A propos du cout de la vie…
On entend souvent dire que le cout de la vie est élevé en Polynésie. Cela est vrai. Parfois cette idée est quelque peu extrapolée mais au fond la vérité est effleurée. Ce cout de la vie supérieur en Polynésie est normal : nous sommes sur une petite ile au milieu d’un océan pas si pacifique. Néanmoins la question est de savoir si cet état de fait justifie le cout actuel de la vie et si il n’y a pas moyens de limiter ce coup. ( la faute d’orthographe est volontaire ici! Pour une fois me direz vous ! Neamoins si vous voulez savoir pourquoi vous connaissez le chemin…:p )
Les gouvernants ont répondu a cette question de cette manière : le cout de la vie est élevé on ne peut pas lutter contre cela. L’unique échappatoire : augmenter les salaires ! “Entrons mes bien chers frères, peuple élu de dieu, dans le merveilleux cercle vicieux de l’inflation. Notre compétitivité âpres tout; en s’en fou!” Le projet de Jacqui est le dernier exemple en date illustrant cet état de fait, d’autres Messies l’ont fait avant lui.
Néanmoins n’y a-t-il vraiment aucun moyen de réduire le cout de la vie en Polynésie ? Le cout actuel reflète t’il uniquement notre isolement? Pour ma part je pense que non.
Avant de continuer, je souhaiterais avertir l’attentionné lecteur : C’est une intuition que j’ai trouvé dans un livre dont je ne me souviens plus le titre (je suis malhonnête intellectuellement!). J’entends d’ici certains d’entre vous me dire que dans ce cas : ce n’est plus une intuition…Vous n’avez pas tord : si ce livre s’avère être la bible ou le manifeste de L’upld il s’agit de la vérité ! laule Parenthèse refermée :p
Bien sur que le cout de la vie est élevé en raison de notre isolement. Mais cela n’explique pas tout; il y’a aussi un autre facteur expliquant ce cout élevé : la nature monopolistique du marché polynésien concernant les biens importés. Certes il y’a des centaines d’importateurs en Polynésie, néanmoins chacun d’eux possèdent un monopole sur un type de produits, ou même si il y’a plusieurs offreurs, ceux ci sont si peu nombreux et implanté depuis si longtemps que des ententes semblent régner sur le marché de la plupart des biens importés. (ex : voitures)
Des lors un politique courageux, peu soucieux des lobby autres que celui des consommateurs serait un Rambo sorti tout droit du Te Pari qui, avec son casse tête a base de réformes, ferait en sorte de mettre fin a la nature monopolistique du marché des biens importés polynésien ! (longue phrase n’est ce pas ?) Pour cela, la mise en place de concurrents n’est pas une nécessité : seul importe de permettre la libre entré a tout concurrent qui le souhaiterait sur un marché de biens importés.
Hors actuellement cette condition n’est pas remplie. Un simple exemple : l’interdiction d’implantation d’une autre grande surface que carrefour (un des plus gros importateurs -négligeons Hyper U qui ne fait pas le poids-). “No vacancy” lui à t on dit!
Cependant le temps, comme le citron : se presse, le taureau a besoin d’être pris par les cornes, car c’est ici, avec ce cout élevé des biens alimentaires importés, que se situe la bombe sociale à retardement. Badaboum !
Et puis aussi parce que cela nuit a notre compétitivité, ainsi que le cercle vicieux de l’inflation. Mais ça c’est une autre histoire… meme si je sais que vous camille, charlotte et benjamin vous m’ecouterais bien !
Pére Castor aka pépé tama.
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Commentaires
donc en bref, d’après toi, ce sont les importateurs qui font gonfler les prix ?
