des inégalités réelles, quand bien même leur égalité formelle n’est pas mise en cause. Il ne s’agit plus de prendre pour principe d’une politique démocratique la reconnaissance de droits égaux, mais de corriger, quitte pour cela à transgresser l’égalité des hommes en droit, des inégalités dont certains groupes sont victimes dans leurs conditions concrètes d’existence. On peut alors parler de « traitement différentiel » des individus, le traitement que l’Etat réserve aux individus étant fonction de critères définis (par exemple le sexe, ou l’origine ethnoculturelle). On introduit des mesures compensatoires, correctives pour promouvoir une égalité effective dans des contextes où l’égalité purement légale (l’égalité formelle qu’est l’égalité des chances) masque ou justifie en réalité des inégalités.
Le comble, c’est que le projet de loi, dans une société pluri et multiculturelle comme la société polynésienne, vise à protéger la majorité contre une minorité… jugée envahissante !
C’est un peu le monde à l’envers !
Un autre éclairage dans les définitions :
"…Les politiques de discrimination positive visent à rétablir une égalité des chances compromise par le creusement des inégalités socio-économiques ou par la persistance de pratiques racistes ou sexistes en instituant des inégalités provisoires et correctrices.. Elles prennent deux formes différentes : sélectivité de l’Etat-providence selon un principe d’égalité correctrice et plus une stricte égalité de traitement ; et traitement préférentiel de certaines catégories de population afin de contrebalancer les effets d’une exclusion raciste ou sexiste. Ce qui pose deux problèmes majeurs.
D’une part celui de l’efficacité de ces politiques et de leurs éventuels effets pervers : stigmatisation des assistés, parcellisations des droits, légitimation des catégories sexuelles et raciales des individus, cercles vicieux… L’évaluation de ce point relève du bilan avantages/coûts à partir des données empiriques disponibles.
De l’autre celui de leur compatibilité avec les principes républicains : universalité des prestations, égalité devant le service public… Trois thèses s’affrontent sur ce point : 1) rien ne justifie de transiger avec ces principes fondateurs (donc pas de DP) ; 2) il faut suspendre ces principes quand la situation l’exige (question : quelle nécessité + quelle efficacité) ; 3) il faut changer de paradigme : la DP représente par rapport au modèle républicain un dépassement vers un nouveau principe d’égalité : l’équité (première étape vers reconnaissance d’une société multiculturelle).
Dans les deux cas, seul l’objectif poursuivi (la réduction des inégalités de fait) permet de dire que la discrimination est positive…."
Il y a, ci-dessus, des questions intéressantes qui méritent d’être posées dans le cas polynésien….
Préférence locale à l’embauche
Bien que je ne sois pas vraiment favorable au concept de « discrimination positive », je pense qu’il est tout à fait légitime de prendre des mesures pour protéger l’emploi local. En tout état de cause, je reste convaincu que
Comme on peut le voir au travers des divers commentaires, le principe de discrimination positive applique a l’emploi pose de nombreuse questions et irait meme a l’encontre des principes republicains.
L’application de telles mesures ne fait que constater d’echec du systeme educatif. Il serait sans doute plus utile d’appliquer une telle demarche plus en amont.
Plus concretement, je pense notamment a creer un support educatif pour les enfants venant de milieux defavorises afin qu’ils puissent trouver un environnement qui les encourage a etudier. Trop souvent, ces enfants apres l’ecole, doivent s’occuper de leurs freres et soeurs ou doivent remplir d’autres taches menageres. Par ailleurs, les parent parlent trop souvent un melange de francais et tahitien (ou vice versa), ce qui n’encourage pas une bonne structure du langage. Malheureusement aussi, certains parents n’attachent pas assez d’importance aux etudes de leurs enfants.
On pourrait motiver les plus jeunes de rester pour ces classes de support apres l’ecole en leur servant un gouter, leur faire faire leurs devoirs sous surveillance, et ensuite organiser des jeux.
