Si vis pacem para bellum
Chaque jour je doute du succès. Celui de nos enfants, celui de nos ancêtres, celui tout simplement de notre existence. Jamais nous n’avons autant disserté sur notre capitalisation identitaire, un temps éparpillée entre la royauté et la colonisation, un autre temps consolidée dans l’autonomie et l’indépendance. Ce discours du « tout ou rien », nous l’utilisons comme un sursis à la concrétisation de notre véritable destin.
Nous sommes loin de la joie collective du pacte de progrès, des idées claires pour lesquelles on faisait battre nos cœurs vers un même succès. On ne dissertait alors très peu sur le choix ou non de changer notre appartenance à la France. La parole sans doute manquait de liberté.
Cette mise sous silence de l’opposition a rejailli sur la population, excédée de nourrir un roi boulimique, et navrée de constater l’effondrement de notre réussite tant promise.
Elle est loin la période où l’on disait : « nous voulons nous assumer », remplacée depuis par « l’Etat doit assumer ».Ce transfert de responsabilité, nous l’avons assumé par lâcheté, comme pour rejeter sur un Etat trop longtemps cupide d’une soumission à l’élu local, et qui aujourd’hui, sans avoir même changé d’opinion, se voit tributaire d’une responsabilité qu’il n’est pas tenu d’assumer. Est-ce à l’Etat de construire notre pays, de financer notre identité, de dicter ce qui doit ou pas être fait ?
Ce fatalisme collectif, on s’en lasse. A vous chers amis de prendre le rôle qui est le vôtre, de dicter à vos élus vos exigences, et surtout de maintenir autant que vous pourrez la force de votre appartenance identitaire. Nous avons essayé de vous éclairer la falaise, nous ne sauterons pas c’est promis, mais nous continuerons à regarder avec inquiétude le vide qui se construit en face de nous, mais cette fois-ci en silence.