Non ce ne sont pas les importateurs; c’est la nature monopolistique du marché des biens importés. Il est normal que dans un tel marché les importateurs cherchent a maximiser leur profit et donc a vendre plus cher. C’est la nature du marché des biens importés qu’il faut changer et non punir les importateurs ou les forcer a reduire les prix si c’est cela que tu entends. On ne force pas : on incite. Cela ne ce fait pas par des lois pure et dure mais par une simple condition: celle de la libre entré sur un marché de biens importés qui serait permise a tout concurrent qui le souhaiterait.
En passant faudrait aussi baisser les droits de douane !
C’est vrai que notre petite Polynésie ( 250.000 habitants, soit un petit quartier de Pékin) est "riche" de plusieurs centaines d’importateurs, situation aberrante, s’il en est, car on ne peut faire jouer les "économies d’échelle" et faire fonctionner la loi d’un bon hyper digne de ce nom : si je vend pas cher, il faut que je vende beaucoup !
Combien de dizaines de représentants exclusifs de telle ou telle marque bien connue au plan international et gare aux francs-tireurs qui souhaiteraient vendre les mêmes marques : direction tribunal dare-dare !
Ensuite, il y a le "big business local" (hypermarchés Carrefour, Brasserie de Tahiti, concessionnaires automobiles, gors importateurs de l’agroalimentaire, grandes surfaces spécialisées….) qui, forts de leur pouvoir de marché, font la loi (y compris au sens propre par un gros lobbying auprès de nos hommes politiques tous bords confondus : regardez la TDL, les tarifs administrés, les interdictions d’importations pour "protéger" certaines productions locales…) et se prélèvent de grosses marges. Pourquoi croyez-vous que Carrefour (présent sur la côte Est ET sur la côte Ouest : Merci Alexandre Léontieff pour ce cadeau aux "copains et coquins") a torpillé la candidature de l’enseigne Casino ( avec le soutien du gouvernement tauiste qui nous promettait-rappelez-vous - une baisse des prix : c’est un comble) ? Il faut bien monopo-ronronner tranquille !
Que dire du cartel de l’automobile : il faut bien discuter de quelque chose dans les syndicats professionnels d’employeurs !!!
Que dire du scandale de la réparation automobile qui voit ses tarifs administrés augmenter par la grâce de l’administration !
Le tout à l’avenant : c’est l’indexation généralisée. les fonctionnaires sont indexés à 1,80, multiplions nos prix par au moins 1,8 … Ben voyons !
Pas de de loi anti-concentration, pas de loi favorisant la concurrence, nécessité de demander une autorisation du gouvernement pour l’ouverture de grandes surfaces dans divers secteurs, soit-disant pour protéger les petits commerçants qui pratiquent des prix ahurissants ( et les "petits consommateurs, alors ?)
Et l’on s’étonne du coût de la vie élevé ?
Si l’on fait l’impasse sur une réforme de ce système qui nous mène droit au mur, ne reste alors que la fuite en avant : augmentation des prix, augmentation des salaires, augmentation des prix … Jusqu’à créer une monstruosité économique appelée Polynésie complètement déconnectée de la réalité économique internationale…
Et puis, on fera mine de s’étonner pourquoi les avions vers Los Angeles ou Auckland sont remplis de Polynésiens qui partent avec des valises vides et qui reviennent avec deux fois plus de valises pleines…
Une première solution : pointer du doigt les prix les plus ahurissants par des comparaisons internationales systématiques. A l’heure d’internet, c’est facile. Il y même des sites comparateurs de prix spécialisés. Publier ces listes comparatives serait déjà une manière de lutter contre la vie chère en pointant du doigt les abus constatés en Polynésie.
Deuxième solution : encourager de nouveaux entrants costauds. Il y a une chaine en Nouvelle-Zélande, que les polynésiens connaissent bien, qui s’appelle " Ware House". Incitons Warehouse à venir s’implanter en Polynésie ! Vous verrez la levée de bouclier de Monsieur Gilles YAU, président de la Fédération générale du commerce et "grand protecteur des petits-commerçants-aux grosses-marges"…
Idem pour les grandes surfaces généralistes : l’enseigne Carrefour écrase tout le monde. Encourageons l’implantation d’une enseigne aussi puissante qu’elle. Au hasard, Wal Mart , la plus grande entreprise du monde… Rien que ça !