Je pensais aussi pour le colege et lycee, organiser des internats du savoir qui encourageraient les jeunes a etudier dans un reel confort (chambre et douche individuelle, salle media avec acces libre a internet, bibliotheque, salle de sport, piscine, etc.). Il faudrait faire en sorte que ces internats du savoir soient tres prises afin de motiver les jeunes de mileux defavorises d’y participer. Il serait bon aussi d’ouvir ces internats a d’autres etudiants motives de milieux aises (en nombre plus limites).
Plus on commencera tot et plus on aura de chance de reduire la fracture du "savoir" ce qui permettra de reduire la fracure socio-economique.
Entièrement d’accord avec toi. D’ailleurs des initiatives de la sorte on été prises aux etats-unis. Des recherches ont montré que l’education a l’ecole ne suffit pas, il faut aussi creer des conditions favorables pour l’enfant dans son milieu familial. Pour exemple dans le livre de Cahuc et Zyberberg, ils montrent que partagé ou non une chambre avec un frère ou une soeur augmente la probabilité d’etre au chomage… C’est au domaine associatif de prendre ces initiatives, il faut néamoins trouver les financement, car l’accompagnement coute cher. On pourrait utiliser la DGDE au moins a ce moment on l’utilisera pour l’investissement, celui en capital humain.
Comme le disait le Pape Jean Paul II : "n’ayons pas peur".
Car je pense qu’une loi de protection de l’emploi local est un réflexe de peur.
Peur que nos capacités soient inférieures à celles de l’étranger.
Peur que notre niveau de formation ne soit pas à la hauteur.
Peur du concours.
Peur du "marché du travail"…
Regardez la peur de l’invasion des européens qui allaient arriver par milliers au Paradis… Où sont-ils ces milliers d’européens ?
Il faut croire que notre "pitoîsme" nous a encore joué des tours. Notre paradis ne doit pas être si paradisiaque que ça pour les Européens.
On ne bâtit pas l’avenir sur la peur en se retranchant derrière des murs artificiels ou des barrières… illusoires à terme.
Protection … Protection… Il y en a qui n’ont que ce mot là à la bouche. En fait, dans leur esprit, il faut supprimer toute concurrence ou toute émulation. Ce qu’ils veulent, ce sont des rentes de situation.
Nous en payons chèrement le prix dans le domaine économique : agriculture fermée, pêche fermée, interdictions d’importations de divers produits, quotas…
Résultat : des entreprises qui, protégées derrière ces barrières nous font des produits de m…e à des prix exorbitants.
Pas d’émulation, pas de concurrence, c’est la prime à la médiocrité…
Or, pour relever le défi de notre développement économique, il nous faut nous mettre au niveau des meilleurs, nous surpasser.
Ce n’est pas l’Université-cocotier de Punaauia qui va nous permettre d’être les meilleurs. On me parle de taux d’échecs effrayants : les nanas qui viennent chercher leurs futurs maris et qui ne "pensent qu’à ça", les mecques qui ne pensent qu’à surfer ou aux bringues de fin de semaine.. Bravo, pour "l’élite de demain." !!!
Comme dit le proverbe :" l’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt". A l’allure où on va, je crois que, pour nous polynésiens, il faut même pas dormir pour rattraper le temps perdu !!
"N’ayez pas peur".
Si on croit en nos capacités, pas besoin de loi pour protéger l’emploi local. L’ouverture aux autres est un facteur de dynamisme. Regardez les Etats-Unis : voilà un pays qui s’est bâti "sur" et "grâce à" l’immigration. Et ça continue. L’économie croît deux fois plus vite que celle de l’Europe, quasiment pas de chômage, un esprit d’innovation incroyable, des universités qui attirent les meilleurs étudiants du monde entier…etc…etc
La fermeture et le repli sur soi, c’est la sclérose puis la mort.
Alors, n’ayons pas peur….
Bonjour,
Je voudrais rebondire sur le 1er post de pépé tama, surtout sur le 1er paragraphe.
Je suis entièrement d’accord avec toi, cette loi ne sert à rien, on ne fait que détourner le problème.
Il faudrait plutôt:
* Faire en sorte que les polynésiens soient encore mieux formés
* Créer des emplois. C’est effarant tous les grands travaux qui ont été stoppés à l’arrivée du Taui (la voie rapide jusqu’à Taravao, les CET un peu partout, une gare maritime digne de ce nom à Tahiti et Moorea, un vrai aéroport, avec un parking à la hauteur. Tous ces travaux auraient crées des emplois, directs et indirects.
