A l’heure où le champagne arrose vos soirées, les statistiques commencent à tomber, à effrayer, à provoquer des désillusions. Un an et demi de gouvernance Tauiste, votez et élu par le peuple, admirez, comprenez, et réfléchissez…

Nous voici chèrs amis à quelques jours de l’exercice 2006, au bilan de l’année 2005. Qu’avons nous réelement fait ?

Le bilan risque de faire couler quelques larmes. Celle de nos consommateurs et de nos producteurs (optons pour le style Tauiste, parlons économiquement) tout d’abord. Pendant un an, leur pouvoir d’achat n’a guère progressé, pis encore, il va regresser en 2006, grâce à une réforme fiscale démésurée. A l’autre bout de la table, nos patrons (les producteurs dans notre exemple) vont aussi verser une larme. Leur masse salariale va augmenter, leur productivité va stagner (aucun moyens pour l’investissement productif), et leur chiffre d’affaire va s’effondrer car avec la forte inflation qui pointe son nez, on ne peut que s’attendre à la mise en place d’une spirale inflationniste. 2006 risque d’être un cauchemar économique. Soit, la bonne gouvernance n’est pas une recette.

Le tourisme baigne dans les abysses…celui des chiffres négatifs, des statistiques catastrophiques, le reflet parfait de l’erreur Tauiste. 300 000 touristes, plus personne n’y croit, et lorsque le moteur de celui-ci (i.e. ATN) a ses comptes dans le rouge, on ne peut qu’espérer de maintenir la croissance touristique. Aujourd’hui le débat s’est déplacé, il ne s’agit plus de savoir comment augmenter le nombre de touristes, mais savoir quel prix sommes-nous prêt à payer pour maintenir notre nombre symbolique de “touristes fortunés”. Hier encore j’entendais deux australiens discuter sur leur destination touristique favorite. Tahiti est bien entendu sur le podium de tête, mais que rarement choisi. Billet trop cher, hôtel trop cher, produit trop cher, bref nous sommes la destination de luxe par excellence, mais celle de l’excès également.

Le glissement des néo-reformateur tauistes entre en collision avec la réalité. Lorsque l’on voit le climat social, l’absentéisme présidentiel, et l’innéficience gouvernementale, personne n’a besoin d’être medium pour deviner que le 13 février prochain, un rêve va s’effondrer. Le président perd du terrain social et politique et non pas parce qu’il n’a pas su maîtriser la situation économique difficile dont il est contraint de résoudre, mais bel et bien par arrogance politique envers ses prédecesseurs, et l’assurance de pouvoir faire mieux. Ne pas avoir été humble risque de coûter très cher à ce gouvernement, car le pardon polynésien est très généreux, mais ne tolère pas l’arrogance, la désinvolture, et l’ingratitude. Aujourd’hui, continuer a vouloir appater uniquement “le gros poisson” (i.e. le touriste fortuné) est un jeu perdu d’avance. Il faut savoir appater la bête sauvage, une nouvelle clientèle touristique, celle qui n’est pas déjà perdue dans un paradis sur terre, que d’autres pays savent aussi, sinon mieux vendre que nous.