Actuellement, je dis qu’il y a collusion entre Carrefour et les petits commerçants : les marges confortables de Carrefour (qui créent des surprofits pour Monsieur Louis WANE) permettent aux petits commerçants de vivre très correctement. Vous comprenez mieux pourquoi la FGC est contre l’implantation d’une autre enseigne ?
Troisième solution : casser le corporatisme syndical. Vous me direz : un peu utopique vu la "culture du blocage". Mais enfin, quand on voit les gros salaires de complaisance à l’OPT, à l’EDT, à Tikiphone, Mana, Setil, etc, etc… Tout ça donne des prix élevés à la sortie…
Quatrième solution : réformer la règlementation commerciale (plus de produits à marge plafonnée), inciter à plus de concurrence, supprimer le système d’ autorisation des implantations de grandes surfaces. … Le service des affaires économiques doit arrêter de ronronner !
Celà va supprimer des emplois dans le commerce ? Et alors : il faut inciter à des créations d’emploi dans des secteurs d’avenir : hôtellerie, agriculture, exportation, transport aérien international, services à haute valeur ajoutée, centres de convalescence pour retraités, etc, etc… L’imagination au pouvoir !
En bref, le maintien d’emplois de commerçants marginaux ne correspond pas à l’intérêt général. Il faut les aider à se reconvertir et les aider le temps de cette reconversion.
Suivez mes conseils et c’est la révolution !
Je voudrais compléter les propos de prof.
Autre solution : une puissante association de consommateurs. J’aime bien la nouvelle association de consommateurs "Te tia ara". Leurs thèmes sont intéressants, leurs analyses sérieuses, leurs dirigeants pondérés. C’est on bol d’air dans le paysage économico-social.
L’article d’aujourd’hui sur leur bilan et leur programme d’actions et le portrait de leur Présidente le démontre encore une fois. Aussi, un conseil aux jeunes qui veulent militer pour des causes concrètes adhérez et militez dans cette association, car l’union fait la force.
Ce qui tue aussi la Polynésie, c’est le manque de militantisme. Combien d’associations de consommateurs sont mortes à peines nées, faute bonnes volontés. Et ne comptez pas sur les pouvoirs publics pour les aider.
On préfère créer un " Institut de la consommation" ( qui coûte plusieurs dizaines de millions de F CFP par an en fonctionnement)qui ronronne dans son coin avec sa météo des prix, plutôt que d’aider une association de consommateurs.
Et pourtant, on subventionne bien les syndicats de salariés, les entreprises, les commerçants, des centaines d’associations moins utiles à la collectivité…
Je dis donc au bureau de cette association : a faaitoito !
C’est vrai qu’il y a quand même beaucoup de monopoles ou de duopoles administrés en Polynésie : le transport aérien intérieur, la dessserte des îles ou de Moorea par bateau, la manutention portuaire ( les sociétés d’acconage s’en mettent plein les fouilles..), l’OPT, Tikiphone, Mana, EDT, TNS, les compagnies pétrolières ( même prix dans les stations quelle que soit la compagnie… comme si celà était "naturel" ou "normal"… alors qu’elles n’ont à priori pas les mêmes coûts), les journaux d’Hersant, "la compagnie" de gaz ( après qu’il y en ait eu deux et que la première ait racheté la deuxième…), les banques ( avec des prix du moindre service exorbitants). J’arrête là l’énumération….