Par contre là où je ne suis pas d’acccord avec toi, dans ton paragraphe repéré par un +, tu dis:
(…)pour cela il ne jugera que sur la compétence d’une personne, de sa compatibilité avec le profil de l’emploi.(…)
Si ca pouvait être vrai… Dans les faits c’est complètement faux. Et pour te le montrer je vais prendre l’exemple de la société familiale. Pendant une certaines durée, nous sommes débordés de travail, il nous faut donc embauché. Mais ce surplus de travail n’est que temporaire (au pire) nous choisissons donc la formule du CDD. Les mois passent , et le surplus de travail est toujours là. Et bien selon le code du travail, il est interdit de faire 3CDD à une personne, la durée maximale du CDD étant de 1an. Généralement, nous faisons des CDD de 3 à 6 mois. Ainsi, au bout de 6 mois ou 1ans, nous sommes confronté au problème suivant: garder la personne en lui donnant un CDI, mais en prenant le risque d’être en sureffectif si le travail devient rare, ou alors de mettre fin au contrat de la personne. Nous choisissons quasiment tout le temps la 2eme solutions alors que dans 100% des cas, si l’ouvrier est arrivé à la durée maximale du contrat, c’est qu’il était compétent.
Bien sûr, je comprend qu’il ne faille pas tombé dans l’excès américain sans aucune sécurité de l’emploi. Mais il faudrait peut être un peu plus de souplesse.
Ce qu’il faut retenir, c’est que les patrons peuvent être amener à remercier des employés dont ils étaient tres satisfaits, et celà pour assurer la trentaine d’autres employés en CDI.
Pour approfondir le problème soulevé par "Moustique" : l’inspection du travail dit toujours que CDI ne veut pas dire contrat "ad vitam aeternam" ou impossibilité de licencier ou indemnités de licenciement abusif pénalisantes.
Quelquefois même, un CDD peut être plus rigide qu’un CDI : imaginer que vous faites un CDD d’un an et qu’au bout de 6 mois, votre salarié commence à déconner…Eh ben, vous serez obligé d’attendre 6 mois pour lui dire bye bye.
Le tout est d’avoir des motifs sérieux de licenciement : le licenciement pour cause économique en est un, me semble-t-il…
A mon avis, la meilleure solution serait un CDI plus flexible. Renouveller indifiniement un CDD c’est en effet maintenir l’employé dans le doute cela n’est pas bon non plus.
Afin de limiter les abus pouvant etre propre a ce genre de contrat flexibles; (nombre importants de licensiement meme lorsque cela n’est pas réellement nécéssaire) pourquoi ne pas augmenter la cotisations des entreprises à la CPS au prorata du nombre de licensiement effectués par rapport aux autres entreprises dans la meme période. Cela devrait inciter les entreprises a ne pas licensier inutilement.
L’idéal pour aller de pair avec ce CDI plus flexible serait un système de sécurité pour les chomeurs, a l’image de celui effectué dans les pays scandinaves et que l’on apelle “flexsécurité”, c’est a dire une aide au chomeurs en attendant qu’il retrouve un emploi. Neamoins il y’a des conditions a cette aide: recherche active d’un emploi avec accompagnement par des structures style Job centre au Royaume-Unis , nécéssité de se présenté au RDV etc etc , mais surtout une aide limité dans le temps afin de ne pas tomber dans l’assistanat.
Néamoins je redoutes la mise en place d’un tel système en polynésie : y’aura t’il une réelle conditionnalité appliquée au demandeurs d’emplois avec la mise en place de ces aides ? Ne risque t’on pas de tomber dans le modèle français d’assistanat aux chomeurs et non d’une aide pour leur faire retrouver un emploi ? De plus une chose m’effraie : c’est l’utilisation de ces aides pour des dérives populistes de la part de nos gouvernants. Au pire, que ces aides se transforment en minimas sociaux comme par exemple le RMI a la réunion, qui a a la source de graves problèmes dans ce DOM : fort taux de chomage, augmentation de la violence, vendredi soirs tous les soirs de la semaines…
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