Ces monopoles sont si stratégiques que, souvent, les syndicats ( CSIP, Oe Oe to oe rima,Atia I Mua, CSTP-FO…) se font une lutte terrible pour "maitriser" les salariés de ces entreprises. Pourquoi ? Pour avoir un levier de menace ou de blocage sur les pouvoirs publics. ET comme ce sont des entreprises stratégiques, on revendique et on obtient très souvent des hausses de salaires( car plus de livraison de gaz à la population, c’est un moyen de pression efficace)…ceci pour avoir la fidélité des salariés de ces entreprises. Et comme ils deviennent très difficiles ( ces salariés), les syndicats implantés dans ces entreprises revendiquent de plus en plus souvent hausses de salaries, prime de panier, 14 è mois…etc…etc..
Regardez l’histoire sociale de ce pays depuis les 20 dernières années, vous verrez que les conflits éclatent souvent dans ces entreprises là. Jamais dans le supermarché ou le petit artisan du coin.
On en arrive à ce paradoxe : les syndicats sont forts dans les entreprises les plus prospères et ou les salariés sont privilégiés. Ils sont peu présents là ou les salariés sont peu protégés et où les salaires sont faibles ( dans le petit commerce par exemple). Alors que celà devrait être le contraire. Ainsi, Gilles YAU peut se permettre de ne pas accorder d’augmentation de salaires dans le secteur du commerce, car, dans son secteur, il n’a rien à craindre des syndicats. Par contre, à Carrefour, Atia I Mua fait la pluie et le beau temps et les Directeurs de cette enseigne doivent forcément composer avec ces syndicats… D’où 13è mois, prime de panier…etc,etc
Résultat : les plus privilégiés des salariés sont toujours plus privilégiés et ceux qui ont besoin d’être défendus dans leurs droit, restent dans la mouise.
Perversion du syndicalisme : cela donne le corporatisme ( dans l’enseignement, la santé, à la caisse de prévoyance sociale…..). Dans tous ces secteurs, de belles grilles salariales … ou/et des surprofits privés.
D’autres exemples ? Prenons la manutention portuaire : récemment, patrons et syndicats se sont même retrouvés "alliés objectifs" pour faire pression sur les pouvoirs publics en vue de renouveler leur concession sur le port pour plusieurs décennies… et ils ont obtenu gain de cause. Oscar ne voulant pas affronter cette puissante corporation pour cause de risque de blocage du Port et d’absence d’approvisionnement de marchandises…
Perversion de ce système : des prix élevés que paient donc aussi les petits salariés sans défense, les petits artisans, les chomeurs… A tel point que souvent, les "petites gens" préfèrent retourner dans les îles vivre un peu en autosubsistance plutôt que survivre dans les bidonvilles de l’agglomération.
Quand les hommes politiques auront-ils le courage de regarder cette réalité en face et commenceront surtout à réformer le système du fait de ces effets pervers ?
Car beaucoup de ces logiques ont des répercussions sur toute une chaine d’activités et aboutissent au coût de la vie exorbitant que nous connaissons dans ce pays et qui nous fait tant de mal, notamment en matière touristique.
Je pensais qu’Oscar allait avoir ce courage politique, car j’ai cru en lui. Mais j’avoue que j’attend toujours….. J’attend encore un peu avant d’être définitivement déçu.
c’est hélas pareil dans tous les pays à propos des syndicats et nous sommes français donc lois françaises en la matière.
Le hic est que nous sommes une com entourée d’eau et qui dépend grandement des autres : auto-suffisance où es tu ? partie depuis belles lurettes et pas prête de revenir …
Si on arrêtait de reproduire bêtement ce qui se passe ailleurs (mais alors là, les poules auront des dents lol), on pourrait peut-être infléchir cette tendance voire l’inverser. On est encore en Janvier, on peut donc encore rêver (voeux de nouvelle année of course) mais après bang … coup de massue.
Le courage politique aurait été de respecter tout d’abord son programme ou du moins de tout mettre en oeuvre pour y arriver. J’ai attendu, lu, écouté mais je ne vois rien qui puisse me faire dire qu’il y a eu Taui. On recommence les mêmes gabegies et on s’en exonère en disant : oui mais nous, c’est moins que … Ce n’est pas cela le Taui tant espéré du nuna’a !
La population n’a pas demandé un mini-moi (mauvaise copie en plus) mais un 360° vers plus de solidarité ….
N’y a-t-il donc personne qui tapera du poing sur la table pour dire : stop, on arrête les con…. et on retrousse tous nos manches ! Iaaaa, je crois qu’on le comparerait au messie celui-là ou celle-là parce que la sucette risquerait de virer au vinaigre pour elle ou lui ….
Iaorana
Etetera
L’autosuffisance fonctionne encore dans nos îles autres que Tahiti ( faapu, lagon, famille, entraide, économie du don…) : c’est comme celà que notre population rurale réussit à s’en tirer un peu.
Mais lorsque ces mêmes produits locaux arrivent sur le marché, ils sont à des prix complètement démesurés. Ce matin, je veux faire un poisson cru. je vais au marché de Pirae et j’achète du thon rouge. Vient l’addition : 2800 F CFP le Kg !!!
Soit disant, parce qu’il n’y a pas de thon et que les bateaux ne pêchent pas beaucoup. 80 thoniers dans le port et pas de thon rouge : c’est délirant !!!
Du temps des "poti ohopu", le thon était à 1200 F CFP le Kg…. On se demande bien où est le progrès avec les thoniers !
La aussi, la filière s’est "sophistiquée" : on a les armateurs, les mareyeurs et les détaillants. Certains sont mareyeurs et détaillants et cumulent donc les marges. Dans cette filière, je crois bien que les mareyeurs exagèrent et s’en mettent plein les poches.
Comment voulez-vous que Tetuanui fasse son maa tahiti du dimanche ? : citron à 350 F cfp le kg, taro hors de prix, bouteille de miti hue à 800 f cfp et le tout à l’avenant…
Depuis une vingtaine d’année, les prix des produits locaux augmentent plus vite que ceux des produits importés. Je suis sûr que si l’on importait des citrons verts ( du Brésil, costa rica…) ils seraient moins chers que ceux d’ici !
Message à nos producteurs : qu’ils soient plus raisonnables, qu’ils produisent plus et qu’ils proposent aux petits tetuanui des prix plus corrects… Car à cette allure, cela va être la révolution. On ne pourra quand même pas augmenter les salaires des uns et des autres à tout bout de champ, alors qu’ils sont déjà très élevés !
Coût de la vie élevé : les touristes se plaignent. Tous les sondages l’attestent. La Polynésie vit sur une autre planète que la planète "terre". Du coup, Bali, Fidji, l’île Maurice, Hawaii, les Maldives, le Sri Lanka, Cook, les seychelles, les Caraibes, la république Dominicaine… parmi des dizaines de destinations tropicales… ont le vent en poupe. Forfait hotels "all inclusive", smig à 10.000 F CFP, jus de fruits à 100 F CFP le verre… Tahiti ne fait pas le poids. Résultat, notre tourisme stagne depuis belle lurette. Eh oui, les touristes ne sont pas maso. al’heure d’internet, ils peuvent comparer. Pourquoi voudriez-vous qu’ils paient trois fois plus en Polynésie pour des prestations ééquivalentes à celles de Fidji, par exemple.
Question à 1000 francs : comment et sur quoi se différencier de ces destinations pour tirer notre épingle du jeu ? Mais à mon avis, la baisse des prix, même si elle ne fera pas tou, est un impératif catégorique.
Il n’y a que le prix des produits électroniques qui baissent, grâce, je suppose à la Chine qui devient "hypercompétitive dans ce domaine. Mais là aussi, j’ai bien l’impression que les importateurs ne nous répercutent pas complètement les baisse de prix obtenus auprès de ces fournisseurs. Car ils ont, en effet, le choix : baisser les prix ou gonfler leurs marges ou un peu des deux. J’ai pu faire la comparaison récemment sur les prix des appareils photo numériques, les balladeurs, les téléviseurs LCD…. Il y en a qui se font encore de belles marges….
Comme celà, ils peuvent toujours alimenter en direct leurs comptes discrets à l’étranger. Du fait de cette pratique d’ailleurs, le contrôle des marges du service des affaires économiques est relativement inefficace quand les importateurs peuvent s’adapter "en amont" de la Polynésie. Les importateurs peuvent toujours "s’arranger" avec leurs divers fournisseurs sur le dos de tout le monde en Polynésie. Surtout avec les fournisseurs chinois, car la Chine est l’un des paradis de la corruption dans les affaires. Dans le business avec eux, tout est possible !
La "nature monopolistique du marché des biens importés" comme dit Pepe Tama. D’accord, quand tu constates à un instant t le système : c’est effectivement le système existant. Mais avant d’en arriver là, il y a eu des comportements d’acteurs : barrières à l’entrée de concurrents, collusion avec le pouvoir politique, rachat des concurrents, système des représentations exclusives négociées avec les fabricants des grandes marques ( Renault, Dior, Lacoste, Kellog’s, Nestlé, Arnott’s…etc, etc….), ententes….
Il faut donc agir sur les structures et les comportements. D’où à l’étranger, des règlementations sur la concurrence, sur les ententes, les lois anti-concentration… Rien de tel ici. Pourquoi ? Poser la question, c’est déjà y répondre. Comme on dit, à Tahiti, tout le monde se connait. Le monde des affaires et de la politique se cotoie quotidiennement. Il y a le temps de parler de choses importantes et de "s’arranger".
Bienvenue dans l’économie réelle !
Dans le secteur agricole aussi, le coût de la vie est élevé pour cause de monopoles.
Pour la salade, les tomates, les pommes de terre… 3 ou 4 maraichers font la pluie et le beau temps. Ils ont de grosses serres à Papara ou Mataiea et dictent les prix dans le cadre de la conférence agricole qui se déroule chaque mois au service des affaires économiques.
Le comble : ces gros producteurs se réfugient derrière les petits pour obtenir les prix les plus élevés …et se faire ainsi des surprofits ( justement les surprofits de monopole de la théorie économique : le producteur marginal gagne tout juste sa vie et le gros producteur se fait une balaise de marge…).
Résultat : le Kilo de tomate est à 600-700 F CFP dans les supermarchés, la salade locale est quasiment au même prix que les salades en sachet importée ( produit dit de la quatrième gamme)….
Il y a là une mécanique infernale de la course au toujours plus… qui va nous planter allègrement.
Solution pour ne pas se planter : il faut "planter, planter, planter…", comme dit Oscar. Plus de concurrence … et trois ou quatre fermes de type californien, ça devrait faire l’affaire !
Dans l’hotellerie, il y a aussi des abus.
Vous avez vu les prix des plats quand vous allez déjeuner ou diner dans nos hôtels 4 étoiles ? Un hamburger-frites à 1600 F CFP ou 1800 F CFP, une pizza à 1600 F CFP, un verre de coca-cola (plein de glaçons) à 350 F CFP, une bière Hinano à 500 balles, des spaghettis carbonara à 1800 ou 2000 F CFP, des salades à plus de 1200 F CFP….etc…etc… Je ne parle même pas des hotels de luxe à Bora-Bora : c’est encore plus délirant.
Je vois déjà les yeux écarquillés de nos "pauvres" touristes !
Et pourtant, là aussi, le gouvernement les aide en les exonérant de taxes sur les produits qu’ils importent. C’est ce qu’on a appelé à une certaine époque, les "prix conventionnés". En contre-partie des aides du Pays, les hoteliers devaient faire des prix sur le vin ( exonéré de taxes), faire des menus touristiques abordables (beaucoup de produits alimentaires exonérés pour les hôtels dans le cadre d’un montant d’exonération par chambre…)
Je crois bien que, depuis, les hoteliers ont fait mine d’oublier leurs obligations contractuelles pour ne garder que les exonérations.
Quand est-ce que Jacqui, notre super-Ministre ( parmi ses multiples porte-feuille, il a le Tourisme) va les rappeler à l’ordre et faire le ménage ?
Les hoteliers tuent eux-mêmes leur propre business en ayant ces comportements. Car on ne peut pratiquer des prix de restauration abusifs et se plaindre que les touristes ne reviennent pas une seconde ou une troisième fois à Tahiti.( le taux de retour des touristes est de l’ordre de 6 où 7 %; à Hawaii, ce taux est beaucoup plus élevé).
Ils se sont faits arnaquer (ou racketter dans les iles, car ils n’ont quelquefois pas le choix quand ils sont sur un motu ) une fois, il vont pas vouloir l’être une seconde fois. Je les comprend, parce que, nous aussi, on subit cette situation. Aller manger dans les hôtels, c’est vraiment du "super-luxe" !
Il n’y a que le transport aérien international ou les prix sont à peu près corrects. C’est moins cher d’aller à Los Angeles que d’aller à Nuku-Hiva, n’en déplaise à Jacqui.
Oui, Jacqui, si, en bon Ia maniste, tu veux nous obliger à aller en vacances à Raivavae plutôt qu’à Las Vegas, encore faut-il qu’Air Tahiti pratique des tarifs corrects comme sa grande soeur Air Tahiti Nui.
Malheureusement Air Tahiti est aussi un monopole, avec à sa tête… Christian VERNAUDON, la cheville ouvrière du projet solidarité ( salaire confortable, intéressement aux résultats de 5 % du bénfice annuel… pas à plaindre, quoi !)
Les touristes sont encore plus gâtés puisque les tarifs d’ATN sont encore plus intéressants à Los Angeles, Auckland ou Sydney.
Mais il y a un effet pervers à tout ça : les avions d’ATN sont remplis de résidents polynésiens, alors qu’ATN avait pour objectif de nous amener de plus en plus de touristes.
D’ailleurs, il y a un truc comique : les publicités d’ATN dans les journaux sont très alléchantes pour les résidents ( je croyais qu’ils devaient faire de la publicité à l’extérieur). Souvent d’ailleurs, quand Air france fait des promotions sur Los Angeles, ATN fait la même chose le lendemain. Gros paradoxe : au lieu de nous faire venir de plus en plus de touristes, ces deux compagnies se tirent la bourre pour faire partir de plus en plus de résidents !!!
Résultat : les avions d’ATN pour Auckland sont remplis de polynésiens. Malheureusement, il n’y a pas beaucoup de néo Zélandais : ils préfèrent aller aux îles Cook, c’est beaucoup, beaucoup moins cher….
A propos d’ATN : que leurs dirigeants arrêtent de nous prendre pour des imbéciles en expliquant que le déficit de 2005 ( pour l’instant 1,7 milliard, mais, à mon avis, le chiffre sera supérieur) est dû à la hausse du coût du pétrole.
Quand on achète un billet, ATN nous fait payer une SURTAXE ( en plus du coût du billet, comme d’ailleurs toutes les autres compagnies). Cette surtaxe est sensée compenser la hausse du coût du pétrole!!
Alors, il faut arrêter avec les mensonges. Qu’on nous donne les vraies raisons et la transparence y gagnera. C’est nous contribuables qui allons devoir compenser ce déficit.
C’est comme si nous étions tous actionnaires de cette compagnie. Donc, leurs dirigeants nous doivent des comptes et des explications claires. C’est ce que les actionnaires réclament lors des Assemblées générales annuelles.
Attendons la certification des comptes d’ATN vers mai-juin 2005. J’espère qu’on connaitra bien toute la vérité.